The China Mail - Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé", selon un rapport officiel

USD -
AED 3.67315
AFN 65.503991
ALL 83.072963
AMD 376.980403
ANG 1.790083
AOA 917.000367
ARS 1392.459104
AUD 1.450958
AWG 1.80025
AZN 1.70397
BAM 1.695072
BBD 2.009612
BDT 122.428639
BGN 1.709309
BHD 0.380504
BIF 2970
BMD 1
BND 1.2851
BOB 6.894519
BRL 5.154104
BSD 0.997742
BTN 92.939509
BWP 13.688562
BYN 2.956504
BYR 19600
BZD 2.006665
CAD 1.39441
CDF 2305.000362
CHF 0.800665
CLF 0.023306
CLP 920.250396
CNY 6.88265
CNH 6.887235
COP 3665
CRC 464.279833
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.56558
CZK 21.283504
DJF 177.720393
DKK 6.48699
DOP 60.850393
DZD 132.91504
EGP 54.345804
ERN 15
ETB 155.800822
EUR 0.868104
FJD 2.253804
FKP 0.755399
GBP 0.757525
GEL 2.68504
GGP 0.755399
GHS 11.00504
GIP 0.755399
GMD 74.000355
GNF 8752.513347
GTQ 7.632939
GYD 208.828972
HKD 7.83745
HNL 26.504427
HRK 6.539104
HTG 130.952897
HUF 334.380388
IDR 17002.65
ILS 3.130375
IMP 0.755399
INR 92.706904
IQD 1307.141959
IRR 1319125.000352
ISK 125.370386
JEP 0.755399
JMD 157.303566
JOD 0.70904
JPY 159.63404
KES 129.803801
KGS 87.450384
KHR 3990.137323
KMF 427.00035
KPW 899.984966
KRW 1510.820383
KWD 0.30934
KYD 0.831502
KZT 472.805432
LAK 21970.392969
LBP 89502.03926
LKR 314.804623
LRD 183.088277
LSL 16.955078
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.380628
MAD 9.374033
MDL 17.55613
MGA 4171.343141
MKD 53.422776
MMK 2099.725508
MNT 3578.768806
MOP 8.055104
MRU 39.637211
MUR 46.940378
MVR 15.460378
MWK 1730.071718
MXN 17.873804
MYR 4.031039
MZN 63.950377
NAD 16.954711
NGN 1378.130377
NIO 36.712196
NOK 9.791125
NPR 148.701282
NZD 1.75693
OMR 0.384545
PAB 0.997734
PEN 3.45194
PGK 4.316042
PHP 60.401038
PKR 278.39991
PLN 3.71365
PYG 6454.29687
QAR 3.638018
RON 4.423904
RSD 101.772347
RUB 80.332711
RWF 1457.240049
SAR 3.754249
SBD 8.038772
SCR 14.425806
SDG 601.000339
SEK 9.477695
SGD 1.286904
SHP 0.750259
SLE 24.650371
SLL 20969.510825
SOS 570.192924
SRD 37.351038
STD 20697.981008
STN 21.233539
SVC 8.730169
SYP 111.309257
SZL 16.948198
THB 32.680369
TJS 9.563492
TMT 3.51
TND 2.941459
TOP 2.40776
TRY 44.586255
TTD 6.768937
TWD 31.979038
TZS 2600.000335
UAH 43.698134
UGX 3743.234401
UYU 40.405091
UZS 12122.393971
VES 473.390504
VND 26340
VUV 119.350864
WST 2.77386
XAF 568.506489
XAG 0.013693
XAU 0.000214
XCD 2.70255
XCG 1.798209
XDR 0.70704
XOF 568.516344
XPF 103.361457
YER 238.650363
ZAR 17.006904
ZMK 9001.203584
ZMW 19.281421
ZWL 321.999592
  • AEX

    -0.8800

    975.86

    -0.09%

  • BEL20

    -4.1800

    5216.44

    -0.08%

  • PX1

    -19.1600

    7962.39

    -0.24%

  • ISEQ

    -115.2800

    12148.11

    -0.94%

  • OSEBX

    -14.8900

    2053.05

    -0.72%

  • PSI20

    69.7500

    9369.63

    +0.75%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -5.3900

    3848.16

    -0.14%

  • N150

    3.1500

    3943.17

    +0.08%

Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé", selon un rapport officiel
Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé", selon un rapport officiel / Photo: © AFP/Archives

Sénégal: le massacre de tirailleurs par l'armée française en 1944 a été "prémédité" et "camouflé", selon un rapport officiel

Le massacre par l'armée française en 1944 au Sénégal de tirailleurs africains qui réclamaient leurs soldes a été "prémédité" et "camouflé", et son bilan est sans doute largement sous-estimé, dénonce un Livre blanc remis jeudi au président sénégalais, dont l'AFP a obtenu une copie en exclusivité.

Taille du texte:

Au matin du 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye, ville située non loin de la capitale sénégalaise Dakar, des troupes coloniales et des gendarmes français avaient tiré sur ordre d'officiers de l'armée française sur des tirailleurs rapatriés après avoir combattu pour l'armée française en Europe lors de la Seconde Guerre mondiale.

Ces tirailleurs originaires de plusieurs pays ouest-africains (Sénégal, Côte d'Ivoire, Guinée, Haute-Volta - devenue aujourd'hui le Burkina Faso) réclamaient le paiement d'arriérés de soldes avant de rentrer chez eux.

Le traumatisme lié à leur massacre est toujours vif au Sénégal et dans les autres pays concernés.

La tuerie "devait convaincre que l'ordre colonial ne pouvait être écorné par les effets émancipateurs de la (Seconde) guerre" mondiale sur les colonisés, affirme le comité de chercheurs auteurs de ce Livre blanc. C'est "la raison pour laquelle l'opération a été préméditée, minutieusement programmée et exécutée (...) dans des actions coordonnées."

"Dans les jours qui ont suivi le massacre, les autorités françaises ont tout fait pour (le) camoufler, elles ont modifié les registres de départ de Morlaix (port de départ en France) et d'arrivée à Dakar, le nombre de soldats présents à Thiaroye, les causes du rassemblement des tirailleurs...", affirme le rapport.

Selon le bilan des autorités coloniales françaises à l'époque, au moins 35 tirailleurs avaient été tués par des troupes coloniales et des gendarmes français lors de ce massacre dans le camp de Thiaroye où ils étaient rassemblés.

Un bilan sans doute très largement sous-estimé, affirment ces chercheurs, pour qui les "estimations les plus crédibles avancent les chiffres de 300 à 400" morts.

- "Traces de violence" -

Au cours de fouilles archéologiques sans précédent ordonnées par l’État sénégalais et effectuées depuis début mai, des squelettes humains avec des balles dans le corps dans le cimetière de Thiaroye ont été retrouvés.

Le "Comité de commémoration du massacre des tirailleurs sénégalais", dont font partie les chercheurs auteurs du rapport, a tenu vendredi une conférence de presse à Dakar.

Les chercheurs ont précisé que certains squelettes, présentant des "insignes militaires", "portent des traces de violences faites avec différentes armes".

En avril 2024, les autorités sénégalaises, qui se réclament du souverainisme, avaient mis en place ce comité de chercheurs.

Le corps français des "Tirailleurs sénégalais", créé sous le Second Empire français (1852-1870) et dissous dans les années 1960, rassemblait des militaires des anciennes colonies françaises d'Afrique, notamment des Sénégalais, des Soudanais (actuels Maliens), des Voltaïques (aujourd'hui Burkinabè) et des Ivoiriens.

Le terme de "tirailleur sénégalais" a fini par désigner l'ensemble des soldats d'Afrique qui se battaient sous le drapeau français. Ils ont participé aux deux Guerres mondiales et aux guerres de décolonisation.

- "Travail de mémoire" -

Pour l'historien sénégalais Mamadou Diouf, président du comité, "il y a eu autour de Thiaroye une entreprise délibérée française de la dissimulation, de la manipulation de l'information et surtout du refus de raconter l'Histoire", a-t-il dénoncé vendredi.

Il a souligné que les tirailleurs rassemblés au camp de Thiaroye s'étaient battus pour le paiement de leurs soldes mais aussi "pour leur dignité", "pour qu'on les respecte et qu'on les traite comme les soldats français".

Les quelque 1.300 tirailleurs rassemblés au camp de Thiaroye - d'ex-prisonniers de guerre des Allemands qui avaient participé aux combats de 1940 - avaient embarqué en France début novembre 1944 pour être renvoyés en bateau à Dakar.

Après leur arrivée au camp plus de deux semaines plus tard, ils se révoltent contre le retard du paiement de leurs arriérés de soldes, plusieurs refusant de rentrer dans leurs pays et foyers sans être payés.

Ces chercheurs ont critiqué le fait que la liste des noms de ces 1.300 tirailleurs ne leur a jamais été communiquée. "Les Français disent que cette liste n'existe pas", a déploré M. Diouf, qui regrette que des dossiers d'archives "ne soient toujours pas accessibles".

Réagissant vendredi à la publication de ce Livre blanc, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, qui se trouve actuellement au Forum Création Afrique à Lagos, a indiqué à des médias que les autorités françaises allaient "prendre connaissance de ce rapport".

"Nous nous tenons prêts à coopérer avec le Sénégal (...) pour que les travaux de recherche puissent éclairer ce qui s'est passé ce jour-là", a-t-il déclaré.

"La France ne détourne pas les yeux de sa propre histoire et a engagé avec le Sénégal, mais aussi avec un certain nombre d'autres pays africains, un travail de mémoire", a-t-il poursuivi.

E.Choi--ThChM