The China Mail - En Libye, le calvaire d'une vie sans électricité

USD -
AED 3.672499
AFN 64.999746
ALL 81.216919
AMD 362.051328
ANG 1.789785
AOA 916.999737
ARS 1517.025022
AUD 1.434701
AWG 1.80125
AZN 1.674966
BAM 1.739803
BBD 2.01708
BDT 123.195303
BGN 1.747831
BHD 0.378775
BIF 2997.464751
BMD 1
BND 1.281146
BOB 11.69239
BRL 5.065102
BSD 1.001468
BTN 95.050483
BWP 13.720589
BYN 3.015879
BYR 19600
BZD 2.014233
CAD 1.411995
CDF 2313.500625
CHF 0.82387
CLF 0.024881
CLP 979.260336
CNY 6.691203
CNH 6.684399
COP 3176.37
CRC 455.099408
CUC 1
CUP 24.035938
CVE 98.087444
CZK 21.6652
DJF 178.33919
DKK 6.657165
DOP 61.433083
DZD 133.824668
EGP 53.606297
ERN 15
ETB 163.585998
EUR 0.89045
FJD 2.26765
FKP 0.750253
GBP 0.749985
GEL 2.590156
GGP 0.750253
GHS 11.695058
GIP 0.750253
GMD 73.495888
GNF 8810.21216
GTQ 7.652004
GYD 209.527198
HKD 7.847655
HNL 26.885202
HRK 6.710984
HTG 131.147978
HUF 323.428498
IDR 18054
ILS 3.09465
IMP 0.750253
INR 94.97855
IQD 1518.213762
IRR 1795877.503759
ISK 121.290065
JEP 0.750253
JMD 159.195837
JOD 0.709042
JPY 157.823499
KES 130.019783
KGS 87.449637
KHR 4070.631144
KMF 440.000081
KPW 899.999961
KRW 1334.74007
KWD 0.31082
KYD 0.834586
KZT 453.195748
LAK 22534.359294
LBP 89683.40524
LKR 331.690611
LRD 170.751234
LSL 16.462394
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.431526
MAD 9.729662
MDL 17.966464
MGA 4507.405595
MKD 54.836988
MMK 2100.071343
MNT 3596.488264
MOP 8.096339
MRU 40.037362
MUR 47.220273
MVR 15.45965
MWK 1736.600987
MXN 18.44911
MYR 4.081095
MZN 63.896031
NAD 16.462394
NGN 1333.36012
NIO 36.854512
NOK 9.432155
NPR 152.081128
NZD 1.766941
OMR 0.382413
PAB 1.001468
PEN 3.444825
PGK 4.547436
PHP 62.975027
PKR 277.237468
PLN 3.892639
PYG 5719.877241
QAR 3.660721
RON 4.744401
RSD 104.461148
RUB 84.217087
RWF 1478.183516
SAR 3.752837
SBD 8.064647
SCR 13.905529
SDG 601.501313
SEK 9.910345
SGD 1.279395
SHP 0.754745
SLE 24.679966
SLL 20969.504398
SOS 572.343548
SRD 37.794499
STD 20697.981008
STN 21.794245
SVC 8.763065
SYP 13001.999685
SZL 16.455989
THB 33.440221
TJS 9.228751
TMT 3.51
TND 2.98768
TOP 2.40776
TRY 49.52654
TTD 6.798915
TWD 32.401963
TZS 2639.950505
UAH 44.920874
UGX 4136.458658
UYU 40.314905
UZS 12073.121914
VES 878.910597
VND 25894.5
VUV 119.385856
WST 2.787824
XAF 584.096748
XAG 0.017412
XAU 0.000239026302
XCD 2.70255
XCG 1.804919
XDR 0.707052
XOF 584.096748
XPF 106.089045
YER 236.149865
ZAR 16.459465
ZMK 9001.199117
ZMW 20.049815
ZWL 321.999592
SSP 5750.775019
MXV 2.083087
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

En Libye, le calvaire d'une vie sans électricité
En Libye, le calvaire d'une vie sans électricité / Photo: © AFP

En Libye, le calvaire d'une vie sans électricité

"Voici ma chambre à coucher", souffle Mahmoud Aguil en montrant le coffre de son monospace: ce Libyen de 48 ans possède une villa, mais dort dans sa voiture pour la climatisation, à cause des longues coupures d'électricité qui suscitent colère et désarroi dans un pays riche en gaz et en pétrole.

Taille du texte:

"J'ai retiré les sièges arrières et j'ai transformé le coffre en chambre à coucher pour la climatisation. On dort ici quand il fait chaud", raconte ce père de deux enfants installé à Tripoli. La "pièce" aménagée dans son grand monospace fait 3 m2.

Pourtant, cet employé d'une organisation de déminage vit dans une villa de plain-pied de 250 m2, au cœur de la capitale. Sauf que l'électricité est coupée une douzaine d'heures par jour, voire 18 heures quand le thermomètre tutoie les 40 degrés. Dormir sans climatisation devient une épreuve.

Son épouse et ses deux filles "dorment au milieu", lui sur le bord de la banquette. "J'ai des maux de dos au réveil (...), voici à quoi ressemble notre vie."

Et même "quand on a de l'électricité, le courant est très faible, à peine de quoi allumer des lampes", se désole cet homme de 48 ans.

Un mur extérieur de sa maison est couvert d'impacts de balles, portant les stigmates des combats qui ont fait rage dans le pays d'Afrique du Nord au cours de la dernière décennie.

- "Nous n'avons rien" -

Coupures d'électricité incessantes, inflation, insécurité... Les Libyens subissent de plein fouet le chaos qui frappe leur pays depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi. Les infrastructures sont déficientes, l'économie à terre, les services défaillants.

Le secteur névralgique de l'énergie qui, du temps de Kadhafi, permettait de financer un Etat providence, a pâti de la guerre: pétrole dilapidé, infrastructures endommagées ou non entretenues, blocus.

La frustration est d'autant plus grande que les Libyens se savent peu nombreux - à peine sept millions - pour se partager les dividendes des plus abondantes réserves pétrolières d'Afrique.

"On souffre de tout, du secteur de la santé, de l'éducation. Les routes sont très mauvaises, nous n'avons rien", se lamente Mahmoud Aguil.

Pour remédier aux coupures, certains recourent à des sources d'électricité autres que le réseau national, principalement des générateurs souvent polluants, gourmands en gazole et pas toujours fiables, sauf pour les modèles onéreux qui démarrent à 5.000 euros.

"Merci au gouvernement", ironise Mahmoud Aguil.

Et il n'est pas le seul à pointer l'incurie des élites du pays.

Début juillet, des manifestations ont été organisées à travers le pays contre la dégradation des conditions de vie et le chaos politique. La résolution des coupures intempestives d'électricité était en tête des revendications.

A Tobrouk (est), des manifestants ont forcé l'entrée du Parlement avant d'y mettre le feu.

Cette institution est l'un des symboles de la division du pays entre un camp basé en Cyrénaïque (est), dont le chef de file est le maréchal Khalifa Haftar, et un gouvernement basé à Tripoli dirigé par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah.

Le camp Haftar appuie un gouvernement rival formé en mars avec le soutien du Parlement. Ses partisans bloquent depuis mi-avril des installations pétrolières clefs comme moyen de pression pour déloger l'exécutif de Tripoli.

Le blocus provoque aussi une baisse de la production de gaz pourtant nécessaire à l'approvisionnement du réseau électrique, prolongeant un peu plus la durée des coupures.

- "Etat absent" -

Dans plusieurs villes, des bâtiments officiels ont été incendiés ou saccagés.

A Tripoli, des contestataires encagoulés ont brûlé des pneus et fermé des routes. Après trois jours, le mouvement s'est essoufflé.

Lundi, le gouvernement de Tripoli a consacré sa réunion hebdomadaire au secteur de l'électricité, reconnaissant avoir sous-estimé le problème. Les autorités ont annoncé la mise en service "ce mois-ci" de trois nouvelles centrales électriques.

En attendant, Ahmed Hejjaji vit un calvaire, à Benghazi, à quelque 1.000 kilomètres de la capitale.

"Elles (les autorités) doivent nous garantir l'accès à l'électricité", peste-t-il. Assis à côté, son enfant de quatre ans, gravement handicapé, a besoin d'électricité pour utiliser des appareils médicaux. Ahmed Hejjaji se dit impuissant.

A la veille de l'Aid al-Adha (fête musulmane du sacrifice) samedi, il a vécu une autre épreuve, comme nombre de ses compatriotes.

"Parti tôt" le matin "à la banque retirer de l'argent, j'y suis resté jusqu'à 15H00 à faire la queue. Tout ça pourquoi? Parce que l'Etat est absent."

R.Lin--ThChM