The China Mail - Dermatose: Genevard attendue dans le Sud-Ouest où se cristallise la crise

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Dermatose: Genevard attendue dans le Sud-Ouest où se cristallise la crise

Dermatose: Genevard attendue dans le Sud-Ouest où se cristallise la crise

Une situation officiellement "sous contrôle" en dépit d'un nouveau cas dans l'Aude: la ministre de l'Agriculture Annie Genevard se rend lundi à Toulouse pour défendre sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) critiquée par une partie des agriculteurs et de la classe politique.

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La ministre a répété lundi matin sur France 2 que la discussion était "ouverte", y compris sur les modalités de la politique sanitaire, mais a défendu sa stratégie.

En dépit d'un nouveau cas de DNC détecté dimanche dans une petite ferme de Pomas, dans l'Aude, où les dix bovins du foyer ont été euthanasiés, le ministère souligne que tous les cas ont été éradiqués et que la situation est "sous contrôle".

La ministre a rappelé les "trois piliers" de la stratégie sanitaire: "le dépeuplement (l'abattage, NDLR), la vaccination et la restriction de mouvement", seuls à même de venir à bout de cette maladie animale très contagieuse, non transmissible à l'homme mais qui peut toucher très durement le cheptel.

La ministre est attendue dans l'après-midi en Haute-Garonne "afin de lancer la campagne de vaccination" de près d'un million de bêtes, dans une région frondeuse où la colère s'est vite convertie en actions de blocages.

- "Zéro proposition" -

En pointe de la mobilisation: les syndicats Coordination rurale, radicale et parfois ouvertement proche de l'extrême droite, et la Confédération paysanne, classée à gauche, convergent de façon inhabituelle pour réclamer la fin de l'abattage systématique et l'extension générale de la vaccination.

Frédéric Meynard, céréalier participant au blocage de l'autoroute, et ses camarades attendent pour leur part "surtout d'être entendus" par la ministre, dans ce "pays de la résistance agricole", comme le proclame une banderole.

La crise n'est pas née dans le Sud-Ouest, qui n'est pas le coeur de l'élevage français, mais c'est ici que se cristallise la colère depuis deux ans, en réaction à la crise de la viticulture et aux crises sanitaires, alimentées par le changement climatique.

De nouvelles actions ont commencé lundi autour de Toulouse en prévision de la venue de la ministre, avec trois points de blocage pour "augmenter la pression sur les politiques", a indiqué un militant de la Confédération paysanne.

Sur la rocade d'Albi, dans le Tarn, une quinzaine d'agriculteurs ont tenu le barrage toute la nuit et sont déterminés à ne pas lever le camp les mains vides. "Jusqu'ici on a été sages mais si la ministre ne donne pas de réponse satisfaisante, Albi ce soir sera un dépotoir", prévient Sébastien Rey, 48 ans, éleveur de bovins à Saussenac.

Plusieurs axes routiers sont aussi bloqués ce lundi par des agriculteurs de la Coordination rurale en Gironde, en Dordogne et Haute-Vienne. C'est aussi le cas dans les Landes où la Confédération paysanne et le petit syndicat d'exploitants familiaux Modef ont boycotté une réunion, refusant de siéger au côté d'organisations (FNSEA et chambre d'agriculture) "qui cautionnent la politique sanitaire" de l'Etat.

Tout en reconnaissant le drame individuel que constitue l'abattage d'un troupeau, le gouvernement tente d'en appeler "à la science" et à la "responsabilité" pour préserver les 16 millions du cheptel bovin français.

- "Désinformation" -

Le ministre de la Recherche Philippe Baptiste a rappelé lundi que les protocoles sanitaires en vigueur ont été "mis en place par des vétérinaires, par des scientifiques, par des épidémiologistes", sur Franceinfo TV.

La stratégie sanitaire en place est jusqu'à présent soutenue par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, première force syndicale agricole, qui ne voit aucune autre solution que l'abattage des troupeaux touchés, pour "éradiquer totalement" la maladie, associée à une vaccination élargie.

La fédération Culture Viande, qui regroupe les entreprises d'abattage et découpe, a mis en garde contre les conséquences économiques d'une vaccination généralisée: la France perdrait alors son statut indemne et "il en résulterait une complexification accrue des conditions d'exportation".

Mais dans de nombreuses fermes, l'abattage total d'un troupeau pour une vache malade ne passe pas. Et les critiques enflent chez des élus ruraux inquiets, comme au niveau national, avec des commentaires sévères ce week-end de responsables politiques, du Rassemblement national à LFI, sur la gestion de la crise.

Lundi, plus de 200 maires et élus locaux d'Ariège se sont rassemblés à Foix devant la préfecture pour appeler l'Etat à dialoguer avec les agriculteurs afin de réévaluer le protocole de lutte contre la DNC.

F.Jackson--ThChM