The China Mail - L'Insee va dire comment s'est portée l'économie française en fin d'année

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L'Insee va dire comment s'est portée l'économie française en fin d'année
L'Insee va dire comment s'est portée l'économie française en fin d'année / Photo: © AFP/Archives

L'Insee va dire comment s'est portée l'économie française en fin d'année

L'Insee dévoile vendredi matin comment s'est portée la croissance française au dernier trimestre 2025, et les économistes s'attendent à un chiffre assez robuste, compris entre 0,2% et 0,4%.

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"Nos résultats économiques sont encourageants", s'est félicité vendredi dernier le ministre de l'Economie et des Finances Roland Lescure en présentant ses vœux aux acteurs économiques: "tout pointe vers une croissance de l'année dernière sans doute plus proche de 0,9% que le 0,7% auquel nous nous attendions".

Cette croissance de 0,9% du produit intérieur brut (PIB) sur l'année entière est attendue par l'ensemble des économistes quelle que soit la croissance du quatrième trimestre, qui pèse peu dans le calcul arithmétique de la croissance annuelle.

Fin 2025, l'économie, au vu des enquêtes mensuelles déjà publiées par l'Institut national de la statistique, a davantage reposé sur les entreprises que sur la consommation des ménages, restée assez terne, tandis que leur épargne atteint presque 19% de leur revenu disponible.

Si l'année s'est mieux terminée que prévu, "on le doit en grande partie aux entreprises qui ont continué d'investir, de recruter, de produire et d'exporter", a remarqué M. Lescure.

- Aéronautique -

Selon le directeur général de la Banque de France en charge des statistiques, Olivier Garnier, "le secteur ayant le mieux performé au deuxième semestre, en particulier en décembre, est l'industrie manufacturière, toujours tirée par l'aéronautique et le secteur de la défense".

Après différents problèmes d'approvisionnement qui ne lui ont permis d'assurer une pleine production que six mois seulement l'an dernier, le secteur est bien reparti en fin d'année.

Stéphane Colliac, de BNP Paribas, souligne aussi qu'un autre secteur, celui-là "un peu plus sous les radars", a tiré aussi la croissance : "les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques", une dénomination de l'Insee qui recouvre notamment l'intelligence artificielle.

La situation politique semble moins peser sur l'économie que dans les mois ayant suivi la dissolution de juin 2024, dans une sorte d'"autonomisation de la vie économique par rapport à la vie politique", décrit le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, et les entreprises ont continué de travailler correctement en fin d'année alors que le vote d'un budget n'était pas acquis.

Début 2026, pour lequel l'Insee prévoit actuellement 0,3% de croissance à chacun des deux premiers trimestres, l'incertitude budgétaire est en voie d'être définitivement levée, avec l'adoption quasi-assurée du projet de loi de Finances par un dernier recours au 49.3 à l'Assemblée nationale vendredi, après le rejet du texte au Sénat jeudi.

- "Urgent d'agir" -

En revanche, une croissance correcte ne règle que très partiellement le problème massif de finances publiques du pays.

Le gouvernement, qui espérait faire adopter un budget basé sur un déficit des administrations publiques de 4,7% du PIB, a dû se résoudre à des compromis, particulièrement avec le PS, qui amèneront le déficit à 5%, après 5,4% en 2025.

D'ores et déjà, l'agence Moody's en a douté cette semaine, prédisant un déficit restant à 5,2% cette année.

"Il est urgent d'agir, de réduire vigoureusement notre déficit public" - le pire de la zone euro, NDLR -, "de maîtriser nos dépenses et de stabiliser notre dette publique", la troisième de la zone, a rappelé jeudi la présidente par intérim de la Cour des comptes, Carine Camby.

"Il est vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette", a-t-elle mis en garde.

Les chiffres du quatrième trimestre des croissances espagnole et italienne seront également publiés vendredi, ainsi que des chiffres détaillés de la croissance allemande, qui a progressé de 0,2%, sur le trimestre et sur l'année 2025, selon de premières estimations, après deux années de récession.

V.Fan--ThChM