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La campagne officielle pour les élections législatives du 5 mars au Népal débute lundi, cinq mois après les manifestations des jeunes du mouvement Génération Z qui ont contraint le gouvernement à la démission.
Près de 19 millions d'électeurs - dont plus de 800.000 nouveaux inscrits - sont appelés aux urnes pour élire les 275 membres de la chambre basse du Parlement, 165 au scrutin uninominal à un tour et les 110 autres à la représentation proportionnelle.
"C'est une élection très particulière. Elle doit permettre au pays de sortir de la crise", a déclaré la semaine dernière la cheffe du gouvernement provisoire, l'ex-présidente de la Cour suprême Sushila Karki, lors d'une visite à Taplejung (est) pour superviser la préparation du scrutin.
"Cette élection va engager l'avenir du pays", a-t-elle ajouté.
La commission électorale a enregistré un total de 3.406 candidats. Un tiers d'entre ont sont âgés de moins de 40 ans, reflet du rajeunissement de la classe politique amorcé par les émeutes de l'automne dernier.
Le 8 septembre, des milliers de jeunes Népalais sont descendus dans les rues de Katmandou pour protester contre la suspension des réseaux sociaux, la corruption des élites et le chômage. La police a ouvert le feu, faisant de nombreuses victimes.
Le lendemain, les émeutiers ont repris le contrôle des rues de la capitale et détruit, incendié ou pillé de nombreux bâtiments publics symboles du pouvoir, dont le Parlement, et des commerces.
Ces émeutes, inédites depuis la fin de la guerre civile en 2006, ont fait 77 morts et des centaines de blessés, et forcé le Premier ministre KP Sharma Oli à démissionner.
- Jeunes vs. vieille garde -
Le Parlement a été dissous et les rênes du pays confiés à Mme Kari et à son gouvernement provisoire.
Depuis l'abolition de la monarchie en 2008, le pays a été dirigé par des Premiers ministres issus des trois mêmes partis, nourrissant largement la frustration de la population et le rejet de la classe politique.
Les émeutes de septembre ont suscité la naissance de plusieurs nouveaux partis politiques et le renouvellement des dirigeants de plusieurs autres.
Le duel le plus attendu du scrutin du 5 mars opposera l'un des nouveaux visages de la politique népalaise, le rappeur élu maire de Katmandou en 2022 Balendra Shah, 35 ans, au chef du gouvernement déchu, le maoïste Oli, 73 ans, dans le bastion de ce dernier.
Le parti de centre-gauche du Congrès népalais a lui aussi fait sa révolution de génération en poussant vers la sortie le mois dernier son chef Sher Bahadur Deuba, 79 ans et quatre fois Premier ministre.
Ses membres lui ont préféré Gagan Thapa, 49 ans.
Mais la vieille garde résiste, incarnée par M. Oli.
Et les partisans d'un rétablissement de la monarchie n'ont pas désarmé. Vendredi encore, ils étaient des milliers à défiler dans les rues de Katmandou pour acclamer le cortège de l'ex-roi Gyanendra Shah, de retour de vacances.
La commission électorale a annoncé que la date du 5 mars serait tenue, malgré les inquiétudes suscitée par la météo - froid et neige - de la saison dans les villages les plus reculés ou en altitude du pays himalayen.
Quelque 300.000 policiers et militaires seront mobilisés pour assurer la sécurité des opérations électorales.
N.Wan--ThChM