The China Mail - "Entre deux feux": être Ukrainienne en Russie

USD -
AED 3.672505
AFN 64.000311
ALL 81.698693
AMD 361.829238
ANG 1.790365
AOA 917.999709
ARS 1520.660203
AUD 1.433836
AWG 1.8025
AZN 1.697509
BAM 1.738736
BBD 2.013113
BDT 122.835248
BGN 1.683441
BHD 0.376859
BIF 3004.049555
BMD 1
BND 1.277988
BOB 12.018598
BRL 4.982903
BSD 0.999498
BTN 96.321255
BWP 13.74945
BYN 3.070529
BYR 19600
BZD 2.010126
CAD 1.422275
CDF 2317.501567
CHF 0.833205
CLF 0.024665
CLP 973.898872
CNY 6.7046
CNH 6.704405
COP 3241.73
CRC 457.582291
CUC 1
CUP 23.987767
CVE 98.027275
CZK 21.716974
DJF 177.992132
DKK 6.6516
DOP 60.267153
DZD 134.593999
EGP 52.2783
ERN 15
ETB 161.642656
EUR 0.88983
FJD 2.24775
FKP 0.756613
GBP 0.754485
GEL 2.594987
GGP 0.756613
GHS 11.76434
GIP 0.756613
GMD 74.0001
GNF 8793.367857
GTQ 7.633975
GYD 209.114185
HKD 7.84788
HNL 26.829951
HRK 6.705604
HTG 130.883745
HUF 325.117498
IDR 17892
ILS 3.04465
IMP 0.756613
INR 96.45675
IQD 1310
IRR 1732150.000161
ISK 122.090035
JEP 0.756613
JMD 158.833596
JOD 0.709036
JPY 158.4305
KES 130.020487
KGS 87.450564
KHR 4048.665781
KMF 438.00003
KPW 900.000318
KRW 1338.925038
KWD 0.309611
KYD 0.832918
KZT 451.086377
LAK 22414.053679
LBP 89503.802712
LKR 330.430763
LRD 170.913197
LSL 16.554679
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.424999
MAD 9.967462
MDL 17.836473
MGA 4427.276647
MKD 54.741119
MMK 2099.06815
MNT 3597.6832
MOP 8.079585
MRU 40.020448
MUR 47.409715
MVR 15.410118
MWK 1733.127675
MXN 18.00673
MYR 4.087096
MZN 63.904285
NAD 16.56984
NGN 1323.550069
NIO 36.779055
NOK 9.564402
NPR 154.116418
NZD 1.78201
OMR 0.384498
PAB 0.99952
PEN 3.441808
PGK 4.462027
PHP 62.743499
PKR 276.829753
PLN 3.891385
PYG 5856.022048
QAR 3.643399
RON 4.759498
RSD 104.470705
RUB 84.75112
RWF 1476.318538
SAR 3.74761
SBD 8.058541
SCR 13.989755
SDG 601.496955
SEK 10.015255
SGD 1.27874
SHP 0.75643
SLE 24.649682
SLL 20969.491881
SOS 571.503576
SRD 37.650243
STD 20697.981008
STN 21.781166
SVC 8.745283
SYP 13002.000254
SZL 16.548352
THB 33.66047
TJS 9.215355
TMT 3.5
TND 2.98158
TOP 2.40776
TRY 49.191204
TTD 6.775035
TWD 31.863897
TZS 2630.003016
UAH 44.895875
UGX 4032.573522
UYU 40.334805
UZS 11774.171323
VES 872.77465
VND 25979.5
VUV 120.275684
WST 2.783099
XAF 583.69007
XAG 0.016443
XAU 0.000241351763
XCD 2.70255
XCG 1.801331
XDR 0.707052
XOF 583.69007
XPF 106.589581
YER 236.22495
ZAR 16.569445
ZMK 9001.196617
ZMW 19.765214
ZWL 321.999592
SSP 5720.889873
MXV 2.035645
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

"Entre deux feux": être Ukrainienne en Russie
"Entre deux feux": être Ukrainienne en Russie / Photo: © AFP

"Entre deux feux": être Ukrainienne en Russie

En Ukraine, ses proches la considèrent comme une "traître". En Russie, sa vie est faite de "solitude". Maria, une Ukrainienne de 48 ans qui vit en Russie depuis plus de 20 ans, dit sa douleur d'être "entre deux feux" depuis le début de l'offensive.

Taille du texte:

Les parents de Maria, dont le prénom a été changé pour des raisons de sécurité, sont les seuls membres de sa très grande famille en Ukraine à avoir gardé le contact, dit-elle dans un entretien à l'AFP.

Son neveu, engagé dans l'armée ukrainienne, a été blessé tandis que son gendre, mobilisé côté russe, a été tué.

Après avoir terminé ses études en Russie il y a plus de 20 ans, Maria y est restée travailler. Elle rendait régulièrement visite à sa famille en Ukraine. "La nouvelle du début de la guerre a été un choc", se souvient-elle. Maria n'a pas vu ses proches depuis.

Elle n'a pas pu quitter la Russie, son passeport ukrainien ayant expiré. Et elle tente actuellement d'obtenir un passeport russe pour retrouver "un statut légal et pouvoir bouger". Munie d'un permis de séjour provisoire, elle est prise dans un cercle vicieux bureaucratique qui la "traite comme une ordure".

Selon elle, les Ukrainiens qui sollicitent la nationalité russe subissent de longs interrogatoires sur leur famille et leurs contacts en Ukraine, sur leur opinion concernant l'offensive russe.

Dans les territoires ukrainiens contrôlés par les forces russes, Kiev accuse Moscou de délivrer des passeports russes à des citoyens ukrainiens pour les priver de leur identité.

"Je m'inquiète beaucoup pour mes parents. Ma plus grande peur, c'est de ne plus jamais les revoir", dit-elle en sanglotant. Sa voix tremble.

Elle confie son effroi lorsqu'elle entend "des sirènes et des explosions" pendant les conversations téléphoniques avec sa mère. Ou lorsque les communications sont coupées et qu'elle apprend qu'il y a des frappes dans sa ville natale.

Près de 900.000 Ukrainiens vivaient en Russie avant 2022, selon les chiffres officiels russes qui n'ont pas été actualisés depuis.

Près de 8 millions de réfugiés, soit 18% de la population d'Ukraine, sont partis en Europe la première année du conflit, selon l'Onu.

Au moins 1,2 million de personnes ont quitté l'Ukraine, principalement l'est russophone épicentre des combats, pour la Russie, selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) qui ne précise pas combien d'entre eux se sont installés définitivement en Russie.

Kiev accuse Moscou d'avoir contraint des Ukrainiens à venir en Russie, ce que démentent les autorités russes.

- "Mouton noir" -

C'est par ses parents que Maria a appris que son neveu s'était engagé dans l'armée ukrainienne, puis qu'il a été blessé dans une attaque des forces russes.

Lorsque son gendre russe a, lui, été mobilisé, elle a eu "des sentiments mitigés": "Il a été mobilisé de force, j'avais de la peine pour lui. Mais en même temps j'étais en colère. Dans mon esprit, il y allait pour tuer mes proches".

Le neveu de Maria était au même moment sur le front. "J'avais très peur qu'ils se retrouvent face-à-face. Ils ne se connaissaient pas, mais cette pensée que mon gendre pouvait tuer mon neveu me terrifiait", confie-t-elle, ajoutant: "Je me suis retrouvée entre deux feux".

Son gendre a été tué.

"C'était très dur pour ma fille, c'était son premier amour. Nous avons eu du mal à y croire, car son corps n'a jamais pu être récupéré".

Maria a essayé de parler de sa douleur à ses parents. "Ils m'ont dit que c'était son choix et que cela ne leur faisait ni chaud ni froid".

"Je ne savais pas quoi faire. Je pleurais. Je suis tombée dans la déprime, puis la colère", dit-elle. "Mes proches en Ukraine ne voulaient pas de mon soutien, de ma compassion, ils ne voulaient plus entendre parler de moi. Je suis devenue un mouton noir", soupire Maria qui s'est finalement adressée à un psychologue.

"Mais ce n'est pas de ma faute! Nous ne sommes coupables de rien (les Ukrainiens vivant en Russie, ndlr). Nous souffrons aussi à chaque frappe, chaque bombardement", dit Maria.

- "Chansons ukrainiennes" -

Elle ne regarde plus les informations, ne lit plus les journaux en ligne, a quitté les réseaux sociaux. La guerre, "je ne veux plus en parler, je ne veux plus y penser", dit-elle.

"C'est trop dur de réaliser que je ne peux pas aider mes proches", explique-t-elle.

Depuis 2022, la clientèle de Maria, qui travaille dans un salon de beauté, s'est réduite comme peau de chagrin. "Beaucoup de mes clientes sont parties à l'étranger", dit-elle. "D'autres ont renoncé à mes services parce que je suis Ukrainienne et que je ne soutiens pas" l'offensive.

Son cercle d'amis a aussi diminué. Elle dit se sentir "plus tranquille" lorsqu'elle est seule: "Personne pour trahir, personne pour me dénoncer".

"Quand je suis entourée de gens qui ont une autre opinion que moi (sur le conflit), dans ma tête je chante des chansons ukrainiennes. C'est comme ça que je fais face à ma solitude", raconte Maria.

"Je ne sais pas ce que je vais faire ensuite, car je ne sais pas ce qui va se passer demain", avoue Maria. Partir en Europe? "Mais en quittant la Russie, je n'aurais ni statut de réfugié, ni aide", à la différence de ses compatriotes ayant fui l'Ukraine, dit Maria, dont la situation financière est précaire.

"J'aimerais beaucoup que la guerre finisse demain. Mais ce n'est pas réaliste. Chaque dirigeant a ses revendications et personne ne veut faire des concessions. Et tout le monde s'en fout des gens qui souffrent", conclut-elle.

G.Fung--ThChM