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L'Inde a bloqué mardi l'accès à la messagerie Telegram, plusieurs jours avant une nouvelle session de l'examen national d'entrée en faculté de médecine, après la fuite d'un sujet d'examen le mois dernier.
Le fiasco de cet examen extrêmement sélectif, ainsi qu'un autre scandale concernant la correction d'épreuves au lycée, ont suscité l'indignation et alimenté des manifestations réclamant la démission du ministre de l'Éducation.
Le ministère de l'Electronique a ordonné de restreindre l'accès à Telegram jusqu'au 22 juin, jour de la nouvelle session d'examen. Les fonctionnalités permettant de modifier des publications existantes resteront même restreintes jusqu'au 30 juin.
"Ces deux mesures ont été prises dans l'intérêt de l'ordre public, en réponse à l'utilisation organisée de la plateforme par des réseaux de tricheurs visant à escroquer les candidats", a déclaré l'Agence nationale des examens de l'Inde dans un communiqué.
Le National Eligibility Entrance Test (NEET), l'un des examens les plus sélectifs du pays, attire plus de deux millions d'aspirants médecins chaque année.
La session organisée en mai a été annulée après des informations faisant état d'une fuite du sujet, certains médias affirmant qu'il avait circulé via des canaux Telegram.
La pression intense pour réussir ces examens et leur coût personnel et financier pour les candidats alimente les appétits de réseaux, cherchant à vendre des sujets d'examen au plus offrant.
Le Bureau central d'enquête (CBI) indien a dit avoir arrêté le "cerveau" à l'origine de la fuite, l'identifiant comme un professeur de chimie impliqué dans le processus pour le compte de l'Agence nationale des examens (NTA).
- Hélicopères de l'armée -
Le ministère de l'Education a lancé lundi un site internet incitant le public à signaler "des déclarations suspectes, des contenus non autorisés ou des activités frauduleuses" liés à l'examen NEET.
Des hélicoptères de l’armée de l’air indienne ont été aperçus mardi en train de se préparer à acheminer les sujets d’examen, afin de "prévenir tout risque de fuite", a rapporté l’agence de presse Press Trust of India.
Elle a diffusé des images de ces préparatifs dans l’Etat du Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde.
En raison des difficultés à décrocher un emploi stable et rémunéré, dans un pays où le chômage des jeunes est estimé à environ 16%, selon l’Organisation internationale du travail, les étudiants se préparent pendant des années à des examens ultra-compétitifs.
Les médias indiens ont rapporté des suicides d'adolescents à la suite du scandale autour du NEET qui est venu s'ajouter à celui autour du CBS, que plus de 1,8 million de lycéens ont passé cette année.
Des candidats à cette épreuve, qui fait partie des nombreux tests susceptibles de leur ouvrir les portes de l'université, ont rapporté qu'il avait affiché des notes fausses ou envoyé certains résultats aux mauvais candidats.
Cette série de défaillances a nourri la colère des étudiants qui s'est canalisée à travers le mouvement dit "Parti du peuple des cafards".
Le "Cockroach Janata Party" (CJP) compte des millions d'abonnés sur les réseaux sociaux depuis son lancement en mai.
Il a vu le jour après que le président de la Cour suprême de l’Inde, Surya Kant, ait traité les jeunes critiquant le gouvernement de "cafards" ("cockroaches" en anglais) et de "parasites".
Il s'est ensuite justifié en affirmant qu'il visait ceux qui utilisent de faux diplômes.
Le CJP, une référence au Bharatiya Janata Party (BJP, parti nationaliste indien) du Premier ministre Narendra Modi, a organisé différentes manifestations à travers le pays.
U.Feng--ThChM