The China Mail - Hongrie : Andras Baka, un ex-juge évincé par Orban, devient chef de l'Etat

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Hongrie : Andras Baka, un ex-juge évincé par Orban, devient chef de l'Etat
Hongrie : Andras Baka, un ex-juge évincé par Orban, devient chef de l'Etat / Photo: © AFP/Archives

Hongrie : Andras Baka, un ex-juge évincé par Orban, devient chef de l'Etat

Les députés hongrois ont élu mardi chef de l'Etat un ancien président de la Cour suprême évincé par Viktor Orban, Andras Baka, qui a immédiatement appelé la majorité à ne pas se venger du précédent gouvernement.

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Le Parlement, où le parti au pouvoir Tisza détient la majorité des deux tiers, a élu M. Baka avec 140 voix pour, six contre et aucune abstention.

"Cette nation a perdu l’équivalent d’une génération entière, tombant de sa position d’élève modèle de la transition démocratique au rang des pays à la traîne en Europe", a déclaré l'ancien plus haut magistrat hongrois, âgé aujourd'hui de 73 ans, dans son discours inaugural.

"Mais une chose est sûre : nous ne pouvons pas bâtir la nouvelle Hongrie sur la vengeance", a-t-il dit à l'adresse des députés, devant les rangs désertés du Fidesz, le parti de l'ancien Premier ministre nationaliste Viktor Orban, qui a boycotté le vote.

Andras Baka est "digne d'incarner l'unité de la Nation", avait auparavant salué le chef du gouvernement pro-européen Peter Magyar sur Facebook, estimant que sa vie est "un exemple d'engagement envers l'Etat de droit".

En le choisissant pour ces fonctions largement honorifiques, le nouveau pouvoir issu des élections législatives d'avril rend justice à l'homme ayant "dit non" à Viktor Orban, qui a dirigé son pays de 2010 à 2026.

M. Baka avait perdu la présidence de la Cour suprême de Hongrie en 2012, après avoir qualifié de purge déguisée l'abaissement de l'âge de départ à la retraite des juges.

Il avait obtenu gain de cause quatre ans plus tard devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui avait reconnu le caractère politique de son limogeage.

"Il était allé jusqu'au bout pour démontrer que ce qui lui était arrivé était contraire au droit européen", explique l'analyste Bulcsu Zsiga, du Centre pour l'analyse politique équitable.

- "Etat captif" -

Le voir revenir aujourd'hui par la grande porte apparaît donc comme un signal envoyé aux partenaires de la Hongrie en Europe et comme une "garantie que le rétablissement de la démocratie libérale se déroulera selon une trajectoire clairement définie", poursuit-il.

Elu député sur la liste du parti conservateur MDF en 1990, Andras Baka a également été juge à la CEDH de 1991 à 2008. Tisza, la formation de Peter Magyar, l'a choisi parmi trois candidats, au cours d'un vote à bulletins secrets.

De son côté, le Fidesz a jugé ce vote "illégitime" après le raccourcissement du mandat du précédent chef de l'Etat, Tamas Sulyok, par la nouvelle majorité parlementaire le mois dernier.

Des ONG de défense des droits humains, notamment Human Rights Watch, ont critiqué cette éviction, considérant qu'elle rappelait les méthodes utilisées par Viktor Orban pour remodeler les institutions hongroises.

Le mois dernier, M. Baka avait estimé auprès de l'AFP que cette destitution n'aurait effectivement pas dû avoir lieu "dans un pays régi par l'Etat de droit" mais que la Hongrie était devenue "un Etat captif sous Orban".

Selon lui, le président avait en effet été nommé "pour assurer la survie politique de l'ancien système, même après une défaite électorale".

D'après Peter Magyar, le nouveau chef de l’Etat ne devrait exercer qu'une partie de son mandat, jusqu'à l'achèvement du processus de réécriture de la Constitution, prévu pour durer un an à un an et demi.

Le Premier ministre promet d'entamer des consultations à ce sujet le mois prochain.

R.Lin--ThChM