The China Mail - L'excision, une souffrance à vie qui pourrait redevenir légale en Gambie

USD -
AED 3.67305
AFN 63.500677
ALL 82.449476
AMD 368.049947
ANG 1.790403
AOA 917.508457
ARS 1484.565183
AUD 1.449895
AWG 1.8
AZN 1.707292
BAM 1.716457
BBD 2.014726
BDT 123.242589
BGN 1.69088
BHD 0.377035
BIF 2975
BMD 1
BND 1.296755
BOB 6.937497
BRL 5.223598
BSD 1.000298
BTN 95.33551
BWP 14.280449
BYN 2.914275
BYR 19600
BZD 2.01183
CAD 1.421065
CDF 2264.999693
CHF 0.80877
CLF 0.023525
CLP 926.059747
CNY 6.79395
CNH 6.795075
COP 3430.18
CRC 455.303389
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.875034
CZK 21.285197
DJF 178.128236
DKK 6.56453
DOP 59.798462
DZD 133.330407
EGP 49.104498
ERN 15
ETB 158.950128
EUR 0.87825
FJD 2.245199
FKP 0.754315
GBP 0.75355
GEL 2.639964
GGP 0.754315
GHS 11.365007
GIP 0.754315
GMD 73.502137
GNF 8772.50249
GTQ 7.629052
GYD 209.24824
HKD 7.843685
HNL 26.719833
HRK 6.614202
HTG 130.790023
HUF 311.684502
IDR 17946.7
ILS 2.985502
IMP 0.754315
INR 95.04725
IQD 1310.5
IRR 1376000.00034
ISK 126.28032
JEP 0.754315
JMD 157.314119
JOD 0.708981
JPY 162.437503
KES 129.449728
KGS 87.449724
KHR 4009.999904
KMF 432.000207
KPW 900.00035
KRW 1551.76006
KWD 0.309699
KYD 0.83364
KZT 479.437628
LAK 22499.999678
LBP 89550.000301
LKR 336.036368
LRD 182.300214
LSL 16.419712
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.40987
MAD 9.38503
MDL 17.690836
MGA 4269.999706
MKD 54.123225
MMK 2099.611597
MNT 3582.983883
MOP 8.081898
MRU 40.149983
MUR 47.205074
MVR 15.460225
MWK 1736.999812
MXN 17.541275
MYR 4.0941
MZN 63.849903
NAD 16.419861
NGN 1378.680147
NIO 36.620178
NOK 9.92355
NPR 152.537167
NZD 1.762815
OMR 0.384514
PAB 1.000298
PEN 3.412953
PGK 4.378002
PHP 61.612025
PKR 278.04983
PLN 3.768119
PYG 6080.073017
QAR 3.645504
RON 4.593204
RSD 103.085988
RUB 77.75513
RWF 1465
SAR 3.751401
SBD 8.065041
SCR 13.452006
SDG 600.5029
SEK 9.73315
SGD 1.295704
SHP 0.746601
SLE 24.800301
SLL 20969.503664
SOS 571.497688
SRD 37.504498
STD 20697.981008
STN 21.85
SVC 8.752391
SYP 110.532098
SZL 16.410357
THB 33.324021
TJS 9.252979
TMT 3.51
TND 2.94625
TOP 2.40776
TRY 46.6669
TTD 6.790936
TWD 31.852498
TZS 2625.003016
UAH 44.843589
UGX 3665.771506
UYU 40.21203
UZS 12049.999786
VES 622.24352
VND 26300.5
VUV 120.098371
WST 2.780884
XAF 575.673565
XAG 0.016628
XAU 0.000245
XCD 2.70255
XCG 1.802784
XDR 0.715018
XOF 573.49884
XPF 104.849869
YER 238.59315
ZAR 16.39625
ZMK 9001.195602
ZMW 18.211258
ZWL 321.999592
  • AEX

    -7.0200

    1073.14

    -0.65%

  • BEL20

    -48.3100

    5702.99

    -0.84%

  • PX1

    -66.3900

    8337.29

    -0.79%

  • ISEQ

    -27.6600

    13801.67

    -0.2%

  • OSEBX

    -4.9600

    1901.77

    -0.26%

  • PSI20

    -42.0100

    9090.47

    -0.46%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -58.5800

    4518.09

    -1.28%

  • N150

    3.7300

    4152.41

    +0.09%

L'excision, une souffrance à vie qui pourrait redevenir légale en Gambie
L'excision, une souffrance à vie qui pourrait redevenir légale en Gambie / Photo: © AFP

L'excision, une souffrance à vie qui pourrait redevenir légale en Gambie

Des années après avoir été excisée petite fille en Gambie, Fatou Sanyang souffre encore le martyre dans sa vie de femme, ayant régulièrement l'impression qu'on déverse sur elle "de l'eau brûlante". Interdite depuis 2015 dans son pays, cette mutilation génitale pourrait y redevenir légale.

Taille du texte:

Les mutilations génitales féminines (MGF) - qui incluent l'ablation partielle ou totale du clitoris, ou plus largement des organes génitaux externes - font l'objet d'un débat sensible en Gambie, où cette pratique reste ancrée dans la société.

Malgré l'interdiction en vigueur, la Gambie fait partie des dix pays au monde où le taux de MGF est le plus élevé: 73% des jeunes filles et femmes âgées de 15 à 49 ans avaient subi cette pratique en 2020, selon l'Unicef.

En 2025, les morts de deux nourrissons récemment excisés avaient provoqué l'indignation dans le pays.

La question des MGF est au centre d'une affaire devant la Cour suprême qui examine une plainte visant à revenir sur leur interdiction dans ce pays à majorité musulmane. La Gambie deviendrait l'un des seuls pays au monde à prendre cette décision.

En 2024, le Parlement avait rejeté une proposition de loi présentée par le député Almameh Gibba, qui entendait dépénaliser la pratique, arguant du respect de la tradition. En avril 2025, le député et des associations religieuses ont alors déposé une plainte devant la Cour suprême.

L'examen par la Cour, qui a démarré en décembre, a été interrompu, mais devrait reprendre bientôt.

- "Cris" -

C'est à l'âge de six ans que Fatou, 30 ans, a été excisée. Elle s'est retrouvée dans un lieu inconnu en compagnie de "plusieurs vieilles femmes", celles que l'on appelle les "coupeuses".

Les yeux bandés, elle n'a pas tout de suite compris ce qu'il se passait, mais pouvait "entendre les cris des autres filles" prises au piège dans le même lieu, explique-t-elle à l'AFP depuis sa maison, dans la ville de Brikima, à 40 km de la capitale Banjul.

Aujourd'hui encore, elle "a très mal à chaque fois" qu'elle a ses règles. "Et quand j'ai des relations intimes avec mon mari, à un moment donné, j'ai l'impression qu'on déverse de l'eau brûlante sur moi...".

Les victimes de MGF sont pour la plupart des fillettes ou préadolescentes. Outre la douleur, le traumatisme et les conséquences sur la sexualité future des femmes, ces mutilations peuvent provoquer la mort, des infections, saignements et plus tard stérilité et complications lors de l'accouchement ou après.

Malgré l'interdiction en vigueur depuis 2015, moins d'une dizaine de cas ont été poursuivis devant la justice et les premières condamnations ont été prononcées seulement en 2023.

Membre du Conseil islamique suprême de Gambie qui encadre les questions islamiques, l'imam Kalipha Dampha soutient pour sa part la dépénalisation.

"L'excision fait partie de nos croyances religieuses. L'interdire, cela revient à entraver notre liberté religieuse", a-t-il déclaré à un journaliste de l'AFP venu le rencontrer au siège du Conseil à Kanifing, à l'ouest de Banjul.

"Tout dans l'islam est basé sur la pureté" et cela inclut selon lui "la circoncision, que ce soit pour les hommes ou les femmes".

De son côté, Oumie Jagne, coordinatrice de programme à l'ONG gambienne "Think Young Women", réplique que les "MGF ne sont pas une exigence, ni un impératif religieux".

Selon elle, l'une des raisons de la persistance de cette pratique douloureuse est qu'elle est vue comme un rite de passage pour être acceptée dans la communauté. Refuser de s'y soumettre peut entraîner des difficultés d'intégration, un isolement social, des pressions.

Même si l'interdiction des MGF est peu appliquée en Gambie, la loi "a permis de créer un précédent clair que cette pratique n'est pas acceptable", estime-t-elle.

- "Traumatisme" -

Jaha Dukureh a enduré nombre de traumatismes à cause de l'excision. Devenue ambassadrice régionale d'ONU Femmes pour l'Afrique, elle a fondé l'ONG "Safe Hands for Girls" venant en aide aux victimes de MGF en Afrique et travaille désormais dans le secteur de la tech aux Etats-Unis.

Alors qu'elle n'était qu'une enfant dans les années 1990, elle a vu mourir sa soeur qui n'avait qu'une semaine. Le nourrisson s'est vidé de son sang après avoir subi une excision.

Puis Jaha Dukureh a été mariée à l'âge de 15 ans, à un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Issue de la communauté soninké - qui pratique cette mutilation en raison de valeurs centrées sur la virginité - elle a subi une "infibulation", un rétrécissement de l'orifice vaginal par recouvrement, en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture.

Au moment du mariage, les femmes sont "réouvertes sans anesthésie", puis on dit à leurs maris d'avoir un rapport le jour même, pour "ne pas que cela se referme", déplore Mme Dukureh.

Mariama Fatajo, 28 ans, a elle aussi été victime d'excision.

La jeune femme dit avoir tellement souffert lors de l'accouchement de ses deux enfants qu'elle a décidé de ne pas en avoir d'autres, témoigne-t-elle auprès de l'AFP.

Elle a très peur d'une dépénalisation.

"Ce sera choquant pour nous, les survivantes, mais aussi pour les petites filles que nous essayons de protéger", craint-elle. "Parce les MGF peuvent être un traumatisme dont on souffre toute une vie".

T.Luo--ThChM