The China Mail - Sous les bombes, des jumelles ukrainiennes rêvent d'or olympique

USD -
AED 3.6725
AFN 65.000392
ALL 81.560537
AMD 360.775985
ANG 1.789785
AOA 917.000038
ARS 1513.259304
AUD 1.426757
AWG 1.8025
AZN 1.69852
BAM 1.745253
BBD 2.010361
BDT 122.920831
BGN 1.747831
BHD 0.376943
BIF 2992.879196
BMD 1
BND 1.277729
BOB 11.742397
BRL 5.026904
BSD 0.99809
BTN 95.053074
BWP 13.711808
BYN 3.005903
BYR 19600
BZD 2.007505
CAD 1.421535
CDF 2312.500085
CHF 0.833695
CLF 0.024908
CLP 980.310333
CNY 6.69215
CNH 6.693095
COP 3188.87
CRC 454.401456
CUC 1
CUP 23.954527
CVE 98.394667
CZK 21.766799
DJF 177.744859
DKK 6.67725
DOP 61.199631
DZD 134.533035
EGP 53.110599
ERN 15
ETB 163.034338
EUR 0.89323
FJD 2.244702
FKP 0.754659
GBP 0.75405
GEL 2.59497
GGP 0.754659
GHS 11.653162
GIP 0.754659
GMD 73.99995
GNF 8780.344165
GTQ 7.630461
GYD 208.818175
HKD 7.84804
HNL 26.791833
HRK 6.730802
HTG 130.556993
HUF 324.828003
IDR 17896.7
ILS 3.070525
IMP 0.754659
INR 94.93315
IQD 1512.171616
IRR 1779859.999974
ISK 121.67048
JEP 0.754659
JMD 158.507638
JOD 0.708975
JPY 158.464501
KES 129.709756
KGS 87.449776
KHR 4061.892099
KMF 439.999911
KPW 899.999961
KRW 1335.810052
KWD 0.31171
KYD 0.831738
KZT 447.662772
LAK 22447.38615
LBP 89384.56802
LKR 330.214649
LRD 170.186374
LSL 16.458174
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.420696
MAD 9.759245
MDL 17.935779
MGA 4506.353512
MKD 54.946281
MMK 2100.02843
MNT 3599.679138
MOP 8.068514
MRU 40.035874
MUR 47.609682
MVR 15.460224
MWK 1730.796688
MXN 18.36106
MYR 4.083097
MZN 63.904996
NAD 16.458174
NGN 1330.39558
NIO 36.729176
NOK 9.49681
NPR 152.085276
NZD 1.77988
OMR 0.38447
PAB 0.99809
PEN 3.443122
PGK 4.527952
PHP 62.869025
PKR 276.352441
PLN 3.90425
PYG 5706.789697
QAR 3.638278
RON 4.772694
RSD 104.865987
RUB 83.925021
RWF 1474.693033
SAR 3.75547
SBD 8.078071
SCR 13.80872
SDG 601.470907
SEK 9.962585
SGD 1.2819
SHP 0.754518
SLE 24.669955
SLL 20969.504398
SOS 570.38835
SRD 37.647505
STD 20697.981008
STN 21.863385
SVC 8.733208
SYP 13001.999685
SZL 16.461129
THB 33.582023
TJS 9.212593
TMT 3.5
TND 2.988292
TOP 2.40776
TRY 49.391298
TTD 6.787934
TWD 32.153499
TZS 2630.002982
UAH 45.026146
UGX 4132.460023
UYU 40.119931
UZS 11876.249286
VES 875.701602
VND 25890
VUV 119.372685
WST 2.788609
XAF 585.920422
XAG 0.017078
XAU 0.00024143713
XCD 2.70255
XCG 1.798883
XDR 0.707052
XOF 585.920422
XPF 106.421331
YER 236.198615
ZAR 16.48656
ZMK 9001.198006
ZMW 19.871586
ZWL 321.999592
SSP 5748.524006
MXV 2.073391
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Sous les bombes, des jumelles ukrainiennes rêvent d'or olympique
Sous les bombes, des jumelles ukrainiennes rêvent d'or olympique / Photo: © AFP/Archives

Sous les bombes, des jumelles ukrainiennes rêvent d'or olympique

Lorsqu'on pratique la natation artistique, le sourire est d'usage et pour Maryna et Vladyslava Aleksiiva, jumelles ukrainiennes qui rêvent d'or aux JO de Paris, s'entraîner sous les bombes n'y change rien.

Taille du texte:

Les soeurs de 22 ans, qui ont décroché le bronze à Tokyo en 2020, figurent parmi les meilleurs espoirs ukrainiens de médaille d'or à Paris cet été.

En près de deux ans de guerre, les épreuves que ces athlètes au sourire lumineux ont traversées pour s'entraîner - fuir leur ville, survivre à des bombardements - ont repoussé leurs limites et dopé leur détermination.

Dans leur Kharkiv natale, elles s'entraînent dans une piscine sans vitres, détruites lors d'une attaque de missiles en 2022, et sans générateur pour chauffer l'eau du bassin lors des coupures d'électricité.

Ces derniers mois, elles ont parfois dû "descendre en courant au sous-sol en maillot de bain mouillé" quand les explosions étaient trop proches de leur piscine, raconte Maryna.

La ville du nord-est du pays n'est qu'à une trentaine de km de la frontière avec la Russie.

"Tout a été bombardé: notre piscine, où on avait commencé à s'entraîner, notre école, le centre-ville", poursuit la jeune femme, teint pâle, yeux gris et longue chevelure châtain clair, comme sa soeur.

Au début de l'invasion de l'Ukraine, lancée par Moscou en février 2022, les forces russes se sont emparées de pans entiers de la région. Elles ont été repoussées mais la région subit toujours d'intenses bombardements.

Au moins 11 personnes y sont encore mortes lors d'une frappe russe mardi dernier.

Mais Kharkiv est l'épicentre de la scène nationale de natation artistique. Et c'est chez elles.

- "Montrer que l'Ukraine vit toujours" -

"Lorsque la guerre a commencé, on ne savait pas quoi faire", se souvient Vladyslava, la plus timide des deux, qui laisse souvent sa soeur finir ses phrases.

"On a ensuite compris que notre principal objectif serait de faire preuve de courage partout dans le monde pendant les compétitions".

"Pour montrer que l'Ukraine vit toujours", ajoute Maryna.

Dans les premiers jours de la guerre, quand les chars russes ont atteint les faubourgs de Kharkiv, les jumelles ont dû abandonner sur place leurs chatoyantes tenues. Evacuées avec l'équipe de natation artistique ukrainienne, elles fuient alors vers l'Italie où elles s'entraînent pendant six mois.

Loin des frappes mais inquiètes pour leurs proches restés près des combats, elles préfèrent rentrer dans leur pays. D'abord à Kiev, "dormant la nuit dans le couloir d'un abri anti-bombes". Puis chez elles à Kharkiv.

Même si c'est plus dangereux, "c'est bien mieux d'être tous ensemble, (même) sans électricité ni musique pour s'entraîner", dit Vladyslava plus souvent appelée Vlada.

Elles n'ont plus quitté leur ville, sauf pour des compétitions à l'étranger.

Quand l'AFP les retrouve en mai, en marge d'une manche de la Coupe du monde de natation artistique (nouveau nom de la natation synchronisée) à Montpellier dans le sud de la France, elles profitent d'une journée de détente.

Visitant le centre historique de la ville, elles dégustent des glaces et postent des "stories" sur les réseaux sociaux. Mais la guerre n'est pas loin.

"J'ai téléphoné à Maman hier et il y avait une alerte aérienne. J'étais un peu nerveuse", confie alors Maryna. "Maman et Papa ont dit: +tout va bien ne vous inquiétez pas+. Alors on a essayé de rester calme et de se concentrer sur la compétition." A Montpellier, elles remportent l'or en duo dans le programme libre.

Aux Championnats du monde de natation à Fukuoka au Japon en juillet, elles semblent plus sombres. L'AFP les rencontre juste après leur passage en duo libre où elles ont terminé 6e. Les jeunes femmes, en maillot à paillettes, chignon haut et maquillage appuyé, sont déçues.

"C'est dur de se concentrer lorsque son pays est en guerre et qu'on est loin de sa famille", confie Vlada. "On a des amis sportifs qui sont morts au combat en défendant notre pays. De nombreux jeunes sportifs sont morts, c'est une période horrible pour nous".

- "Des stars" -

Dans l'appartement de Maryna à Kharkiv, un jour de novembre, elles écoutent un disque d'Edith Piaf pioché dans la collection des vinyles de leur grand-père.

Lorsque l'alerte aérienne retentit, elles ne bougent pas la tête.

Il y a des sirènes "cinq ou six fois par jour", dit la jeune femme. "La nuit aussi. C'est normal."

Vlada habite juste à côté avec son mari, informaticien. C'est pratique car "nous échangeons nos vêtements!".

Ce dimanche-là, jour de repos, elles sont en jean avec un maquillage léger, une simplicité qui contraste avec le strass et les poses théâtrales des jours de compétition.

A huit ans déjà, elles étaient grandes, souples et naturellement harmonisées pour des duos, se souvient leur première entraîneuse Maryna Krykounova. "J'étais sûre qu'elles deviendraient des stars."

Les jumelles et même les triplées ne sont pas rares dans le milieu de la natation artistique.

Mais ce qui est généralement vu comme un avantage pour les soeurs pourrait ne pas leur être utile après un changement controversé l'an dernier dans la façon de juger les performances de natation artistique, avec des critères davantage centrés sur les éléments techniques et non plus sur l'effet artistique.

Un obstacle de plus pour les jumelles, dont l'équipe s'efforce de se qualifier pour les JO de Paris qui débutent le 26 juillet.

"Nos entraîneurs ne sont pas contents du changement de règlement", dit Maryna selon qui cela donne un rendu "vraiment pas artistique".

Les dernières compétitions de qualifications auront lieu aux Championnats du monde au Qatar en février. Il y aura aussi les Championnats d'Europe à Belgrade en juin, considérés comme une répétition générale pour les JO.

- Une riposte -

"C'est vraiment le moment le plus important de notre vie", résume Vlada, en soulignant qu'elles ont dû se préparer dans des "conditions inéquitables" par rapport à leurs concurrentes.

La Russie, pays dont les athlètes excellent traditionnellement dans ce sport, ne participera pas aux JO, les équipes russes ont été bannies de la compétition après l'invasion de l'Ukraine.

Mais en décembre, le Comité international olympique (CIO) a autorisé les sportifs russes et bélarusses à participer aux Jeux à condition qu'ils concourent sous bannière neutre, hors épreuves par équipes, qu'ils n'aient pas activement soutenu l'offensive russe en Ukraine et qu'ils aient franchi l'obstacle des qualifications.

Une décision condamnée par le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

Au début, les jumelles trouvaient que c'était "peut-être mieux de ne pas permettre à un pays terroriste qui a tué des sportifs (de participer)".

Elles ont ensuite craint que leur gouvernement boycotte les Jeux. Il serait "stupide qu'ils (les Russes) puissent participer alors qu'ils tuent des gens et que nous, qui n'avons rien fait, ne puissions y aller", estimait Vlada en mai.

"On s'entraîne sept heures par jour et on a un objectif, montrer le courage de notre pays au monde entier."

Remporter une médaille à Paris serait aussi, disent-elles, une riposte à leurs concurrentes russes qui leur avaient envoyé un message au début de la guerre pour leur dire: "Ne vous en faites pas, on va vous sauver. C'est une opération de sauvetage."

"Vous êtes folles", avait répondu Maryna. "Je les ai invitées à venir à Kharkiv voir ce qu'est devenue ma ville natale: tout a été bombardé."

jbr-siu-df-am/blb/dp/juf

E.Choi--ThChM