The China Mail - Top 14: la génération Dupont au panthéon toulousain

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Top 14: la génération Dupont au panthéon toulousain
Top 14: la génération Dupont au panthéon toulousain / Photo: © AFP

Top 14: la génération Dupont au panthéon toulousain

Avec un deuxième doublé Coupe d'Europe-championnat en trois ans, le Stade toulousain d'Antoine Dupont, bourreau de Bordeaux-Bègles (59-3) en finale du Top 14 vendredi à Marseille, s'est assuré une place de choix dans l'histoire du club et ce n'est sans doute pas terminé.

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Ugo Mola avait déjà récemment cherché à piquer l'orgueil de ses joueurs en affirmant que l'actuelle génération toulousaine n'avait pas encore le palmarès de certaines de ses devancières.

Taquin, le manager des Rouge et Noir en a remis une couche jeudi au stade Vélodrome, cette fois sur le ton de la plaisanterie: "Je pense qu'il en manque encore un peu. Ils sont pas mal quand même, mais il en manque..."

Avec désormais quatre titres de champions de France (2019, 2021, 2023, 2024) et deux sacres continentaux (2021, 2024), Dupont et ses coéquipiers ont clos le débat et définitivement validé leur entrée au panthéon du Stade toulousain.

Ils y côtoieront notamment les Emile Ntamack, Christian Califano ou Christophe Deylaud, titrés quatre années de suite (1994, 1995, 1996, 1997) en championnat en plus de leur succès dans la première Coupe d'Europe de l'histoire en 1996.

"C'était un autre rugby. Il y avait peut-être un peu moins de concurrence et de clubs très structurés à l'époque", concède Mola, qui faisait pourtant partie du cru. "Il y a aussi eu une génération incroyable de 2005 à 2012. Cette équipe, pilotée par Thierry Dusautoir notamment, avait beaucoup gagné".

Les Yannick Jauzion, Vincent Clerc et Frédéric Michalak, triples champions d'Europe (2003, 2005, 2010), ont aujourd'hui trouvé leurs héritiers après une période de creux, marquée par le passage de flambeau sur le banc entre l'emblématique Guy Novès et Mola.

"Guy Novès a disposé pendant à peu près 25 ans de la crème de la crème du rugby et j'ai la suite de la crème de la crème", note le second.

- "Encore du chemin" -

Avec Romain Ntamack, Thomas Ramos, Cyril Baille, Julien Marchand ou François Cros, Toulouse s'appuie sur un socle d'internationaux talentueux formés au club et viscéralement déterminés à prolonger sa riche histoire.

"On est dans un club qui cultive l'envie de gagner", confirme Ramos. "On a la chance d'avoir des entraîneurs qui ont plus gagné que nous. Certains savent le rappeler plus que d'autres (sourire). Ça permet de garder les pieds sur terre et de se dire qu'on a encore un peu de chemin à faire".

Renforcés avec parcimonie ces dernières années par des joueurs étrangers parfaitement intégrés à l'identité locale -- Juan Cru Mallia, Jack Willis, Blair Kinghorn... --, les cadres toulousains ont tous prolongé leur bail sur les bords de la Garonne jusqu'en 2027 ou au-delà.

L'hégémonie de la bande à Dupont est donc amenée à durer, d'autant que la génération d'après, incarnée par le centre Paul Costes (21 ans) ou le troisième ligne Mathis Castro-Fereira (20 ans), pointe déjà le bout du nez.

"Le Stade toulousain a une marge sur tout le monde en France. Et en Europe, à part le Leinster, personne ne rivalise non plus", estime auprès de l'AFP l'ancien deuxième ligne Fabien Pelous. "Ils ne vont pas gagner tous les titres qui arrivent, mais ils vont en gagner encore beaucoup je pense".

Si la concurrence, entre Bordeaux-Bègles, La Rochelle ou le Racing 92, n'est pas encore tout à fait au niveau, on peut toujours compter sur Mola pour ramener ses troupes à la raison.

"Mon job", dit-il, "c'est de rappeler que tout est fragile, que tout peut tomber et s'arrêter très vite". Quitte à passer pour un rabat-joie.

U.Feng--ThChM