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Au bout du suspense, des larmes de bonheur. A l'issue d'une finale à rebondissements, Perrine Laffont a décroché une médaille de bronze qui vaut "tout l'or du monde", lors de l'épreuve olympique de ski de bosses mercredi à Livigno, huit ans après son sacre à Pyeongchang.
"C'était un scénario de dingue. Je ne pourrais même pas citer toutes les émotions que j’ai vécues", a avoué après coup l'Ariégeoise de 27 ans, annoncée comme l'une des favorites du concours avec son immense palmarès (six titres de championne du monde, neuf globes de cristal, un titre aux JO).
Quatrième à l'issue des qualifications la veille, Laffont abordait cette nouvelle finale olympique (sa 4e, ndlr) en manque de repères, en raison d'une contusion osseuse au genou droit qui lui a fait manquer la quasi-totalité des épreuves de Coupe du monde cet hiver.
"Ça a été tellement dur... Il y a encore deux mois, on ne savait pas où on allait. Je me suis blessée, on a cru que je m'étais pétée le genou, et finalement j’ai réussi à revenir. Cette médaille, elle vaut tout l’or du monde", a-t-elle estimé.
Le film a pourtant très mal commencé sur la piste ensoleillée de Livigno. Tendue au moment de s'élancer, elle a légèrement perdu l'équilibre à la réception d'un saut et manqué de prendre la porte en terminant 8e... et dernière qualifiée.
"Elle est venue nous voir et a dit: +Je suis désolée les gars, j'ai raté, je vais passer à autre chose+. Mais l'Américaine passant en dernier a fait une faute et elle est rentrée en super-finale", s'est remémoré Albert Bédouet, entraîneur des Bleus.
Première à s'élancer lors du top 8, elle a réalisé un deuxième run solide, certes légèrement en deçà de ses standards habituels (78 points) mais suffisant pour battre la plupart de ses adversaires.
- Enormément de pression -
"Il y a eu des erreurs des autres, et elle a fait un run de patronne, sûre de ses bases. Ce n'est pas le passage le plus spectaculaire de sa carrière, mais c'est celui qu'il fallait faire... ensuite, ça a été les montagnes russes", a soufflé Bédouet.
Déjà impressionnantes lors des qualifications la veille, les Américaines Elizabeth Lemley (82,3 points, en or), puis Jaelin Kauf (80,77, en argent), ont, après leurs passages respectifs, changé le métal de la sextuple championne du monde en argent, puis en bronze.
La Japonaise Hinako Tomitaka a obtenu un score identique de 78 points, menaçant de faire descendre Laffont au pied du podium - résultat qui avait beaucoup affecté la Française à Pékin en 2022 -, mais sa moins bonne notation en ski lui a coûté la médaille.
Dernière à s'élancer, l'Australienne et championne olympique sortante Jakara Anthony avait toutes les cartes en main pour signer un doublé et renvoyer elle aussi la Française à la quatrième place. Elle est sortie du parcours à mi-chemin.
"Je pensais qu'elle allait dérouler. Être championne olympique sortante, ce n'est pas simple. Je pense qu’elle avait énormément de pression sur les épaules", a estimé Laffont, qui a versé de nombreuses larmes pendant la cérémonie puis en retrouvant ses proches dans le public.
"Ça a été une finale très émouvante. Le coeur palpitait énormément. Nous, on y a cru jusqu'au bout car Perrine, c'est une guerrière. Même si parfois, on descend un petit peu, c'est pour remonter plus haut", a déclaré sa maman Dominique Huilliet, présidente du club de ski de bosses où la championne a fait ses débuts, aux Monts d'Olmes.
L'autre Française engagée lors des finales, Camille Cabrol, a terminé 20e. Mais ces deux grandes amies auront une nouvelle chance de médaille samedi, à partir de 10h30, lors de l'épreuve de bosses parallèles.
Interrogée sur ses ambitions pour cette épreuve qui fait sa première apparition olympique, la nouvelle médaillée de bronze a coupé court. "Laissez-moi profiter !", a-t-elle lancé, avant de rejoindre les supporters français.
M.Zhou--ThChM