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A 31 ans, Romane Miradoli a enfin concrétisé toutes ses promesses en s'offrant mercredi la médaille d'argent du super-G des JO-2026: "C'était la vraie Romane", s'est réjouie celle qui avait failli tout arrêter après un début d'hiver 2024-2025 compliqué.
La neuvième tentative, pour ses troisièmes JO, aura été la bonne: seulement devancée par l'Italienne Federica Brignone sur l'Olimpia delle Tofane, Romane Miradoli a réalisé la plus belle course de sa carrière, le run dont tous ses entraîneurs la savaient capable.
Mais comme souvent dans sa carrière, avant de monter sur le podium pour récupérer sa médaille d'argent aux côtés de Brignone et de l'Autrichienne Cornelia Hütter, deux autres trentenaires qui en ont vu des vertes et des pas mûres, il y a eu des doutes.
"J'ai traversé des moments tellement difficiles en début de semaine, a reconnu la skieuse de Flaine. Après le deuxième entraînement pour la descente j'avais presque envie de rentrer chez moi, ça n'allait vraiment pas, j'étais prise de doute comme rarement".
Seizième de la descente qui a fracassé dimanche le rêve olympique et le tibia gauche de Linsey Vonn, la Haut-Savoyarde s'est remise en selle lors du combiné par équipes en signant le 8e chrono de la descente.
Sa partenaire Marie Lamure est certes partie à la faute dans le slalom, mais cette épreuve mardi l'a "reboosté de folie", a-t-elle rappelé.
- "J'ai rien lâché" -
"Je me suis mis la pression avec les Jeux, j'ai eu du mal à la gérer au début. J'ai trouvé cette force, je suis contente, ce que j'ai vécu sur une semaine, ça va vraiment servir pour la suite", a estimé la meilleure représentante d'une équipe de France féminine qui n'était plus montée sur un podium olympique depuis 2002 (Carole Montillet en or en descente, Laure Pequegnot en argent en slalom).
"J'ai rien lâché, j'ai su rebondir, j'y ai cru, j'ai joué et ça a payé", a-t-elle expliqué dans une jolie formule qui pourrait résumer son parcours.
Issue d'une famille de skieurs, Miradoli a progressé de façon linéaire dans la hiérarchie internationale, d'abord en Coupe d'Europe, l'antichambre du circuit mondial (12 podiums, 5 victoires), avant de rejoindre la Coupe du monde à partir de 2012.
La fonceuse attendra mars 2018 pour y décrocher son premier podium (2e dans un parallèle par équipes), quatre ans de plus pour son premier podium individuel, sa seule victoire, dans le super-G de Lenzerheide.
Quatre autres podiums, tous en super-G, suivront, dont un cet hiver à St-Moritz (2e) en décembre. Entre temps, elle a collectionné les déceptions lors des JO (son meilleur résultat avant mercredi était sa 11e place dans le super-G des JO-2022) et des Mondiaux (aucun top 10 en douze départs en individuel).
Et comme beaucoup, son parcours a été stoppé par des blessures: deux ruptures des ligaments croisés du genou gauche, en décembre 2020 puis en mars 2023, avant des douleurs au dos la saison dernière.
Au point qu'après des Mondiaux-2025 décevants, pour elle comme pour toute l'équipe de France, elle envisage de tout envoyer balader, à moins d'un an des JO.
"Tout ne se passait pas comme je voulais et j'étais rentrée dans un cercle vicieux, négatif", expliquait-elle le mois dernier à l'AFP. "En plus, il n'y avait pas des résultats de groupe qui permettaient de se tirer vers le haut."
Sans leader depuis la retraite de Tessa Worley en mars 2023, les Bleues ont peut-être trouvé sa remplaçante.
"C'est une belle récompense, c'est largement mérité", s'est réjoui David Chastan, le patron du ski alpin au sein de la Fédération française de ski. "Elle sait qu'elle est un peu attendue au niveau français, parce qu'on n'a pas non plus huit filles de ce niveau-là".
"On n'est pas dans une situation facile depuis quelques années. On perd beaucoup de densité au niveau des filles. On a du mal à élever le niveau, d'où l'importance d'avoir des filles comme Romane", a-t-il conclu.
Z.Ma--ThChM