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Victime d'un "vol plané à 70 km/h", Paul Seixas a réussi une folle remontada avant de céder dans la montée finale du Grand Colombier où le Mexicain Isaac del Toro a pris une option sur la victoire finale dans le Tour Auvergne-Rhône-Alpes.
Quel spectacle ! Après avoir collectionné les victoires et les honneurs depuis le début de l'année, le jeune prodige français a montré samedi une autre facette de son talent, la ténacité, lorsqu'il a été confronté à des vents contraires puissants dans l'ex-Dauphiné.
Il a su faire face avec une force tranquille impressionnante pour ses 19 ans, mais aussi grâce au vrai sang-froid de son équipe Decathlon CMA-CGM qui a mobilisé l'ensemble de son effectif pour permettre à leur leader de combler un retard de quatre minutes sur le peloton.
Seixas a chuté après 32 km de course, à un moment où il n'y avait pas encore d'images TV disponibles, à une vitesse qu'il a estimée lui-même à 70 km/h, dans une descente.
"Une erreur de ma part, je n'ai aucune excuse, a-t-il expliqué. Dans un virage je suis arrivé trop vite, j'avais pris l'habitude de doubler certains coureurs en descente pour reprendre des positions sans forcer. C'est une stratégie qui n'est pas forcément sans risque. Aujourd'hui je l'ai payé."
- "Je les aime tous!" -
Parti à la faute, il a fait "un vol plané sur le goudron". "Je me suis retrouvé à glisser sur les mains et tout le corps. Et après je me suis arrêté dans le fossé. Pendant un moment je n'ai pas cru que j'allais repartir, j'étais vraiment défoncé", a ajouté le Lyonnais en descendant du podium, les deux coudes et les deux genoux entourés de bandages.
Son équipe a tout de suite missionné Stefan Bisseger et Dan Hoole, deux gros rouleurs, pour l'attendre. Le trio a compté jusqu'à quatre minutes de retard avant de commencer à renverser la vapeur.
Seixas a ensuite pu compter sur l'aide d'Aurélien Paret-Peintre dans les lacets du Grand Colombier, à mi-parcours, pour se rapprocher, encouragé par un public en feu. Puis celle d'un nouveau coéquipier, Nicolas Prodhomme, qui s'était lui aussi laissé décrocher.
Enfin, Léo Bisiaux, dernier membre de la formation Decathlon CMA-CGM à reculer à ses côtés, lui a permis, au prix d'un énorme effort, de revenir sur le peloton à 38 km de l'arrivée après plus de soixante kilomètres d'une folle course-poursuite.
"C'était incroyable ce qu'ils ont fait, ils se sont donné à 200% alors que j'avais fait une connerie. J'ai tout donné jusqu'à la fin pour ces cinq mecs qui se sont sacrifiés tous les uns après les autres pour moi alors qu'ils auraient pu me laisser dans la pampa. Ils peuvent savoir que je les aime tous!"
- Del Toro favori pour la victoire finale -
Seixas a payé ses efforts inouïs dans la terrible montée finale du Grand Colombier (8,4 km à 10,2%) où il a été rapidement décroché avant de se battre pour finir, au courage, à la septième place, à 1 min 21 d'Isaac del Toro.
A l'arrivée, il s'est effondré, blême et à bout de forces, avant de tomber dans les bras de sa famille.
"Je n'arrivais pas bien à m'appuyer sur les bras mais je me suis dit: merde je vais appuyer sur les bras quand même et peu importe la douleur je vais monter."
Au classement général, Seixas pointe désormais au sixième rang, à 1 min 54 de l'Australien Luke Tuckwell qui a réussi à défendre son maillot jaune à la veille de la dernière étape dimanche.
En attendant de savoir comment le Français récupère, le grand favori pour la victoire finale est désormais Del Toro qui s'est imposé avec 24 secondes d'avance sur l'Espagnol Juan Ayuso, qu'il a rattrapé et doublé à 1,7 km de l'arrivée.
"C'est un peu difficile pour moi de gérer ces longues montées mais je m'améliore course après course. Gagner le général a toujours été l'objectif", a réagi le Mexicain qui sera le premier lieutenant de Tadej Pogacar sur le Tour de France en juillet.
S.Wilson--ThChM