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Très déçu et dur avec lui-même après son "échec" aux Mondiaux, Paul Seixas y a aussi trouvé des axes de travail pour continuer sa progression qui passe par un dernier grand objectif cette saison, au Tour de Lombardie.
L'autoflagellation était à la hauteur de ses ambitions lorsque le jeune Français a qualifié de "honte" son "erreur de gamin" dimanche à Montréal où il a négligé son alimentation et terminé avec des crampes pour aller décrocher une décevante 15e place.
"On peut dire qu'il ne manque pas grand-chose, mais il manque beaucoup. Aujourd'hui, ce ne sont pas mes équipiers qui ont manqué. C'est moi. C'est un échec, une énorme déception", a déclaré le leader des Bleus, 20 ans depuis jeudi, qui visait ouvertement le titre.
L'année dernière déjà, il était allé loin dans l'autocritique, estimant n'avoir "pas honoré le maillot" alors qu'il avait terminé 13e et meilleur Français sur un parcours extrême à Kigali en étant ado.
Au Québec, la course a encore été violente, longue de plus de 270 km et disputée avec une intensité folle. Avant de disparaître, les Bleus ont eux-mêmes imprimé un tempo d'enfer au point, selon le Belge Remco Evenepoel, de "peut-être détruire leur propre leader avec".
"L'an dernier, après le contre-la-montre à Kigali, on avait l'impression qu'il voulait arrêter le vélo. C'est normal qu'il soit hyper déçu, qu'il s'en veuille. Mais dans le vélo, il y a beaucoup plus de déceptions que de satisfactions", a commenté le sélectionneur Thomas Voeckler en invitant à relativiser et à "prendre du recul".
- "Durabilité" -
"On est face à un garçon qui vient d'avoir 20 ans, qui a gagné le Tour du Pays Basque, la Flèche Wallonne, qui a fait quatrième du Tour de France alors même qu'on se demandait si c'était une bonne idée qu'il y aille. Il n'est pas champion du monde. C'est OK. On peut se dire qu'un jour, il viendra là, avec la médaille d'or autour du cou."
Arrêté par les crampes, alors qu'il disait avoir de "super jambes" en début de course, Seixas, manque encore un peu de "caisse", cette endurance que les athlètes ne construisent qu'avec le temps.
Ses résultats spectaculaires cette année, notamment une deuxième place derrière Tadej Pogacar à Liège-Bastogne-Liège, une autre course très difficile, ont montré qu'il était déjà très fort en termes de "durabilité", cette capacité à rester performant au-delà de six heures de course.
"Mais il n'a toujours que vingt ans", rappelle Voeckler, persuadé que la course arc-en-ciel lui "servira dans le futur".
L'avenir immédiat de Seixas, qui ne participera pas aux Championnats d'Europe dimanche prochain, passe par le Tour de Lombardie, sa dernière course de la saison, le 10 octobre.
- Parmi les favoris en Lombardie -
La classique des "feuilles mortes" est le cinquième Monument du calendrier et c'est le plus exigeant, une véritable étape de montagne du Tour de France avec, cette année, un parcours de 239 km pour plus de 4.000 mètres de dénivelé positif entre Bergame et Côme.
L'an dernier, Seixas, pour sa première participation à un Monument, y avait pris une épatante septième place.
Et le coureur de Decathlon CMA CGM fera forcément partie des favoris dans deux semaines sur un tracé difficile mais qui convient, plus que le circuit de Montréal, à ses qualités de grimpeur face à Remco Evenepoel et le nouveau champion du monde Brandon McNulty.
Reste à surmonter la déception des Mondiaux où sa médaille de bronze dans le contre-la-montre n'aura pas suffi à consoler le jeune champion, aussi exigeant avec lui-même qu'avec les autres.
"On ne peut pas passer à autre chose si facilement. Il va me falloir un peu de temps pour digérer ça", a-t-il lancé en quittant le Québec.
M.Zhou--ThChM