The China Mail - Chez Bayer, comment l'IA bouleverse la recherche des pesticides

USD -
AED 3.672981
AFN 62.999984
ALL 82.597888
AMD 368.060083
ANG 1.790403
AOA 916.999878
ARS 1481.256531
AUD 1.451358
AWG 1.80125
AZN 1.68207
BAM 1.71493
BBD 2.014108
BDT 123.249054
BGN 1.69088
BHD 0.377034
BIF 2975.014577
BMD 1
BND 1.293507
BOB 6.925154
BRL 5.189102
BSD 1.000039
BTN 94.490039
BWP 13.589892
BYN 2.900133
BYR 19600
BZD 2.011197
CAD 1.419815
CDF 2267.504195
CHF 0.807303
CLF 0.023428
CLP 922.060241
CNY 6.79815
CNH 6.79833
COP 3447.03
CRC 453.586914
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.684671
CZK 21.2308
DJF 177.720253
DKK 6.541155
DOP 59.466972
DZD 133.187486
EGP 49.201402
ERN 15
ETB 161.218522
EUR 0.87515
FJD 2.24725
FKP 0.757857
GBP 0.754305
GEL 2.644967
GGP 0.757857
GHS 11.31015
GIP 0.757857
GMD 73.000242
GNF 8766.638023
GTQ 7.629344
GYD 209.175084
HKD 7.841989
HNL 26.761891
HRK 6.593901
HTG 130.701074
HUF 309.838968
IDR 17868.95
ILS 2.98755
IMP 0.757857
INR 94.542202
IQD 1309.991977
IRR 1375250.000138
ISK 126.029814
JEP 0.757857
JMD 157.463469
JOD 0.709012
JPY 161.9355
KES 129.501624
KGS 87.45008
KHR 4021.166805
KMF 434.000271
KPW 900.00035
KRW 1541.080284
KWD 0.30956
KYD 0.833333
KZT 485.532407
LAK 22428.570802
LBP 89548.611111
LKR 336.248811
LRD 181.993547
LSL 16.430491
LTL 2.95274
LVL 0.604889
LYD 6.424601
MAD 9.371084
MDL 17.675014
MGA 4255.281837
MKD 53.944432
MMK 2099.649649
MNT 3579.92745
MOP 8.078178
MRU 39.910387
MUR 47.240213
MVR 15.450138
MWK 1734.006734
MXN 17.483585
MYR 4.071199
MZN 63.897811
NAD 16.430635
NGN 1381.869793
NIO 36.800779
NOK 9.918205
NPR 151.185701
NZD 1.769045
OMR 0.384495
PAB 1.000018
PEN 3.414923
PGK 4.390353
PHP 61.197085
PKR 278.074382
PLN 3.75255
PYG 6089.674735
QAR 3.645212
RON 4.588027
RSD 102.697996
RUB 76.998674
RWF 1467.978395
SAR 3.756538
SBD 8.051953
SCR 13.537737
SDG 599.999621
SEK 9.707925
SGD 1.292301
SHP 0.746601
SLE 24.798647
SLL 20969.503664
SOS 571.521265
SRD 37.494501
STD 20697.981008
STN 21.482654
SVC 8.749978
SYP 110.532098
SZL 16.426633
THB 33.25504
TJS 9.269869
TMT 3.5
TND 2.962063
TOP 2.40776
TRY 46.637499
TTD 6.798104
TWD 31.850497
TZS 2625.002971
UAH 44.880508
UGX 3665.2038
UYU 40.238326
UZS 12052.207233
VES 620.752985
VND 26290
VUV 119.179282
WST 2.780883
XAF 575.16627
XAG 0.017174
XAU 0.000249
XCD 2.70255
XCG 1.802247
XDR 0.716371
XOF 575.168792
XPF 104.571381
YER 238.625034
ZAR 16.408991
ZMK 9001.199474
ZMW 18.104658
ZWL 321.999592
  • AEX

    4.5600

    1065.34

    +0.43%

  • BEL20

    -20.6600

    5719.28

    -0.36%

  • PX1

    -17.6100

    8367.33

    -0.21%

  • ISEQ

    -131.0200

    13807.63

    -0.94%

  • OSEBX

    5.8900

    1906.43

    +0.31%

  • PSI20

    23.7500

    9159.49

    +0.26%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    1.7100

    4288.95

    +0.04%

  • N150

    -21.5800

    4127.8

    -0.52%

Chez Bayer, comment l'IA bouleverse la recherche des pesticides
Chez Bayer, comment l'IA bouleverse la recherche des pesticides / Photo: © AFP/Archives

Chez Bayer, comment l'IA bouleverse la recherche des pesticides

Ils font désormais de la "biochimie computationnelle", manipulent moins de plantes que de molécules virtuelles: au sein du laboratoire du chimiste Bayer à Lyon, l'intelligence artificielle (IA) a bouleversé le travail des scientifiques à la recherche des pesticides de demain.

Taille du texte:

"80% de ce qu'on fait en laboratoire n'existait pas il y a cinq ans", explique à l'AFP Rachel Rama, responsable de la recherche pour la protection des cultures chez Bayer.

Contre la rouille du blé ou la pourriture des fraises, le géant mondial de la chimie a investi dans la recherche de biosolutions mais surtout misé sur l'IA pour développer une nouvelle génération de molécules synthétiques.

Objectif: trouver des pesticides moins toxiques et plus efficaces pour "accompagner les agriculteurs dans la transition agroécologique". Un enjeu environnemental mais aussi économique alors que l'Europe veut diminuer massivement les usages de pesticides d'ici 2030.

- "Chimiste augmenté" -

Pour cela, le groupe allemand a consacré en 2023 près de 2 milliards d'euros à la recherche et développement de sa division agricole, "Crop sciences", soit environ un tiers de l'investissement R&D du groupe.

Dans le laboratoire ultramoderne de la Dargoire, à Lyon, qui accueille 200 scientifiques de Bayer mais aussi des start-up spécialisées dans l'IA comme la jeune pousse française Iktos ou des chercheurs du CNRS, la révolution en cours a un nom: "CropKey" ou la clé des moissons.

Avec ce programme, tout change pour les chercheurs qui tâtonnaient en testant empiriquement des milliers de molécules à la recherche de celle qui pourrait agir sur une cible: une protéine de champignon, de mauvaise herbe ou d'un insecte que l'on veut combattre.

"Avant, on avait une banque de clés (les molécules): il faut imaginer un mur géant rempli de clés. On les essayait une à une pour trouver celle qui convienne à la serrure (la protéine ciblée). Aujourd'hui, on donne l'empreinte de la serrure et on va créer la clé", explique Florent Villiers, responsable de laboratoire en biochimie computationnelle.

Cela n'est possible que grâce à l'IA: d'une part Chat GPT va digérer et classer les quelque "11.000 publications scientifiques qui paraissent chaque jour"; et d'autre part, "Alpha Fold", un logiciel développé par Google DeepMind qui peut modéliser des protéines en 3D, permet désormais de mieux concevoir les molécules devant s'insérer dans ces protéines.

La protéine cible devient le point de départ d'une recherche qui démarre dans le monde virtuel. Le "chimiste augmenté" va pouvoir créer "pratiquement une infinité" de molécules virtuelles pour finalement "en tester physiquement 2 à 300", indique Laurent Bialy, responsable de la stratégie d'innovation en chimie.

Dès la conception des molécules sont pris en compte simultanément plusieurs paramètres (cible, toxicologie, coûts de production, propriété du sol...): "On est passé de 3 à plus de 14 dimensions", souligne Rachel Rama.

L'IA générative d'Iktos génère des molécules: ces clés virtuelles vont enfin être synthétisées et envoyées en biologie, où on retrouve paillasses, tubes à essai et mélangeurs.

- "Analyse prédictive" -

Dans son laboratoire, la biologiste Aurélia Vernay observe les interactions entre des molécules créées et les cellules d'un champignon, sur des plaquettes dotées de centaines de puits contenant chacun un test.

Avec son vieux microscope, elle produisait "50 images par jour" alors que son nouvel appareil automatisé peut générer "jusqu'à 500 images par demi-heure".

Sur son écran apparaissent des entrelacs de courbes de différentes couleurs: chaque image est comme la signature d'un organisme vivant à un instant T. La machine les reconnaîtra si elle les revoit et pourra proposer un "diagnostic de mécanisme d'interaction", dit-elle.

Les clés les plus parfaites vont pouvoir être testées sur les serrures. Dans son jardin perché dans les étages, Mathieu Gourgues travaille sur les maladies de l'orge, la tavelure du pommier ou l'oïdium du cornichon.

Il gère une vaste plateforme où sont cultivées des plantes sous des lumières roses, dans une atmosphère très contrôlée, pour obtenir des plants parfaitement standardisés sur lesquels sera testée la résistance à une maladie.

Le chercheur désigne un blé jauni par la rouille. Ici, l'IA "permet d'évaluer avec précision le niveau de maladie. L'analyse est de plus en plus fine et prédictive". Bientôt, elle pourra déterminer quand une plante commence à être attaquée - et donc quand il faut la traiter, avec un minimum de produit - "avant même que les premiers signes cliniques soient visibles" pour l'humain, souligne-t-il.

Bayer espère commercialiser son premier pesticide nouvelle génération, probablement un herbicide, en 2030.

D.Wang--ThChM