The China Mail - De vastes zones de récifs coralliens pourraient résister au changement climatique, selon une étude

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De vastes zones de récifs coralliens pourraient résister au changement climatique, selon une étude
De vastes zones de récifs coralliens pourraient résister au changement climatique, selon une étude / Photo: © AFP

De vastes zones de récifs coralliens pourraient résister au changement climatique, selon une étude

Dans les eaux cristallines au large des côtes kényanes, les récifs coralliens prospèrent. Une rare lueur d'espoir dans la lutte pour la protection des océans face à la hausse des températures.

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Une nouvelle étude présentée mardi à la conférence "Nos Océans" dans la ville côtière de Mombasa, dans l'est du Kenya, révèle que 166.000 kilomètres carrés de récifs coralliens à travers le monde - environ un tiers du total - sont "résilients face au changement climatique".

Menée par la Wildlife Conservation Society (WCS) américaine et l'Université australienne Macquarie, cette recherche - en cours de révision par des pairs et financée par un programme de la fondation philanthropique du groupe financier américain Bloomberg - remet en question les conclusions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l’évolution du climat (GIEC).

Le GIEC, autorité mondiale en matière de changement climatique, a déclaré que 70 à 90% des récifs coralliens pourraient mourir avec un réchauffement climatique de 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, et 99% à 2°C.

"Nos modèles prévoient un avenir bien plus prometteur pour les récifs coralliens", se réjouit la directrice exécutive de la conservation marine à la WCS, Stacy Jupiter.

Des mesures restent nécessaires car seulement 28 % de ces récifs résilients bénéficient d'une protection active.

Plus au sud, sur la paradisiaque île kényane de Wasini-Mkwiro, des villageois montrent l'exemple.

Les prises ramenées par les pêcheurs y sont pesées, mesurées et enregistrées par des collecteurs de données.

Des membres de cette "unité de gestion des plages" patrouillent également les eaux, s'assurant que personne ne pratique la surpêche ou n'utilise d'équipement destructeur. D'autres plantent des algues et des mangroves, et ramassent des déchets.

"Nous voulons préserver cet écosystème au maximum car nous en connaissons les bienfaits", explique Edward Karanja, garde de l'autorité kényane de la protection de l'environnement (KWS) pour le parc marin voisin de Kisite, soulignant l'importance du tourisme et de la pêche pour la région.

- "Banques de semences" -

Le blanchissement se produit lorsque la température de l'eau augmente d'un degré ou deux, ce qui stresse les tissus animaux du corail et les amène à expulser les algues qui les fournissent en nutriments grâce à la photosynthèse.

Mais la nouvelle étude révèle que de nombreux récifs sont résilients, soit parce qu'ils se trouvent dans des zones plus fraîches, soit parce qu'ils ont évolué pour résister à la chaleur, soit parce qu'ils se rétablissent plus rapidement que la plupart.

"La façon dont les coraux réagissent aux épisodes de chaleur est plus complexe qu'on ne le pensait", explique Mme Jupiter.

Le Kenya possède une vaste étendue de corail naturellement résilient.

À Wasini-Mkwiro, les plongeurs peuvent découvrir des espèces comme les porites, qui ressemblent à des rochers, et les acropores, en forme de corne de cerf.

Ces coraux abritent un écosystème d'une richesse exceptionnelle: des murènes, des poissons-anges, des crabes, des tortues, des dauphins, entre autres.

Le dernier épisode majeur de blanchissement, en 2024, a entraîné une chute du taux de couverture corallienne dans la zone de 44% à 27%, selon les données de la WCS. Mais en moins d'un an, ce taux était remonté à 40%.

Cette nouvelle recherche s'appuie sur une étude pionnière de 2018 qui avait recensé 50 récifs coralliens résilients à travers le monde.

Grâce à une nouvelle technologie, la carte est 10.000 fois plus détaillée que les versions précédentes, révélant ainsi trois fois plus de coraux résilients qu'on ne le pensait.

Plus de la moitié de ces récifs sont concentrés en Australie, aux Bahamas, à Cuba, en Indonésie et aux Philippines.

"Ces récifs pourraient servir de banques de semences vivantes pour une restauration plus large des écosystèmes", envisage Kyle Zawada, auteur principal de l'étude et chercheur à l'Université Macquarie.

- "Encourageante" -

Il est urgent d'agir, car les épisodes de blanchissement massif deviennent presque annuels. Le retour attendu du phénomène climatique El Niño cette année risque d'être dévastateur.

Les communautés locales ont peu de marge de manœuvre face au réchauffement climatique, concède Jesse Kosgei, chercheur pour la WCS à Mombasa, mais "il existe des mesures urgentes et immédiates que nous pouvons prendre directement", comme la prévention de la pêche destructrice ou de la pollution de l'eau.

"Nous avons de bonnes nouvelles concernant les récifs coralliens, et c'est à nous maintenant de veiller à la conservation de ces milieux résilients", souligne-t-il.

Clint Oakley, spécialiste des coraux à l'Université néo-zélandaise Victoria (Wellington), a qualifié l'étude d'"encourageante".

Le réchauffement climatique demeure néanmoins la "plus grande menace", et "la réduction des émissions de carbone reste primordiale si nous voulons préserver les récifs coralliens dans un siècle", souligne-t-il.

K.Lam--ThChM