The China Mail - Paris face à Trump et Poutine

USD -
AED 3.672503
AFN 66.000272
ALL 81.750267
AMD 377.657389
ANG 1.79008
AOA 916.497564
ARS 1447.743897
AUD 1.432295
AWG 1.80125
AZN 1.69884
BAM 1.656847
BBD 2.015105
BDT 122.260014
BGN 1.67937
BHD 0.377008
BIF 2953.091775
BMD 1
BND 1.272884
BOB 6.913553
BRL 5.245602
BSD 1.000479
BTN 90.561067
BWP 13.175651
BYN 2.857082
BYR 19600
BZD 2.012224
CAD 1.368345
CDF 2224.999981
CHF 0.77707
CLF 0.021813
CLP 861.249915
CNY 6.94215
CNH 6.938765
COP 3642
CRC 496.003592
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.41048
CZK 20.61185
DJF 178.163135
DKK 6.32984
DOP 63.04994
DZD 130.013823
EGP 46.974985
ERN 15
ETB 154.976835
EUR 0.847765
FJD 2.206601
FKP 0.732184
GBP 0.73708
GEL 2.690395
GGP 0.732184
GHS 10.985781
GIP 0.732184
GMD 73.514885
GNF 8780.996111
GTQ 7.67429
GYD 209.32114
HKD 7.81233
HNL 26.428662
HRK 6.385504
HTG 131.143652
HUF 321.765975
IDR 16870
ILS 3.106995
IMP 0.732184
INR 90.323502
IQD 1310.5
IRR 42125.000158
ISK 122.77015
JEP 0.732184
JMD 156.862745
JOD 0.709032
JPY 157.190173
KES 128.999889
KGS 87.449732
KHR 4030.000237
KMF 416.999971
KPW 900.030004
KRW 1465.559807
KWD 0.30735
KYD 0.83376
KZT 497.113352
LAK 21520.880015
LBP 86150.000117
LKR 309.665505
LRD 185.999893
LSL 16.060215
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.323093
MAD 9.174502
MDL 16.928505
MGA 4431.457248
MKD 52.26893
MMK 2099.783213
MNT 3569.156954
MOP 8.051354
MRU 39.72959
MUR 46.060083
MVR 15.460281
MWK 1737.9996
MXN 17.35351
MYR 3.946989
MZN 63.759989
NAD 16.060109
NGN 1370.429432
NIO 36.81834
NOK 9.68341
NPR 144.897432
NZD 1.668235
OMR 0.384501
PAB 1.000479
PEN 3.362501
PGK 4.286719
PHP 58.717498
PKR 279.84277
PLN 3.574895
PYG 6622.13506
QAR 3.64125
RON 4.319497
RSD 99.522041
RUB 76.547406
RWF 1459.958497
SAR 3.750074
SBD 8.064647
SCR 13.682273
SDG 601.50319
SEK 9.005105
SGD 1.27355
SHP 0.750259
SLE 24.550125
SLL 20969.499267
SOS 571.495602
SRD 37.894002
STD 20697.981008
STN 20.755852
SVC 8.7544
SYP 11059.574895
SZL 16.060401
THB 31.744501
TJS 9.349774
TMT 3.505
TND 2.845497
TOP 2.40776
TRY 43.54031
TTD 6.777163
TWD 31.683899
TZS 2575.000201
UAH 43.151654
UGX 3562.246121
UYU 38.562056
UZS 12264.970117
VES 377.98435
VND 25970
VUV 119.687673
WST 2.726344
XAF 555.589718
XAG 0.012796
XAU 0.000206
XCD 2.70255
XCG 1.803149
XDR 0.691101
XOF 555.690911
XPF 101.550161
YER 238.325012
ZAR 16.154095
ZMK 9001.179364
ZMW 19.585153
ZWL 321.999592
  • AEX

    -3.5700

    986.76

    -0.36%

  • BEL20

    -31.6100

    5513.26

    -0.57%

  • PX1

    -24.7900

    8237.77

    -0.3%

  • ISEQ

    -150.0700

    13369.42

    -1.11%

  • OSEBX

    -4.0600

    1761.71

    -0.23%

  • PSI20

    -118.1300

    8763.5

    -1.33%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -18.9200

    4094.87

    -0.46%

  • N150

    -15.9400

    3967.96

    -0.4%


Paris face à Trump et Poutine




La France entre Washington et Moscou : quelle stratégie face à Trump et Poutine ? Au lendemain des discussions de Washington du 18 août 2025, la France a précisé sa ligne : soutenir une paix « robuste et durable » pour l’Ukraine, tout en évitant que l’avenir du continent soit décidé sans l’Europe. Paris plaide pour un format de négociation qui inclue pleinement les Européens, afin de garantir non seulement la sécurité de l’Ukraine mais aussi l’architecture de sécurité du continent. Dans cet esprit, l’Élysée pousse des garanties crédibles, assorties d’engagements militaires concrets, plutôt qu’une simple déclaration politique.

Sur la méthode, Paris entend encadrer l’initiative américaine. Si Washington explore des garanties « type Article 5 » sans adhésion de Kyiv à l’OTAN, la France insiste pour que toute discussion sur les lignes de front reste du ressort des Ukrainiens et que l’Europe siège à la table comme partie prenante. Objectif : éviter un tête-à-tête russo-américain qui figerait des gains militaires russes et fragiliserait le droit international, tout en arrimant les États-Unis à un dispositif crédible et partageable par les alliés européens.

Sur le fond, Paris pose deux lignes rouges : pas d’« échange de territoires » imposé à l’Ukraine et pas de « paix de façade » sans filet de sécurité exécutoire. La France soutient des garanties opérationnelles (défense aérienne, munitions, renseignement, formation, maintenance) et un mécanisme de réaction rapide en cas de reprise des attaques russes. Ce socle sécuritaire s’appuie sur les accords bilatéraux conclus avec Kyiv, déjà dotés d’objectifs chiffrés et pluriannuels, et sur une « coalition de volontaires » européens appelée à mutualiser capacités et financement.

Sur les moyens, Paris accélère la montée en puissance industrielle et budgétaire. La loi de programmation militaire 2024-2030 porte l’effort de défense à un niveau inédit et anticipe des hausses supplémentaires pour 2027, avec un accent mis sur la défense sol-air (missiles Aster), l’artillerie (CAESAR), le renseignement, le cyber et le soutien au rythme de production. À court terme, la France poursuit l’appui militaire à l’Ukraine : livraisons de missiles de croisière de longue portée, renforcement de la défense aérienne, transfert et formation sur Mirage 2000-5, ainsi que la production accélérée de munitions. Cet effort s’accompagne d’un volet formation (pilotes, mécaniciens, défense sol-air) et d’un élargissement des chaînes de maintenance.

Face à Donald Trump, Paris adopte un réalisme de coalition : accueillir une implication américaine potentielle dans des garanties de sécurité, tout en préparant l’hypothèse où l’essentiel de la charge – financière, industrielle et opérationnelle – incomberait aux Européens. La ligne française consiste donc à européaniser la mise en œuvre (capacités, financements, dispositifs d’alerte) et à américaniser la crédibilité (dissuasion politique, parapluie de garanties), afin d’éviter toute faille d’exécution.

Vis-à-vis de Vladimir Poutine, la France combine fermeté et canal de dialogue. Paris juge que le Kremlin n’a pas montré, à ce stade, la volonté d’un retrait durable et qu’une normalisation sans garanties tangibles serait une invitation à reprendre l’offensive. D’où l’insistance sur un calendrier conditionné : sécurité d’abord, politique ensuite. Un éventuel sommet trilatéral ne pourrait, selon Paris, aboutir que si les conditions minimales de sécurité sont réunies et si l’Ukraine conserve la main sur ses décisions souveraines.

En Europe, la France pousse une architecture articulée autour de trois piliers :
1) intégration des garanties au cadre euro-atlantique
2) consolidation de l’autonomie stratégique européenne par l’industrialisation de défense
3) mécanisme d’assistance rapide à l’Ukraine adossé à des contributions nationales et à des contrats communs d’armement. Ce triptyque vise à traverser l’incertitude américaine, contenir la menace russe et stabiliser le voisinage oriental.


En somme, « le projet de la France » face à Trump et Poutine n’est ni une alternative à l’OTAN ni un pari sur un tête-à-tête Washington-Moscou. C’est une stratégie de verrouillage : remettre l’Europe à la table des décisions, bétonner des garanties vérifiables pour Kyiv et arrimer les États-Unis à un dispositif où la charge est partagée mais l’exécution, elle, est assurée.