The China Mail - Taxer les Riches : le Duel

USD -
AED 3.672498
AFN 65.498816
ALL 80.778943
AMD 366.249949
AOA 918.000153
ARS 1499.7458
AUD 1.422111
AWG 1.8
AZN 1.701353
BAM 1.694243
BBD 2.013626
BDT 123.754743
BHD 0.37711
BIF 2990
BMD 1
BND 1.281981
BOB 12.092258
BRL 5.1235
BSD 0.999753
BTN 95.145446
BWP 13.521485
BYN 2.960018
BYR 19600
BZD 2.010681
CAD 1.401435
CDF 2260.00015
CHF 0.812655
CLF 0.023195
CLP 915.880427
CNY 6.74905
CNH 6.747951
COP 3160.36
CRC 454.762008
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.149866
CZK 21.04075
DJF 177.720321
DKK 6.487735
DOP 58.29816
DZD 132.880362
EGP 49.6944
ERN 15
ETB 161.364703
EUR 0.86783
FJD 2.214449
FKP 0.742819
GBP 0.743335
GEL 2.615024
GGP 0.742819
GHS 11.735003
GIP 0.742819
GMD 74.000428
GNF 8780.000142
GTQ 7.628337
GYD 209.158083
HKD 7.84455
HNL 26.796086
HRK 6.538298
HTG 130.718954
HUF 316.998001
IDR 17919
ILS 3.007697
IMP 0.742819
INR 95.31225
IQD 1310.5
IRR 1374850.00036
ISK 123.589409
JEP 0.742819
JMD 158.474679
JOD 0.709016
JPY 158.445499
KES 129.359763
KGS 87.450205
KHR 4053.497124
KMF 426.999919
KRW 1424.140286
KWD 0.30966
KYD 0.833171
KZT 468.495939
LAK 22602.503172
LBP 89550.000065
LKR 335.825291
LRD 181.625033
LSL 16.339942
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.36971
MAD 9.329497
MDL 17.39541
MGA 4298.392651
MKD 53.396226
MMK 2099.443841
MNT 3595.840223
MOP 8.078327
MRU 40.101867
MUR 46.940215
MVR 15.459941
MWK 1736.000059
MXN 17.20735
MYR 4.093968
MZN 63.903992
NAD 16.340306
NGN 1362.889861
NIO 36.790312
NOK 9.538038
NPR 152.231048
NZD 1.704195
OMR 0.384497
PAB 0.999749
PEN 3.37939
PGK 4.41709
PHP 60.790954
PKR 277.55765
PLN 3.73435
PYG 5946.889469
QAR 3.654602
RON 4.560957
RSD 101.875989
RUB 82.998217
RWF 1468.660802
SAR 3.755132
SBD 8.068348
SCR 14.420084
SDG 600.498527
SEK 9.514745
SGD 1.283497
SLE 24.597666
SOS 571.386496
SRD 37.866497
STD 20697.981008
STN 21.223422
SVC 8.747553
SZL 16.339898
THB 33.119789
TJS 9.222706
TMT 3.505
TND 2.932323
TRY 47.691299
TTD 6.768972
TWD 32.219902
TZS 2654.997968
UAH 44.766628
UGX 3724.060864
UYU 40.264038
UZS 11914.620835
VES 754.21125
VND 26235
VUV 119.344278
WST 2.729216
XAF 568.230703
XAG 0.016234
XAU 0.000235
XCD 2.70255
XCG 1.801841
XDR 0.705886
XOF 568.233164
XPF 103.310868
YER 236.850097
ZAR 16.35625
ZMK 9001.202312
ZMW 19.020435
ZWL 321.999592
  • AEX

    1.1100

    1112.47

    +0.1%

  • BEL20

    -15.5900

    5760.2

    -0.27%

  • PX1

    30.3400

    8699.71

    +0.35%

  • ISEQ

    25.2300

    14041.35

    +0.18%

  • OSEBX

    6.6400

    2020

    +0.33%

  • PSI20

    47.7200

    9224.19

    +0.52%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    19.7900

    4322.09

    +0.46%

  • N150

    13.8000

    4325.44

    +0.32%


Taxer les Riches : le Duel




La bataille fiscale française a connu un coup d’accélérateur en 2025. En février, l’Assemblée nationale a adopté une taxe plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros — un dispositif pensé pour une poignée d’ultra‑fortunés — avant que le Sénat, dominé par la droite et le centre, ne l’écarte en juin. Depuis le 9 septembre, le nouveau chef du gouvernement a tranché politiquement : pas de retour de l’impôt de solidarité sur la fortune ni de « taxe Zucman » dans l’immédiat. La gauche, elle, maintient la pression, convaincue que la contribution des plus riches doit augmenter pour des raisons de justice fiscale et de redressement des comptes publics.

Ce que propose la gauche
La taxe défendue par les groupes de gauche vise un seuil très élevé : les patrimoines nets de plus de 100 millions d’euros. Elle instaurerait un plancher d’imposition annuelle de 2 % sur la richesse nette (tous actifs inclus, y compris professionnels), en ciblant environ 1 800 foyers. L’idée‑force : corriger un système où l’imposition effective décroît au sommet, du fait d’optimisations (sociétés interposées, revenus faiblement taxés) et de niches. Les promoteurs avancent aussi des garde‑fous anti‑exil, comme une contribution due quelques années après un départ fiscal hors de France. Les évaluations de rendement varient : des estimations hautes évoquent de l’ordre de 20 à 25 milliards d’euros par an, quand des scénarios prudents tablent plutôt sur quelques milliards.

Ce qui s’est passé au Parlement
Au Palais‑Bourbon, la proposition écolo‑sociale a été adoptée à une courte majorité, notamment parce qu’une partie de l’opposition n’a pas fait barrage en séance. Mais, au Palais du Luxembourg, la majorité sénatoriale l’a rejetée nettement, en pointant tour à tour un risque d’inconstitutionnalité, un effet « confiscatoire » potentiel et un signal négatif envoyé à l’investissement. La mécanique législative est donc restée bloquée à ce stade, tout en laissant la porte entrouverte à une reprise du débat dans le cadre budgétaire.

La riposte de la droite
La droite parlementaire oppose trois arguments centraux :

1) Sécurité juridique : un impôt ciblant une population infime à un taux fixe et sans plafonnement serait exposé à la censure constitutionnelle.

2) Impact économique : taxer les actifs « productifs » renchérirait le coût du capital, freinerait l’innovation et pourrait pousser certains dirigeants à déplacer leurs centres de décision.

3) Lisibilité et compétitivité : elle préfère une lutte ciblée contre l’optimisation et la fraude plutôt qu’un nouvel impôt sur la fortune.

Au‑delà du Parlement, les organisations patronales ont multiplié les mises en garde contre une fiscalité qui toucherait les parts d’entreprises, jugée dissuasive pour l’investissement et l’emploi.

Les contre‑propositions de la droite et du bloc central
Plutôt qu’une taxe patrimoniale, l’exécutif et ses alliés ont fait adopter une imposition minimale de 20 % sur les plus hauts revenus : une contribution différentielle qui garantit qu’au‑delà d’un certain niveau de revenu, l’impôt effectif ne descende plus sous ce seuil, malgré les déductions et crédits. Cette voie « anti‑optimisation » est présentée comme plus robuste juridiquement et plus neutre pour l’investissement que la taxation de la fortune en tant que telle.

Parallèlement, certains responsables de la droite défendent des pistes alternatives : taxer prioritairement la fortune financière plutôt que les actifs productifs ; ou cibler la fortune dite “improductive” (immobilier de rente, actifs dormants), en épargnant les outils de l’entreprise. Ces options, plus sectorisées, cherchent un compromis entre rendement, acceptabilité sociale et compétitivité.

Ce que montrent les comparaisons européennes
L’expérience espagnole est scrutée : un impôt de solidarité sur les grandes fortunes, conçu pour compléter l’impôt régional sur le patrimoine, a été validé par le juge constitutionnel et pérennisé par la loi. Les effets budgétaires ont été inégaux selon les années et l’articulation avec l’impôt régional, mais l’épisode fournit des repères juridiques et techniques utiles dans le débat français.

Les points d’achoppement juridiques
Deux questions dominent : le plafonnement (faut‑il en prévoir un pour éviter tout risque de « confiscation » ?) et l’assiette (faut‑il inclure les biens professionnels, et à quelles conditions ?). Les partisans d’une taxe patrimoniale large estiment qu’un plancher modéré et une assiette étendue réduisent les distorsions. Les opposants rappellent que l’équilibre constitutionnel français a déjà conduit à censurer par le passé un dispositif jugé excessif sur les très hauts revenus ; ils en déduisent qu’une taxe de 2 % sans plafonnement global s’exposerait à un risque contentieux.

En pratique, qui paierait quoi ?
Ultra‑riches (≈ 0,01 % des foyers) : une contribution annuelle calculée sur l’ensemble du patrimoine net, sans plafonnement dans la version portée par la gauche.
Contribuables à très hauts revenus : maintien de l’imposition minimale de 20 % via la contribution différentielle (hors cas de taux effectif déjà supérieur).
Entrepreneurs et détenteurs d’outils de production : exposition variable selon le scénario retenu (inclusion totale, exclusion conditionnelle, ou ciblage de la seule fortune financière).
Épargne immobilière : potentiellement davantage mise à contribution dans les scénarios « fortune improductive ».

Ce qui se joue dans les prochaines semaines
Sur le plan politique, la majorité relative du gouvernement impose des compromis budgétaires. Le chef du gouvernement a fermé la porte à court terme à une nouvelle taxe patrimoniale d’ampleur, mais le débat n’est pas clos : la gauche peut réinscrire le sujet au menu budgétaire, et des voies médianes (plafonnement, assiette restreinte, clause anti‑exil) pourraient resurgir. Au‑delà des postures, l’arbitrage portera sur trois curseurs : rendement attendu, sécurité juridique et impact sur l’investissement. C’est de leur dosage que dépendra l’issue du bras de fer.