The China Mail - L'Europe et les femmes au pouvoir?

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L'Europe et les femmes au pouvoir?




Alors que la question de la parité hommes-femmes reste un enjeu majeur dans les sphères politiques mondiales, l’Europe se distingue par des avancées significatives, bien que disparates selon les régions. Mais où trouve-t-on le plus de femmes au pouvoir sur le continent ? Un tour d’horizon des gouvernements et des parlements nationaux révèle des tendances marquantes, avec l’Europe du Nord en tête de peloton.

Selon les données récentes d’Eurostat pour 2024, les femmes occupent en moyenne 35,1 % des sièges dans les gouvernements nationaux à travers l’Union européenne (UE). Ce chiffre cache toutefois de fortes variations. La Finlande se démarque avec un record de 60 % de femmes au sein de son gouvernement, suivie de près par la Belgique (55 %). Ces pays illustrent une volonté affirmée d’intégrer les femmes aux plus hautes fonctions exécutives. En Finlande, par exemple, la Première ministre Sanna Marin, en poste depuis 2019, incarne cette dynamique, dans un pays pionnier en matière de droits des femmes depuis l’octroi du droit de vote dès 1906.

L’Europe du Nord domine également le classement des femmes au pouvoir. Outre la Finlande, des pays comme la Suède (43,6 % de femmes au parlement) et la Norvège (où la conservatrice Erna Solberg a dirigé le gouvernement pendant huit ans) affichent des taux élevés de représentation féminine. L’Islande, hors UE, suit cette tendance avec une Première ministre, Katrin Jakobsdottir, à la tête d’un gouvernement comptant 63,6 % de femmes. L’Estonie, quant à elle, fait figure d’exception notable : depuis 2021, elle est dirigée par une Première ministre, Kaja Kallas, et une présidente, Kersti Kaljulaid, une première mondiale pour une république.

À l’inverse, certains pays de l’Est et du Sud de l’Europe peinent à suivre ce mouvement. La Hongrie se distingue négativement avec 0 % de femmes dans son gouvernement national, un cas unique dans l’UE, malgré l’élection historique de Katalin Novák comme présidente en 2022 (démissionnaire en 2024). La Tchéquie affiche également un faible score, avec seulement 5,9 % de femmes au gouvernement. Ces écarts reflètent des différences culturelles et historiques dans l’accès des femmes aux responsabilités politiques.

Au niveau parlementaire, la progression est également notable. En 2025, les femmes représentent 27,2 % des députés dans les parlements nationaux européens, selon l’Union interparlementaire (UIP). Là encore, la Suède et la Finlande mènent la danse, tandis que des pays comme la France (47,1 % de femmes au gouvernement en 2021, selon la Fondation Robert-Schuman) et l’Espagne (54,5 %) montrent des progrès encourageants dans le Sud.

Mais la présence de femmes au pouvoir change-t-elle la donne ? Si aucune étude ne prouve une différence systématique dans la gouvernance, plusieurs pays dirigés par des femmes – comme la Finlande ou l’Islande – ont été salués pour leur gestion efficace de crises, notamment durant la pandémie de Covid-19. Leur ascension est souvent associée à des contextes de lutte contre la corruption ou à des politiques progressistes, bien que cela ne soit pas une règle universelle.

En somme, l’Europe du Nord reste un modèle en matière de représentation féminine au pouvoir, portée par une longue tradition d’égalité de genre. Cependant, la lenteur des progrès dans d’autres régions souligne la persistance de barrières systémiques. À l’heure où l’UE ambitionne une parité plus large, le chemin vers une égalité réelle demeure semé d’obstacles, mais aussi d’espoir.