The China Mail - En Guadeloupe, les cimetières privés et familiaux, une tradition sous contrainte

USD -
AED 3.672498
AFN 65.000388
ALL 82.918668
AMD 381.168901
ANG 1.790403
AOA 916.999868
ARS 1464.762598
AUD 1.492845
AWG 1.78075
AZN 1.693911
BAM 1.677913
BBD 2.012346
BDT 122.090055
BGN 1.666695
BHD 0.376957
BIF 2957.119325
BMD 1
BND 1.285305
BOB 6.919035
BRL 5.390699
BSD 0.999224
BTN 89.984815
BWP 13.406201
BYN 2.925605
BYR 19600
BZD 2.009429
CAD 1.389305
CDF 2259.999756
CHF 0.798175
CLF 0.022869
CLP 897.140124
CNY 6.97735
CNH 6.97131
COP 3713.4
CRC 496.836325
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.597319
CZK 20.79635
DJF 177.924769
DKK 6.404765
DOP 63.61667
DZD 130.138039
EGP 47.221201
ERN 15
ETB 155.347644
EUR 0.85717
FJD 2.281602
FKP 0.745898
GBP 0.744565
GEL 2.695002
GGP 0.745898
GHS 10.710992
GIP 0.745898
GMD 73.999499
GNF 8746.010501
GTQ 7.661093
GYD 209.003753
HKD 7.79388
HNL 26.349679
HRK 6.457699
HTG 130.864134
HUF 330.948498
IDR 16856.35
ILS 3.154315
IMP 0.745898
INR 90.16325
IQD 1308.917143
IRR 42125.000158
ISK 126.17965
JEP 0.745898
JMD 158.233631
JOD 0.708972
JPY 158.040498
KES 129.000242
KGS 87.4435
KHR 4012.663441
KMF 423.999935
KPW 900.00385
KRW 1469.939812
KWD 0.30757
KYD 0.832615
KZT 510.404468
LAK 21598.225814
LBP 89472.763072
LKR 308.886801
LRD 179.345075
LSL 16.536048
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 5.419503
MAD 9.226895
MDL 16.935339
MGA 4632.886632
MKD 52.759469
MMK 2099.741721
MNT 3559.081406
MOP 8.022855
MRU 40.138495
MUR 46.669665
MVR 15.460293
MWK 1732.550308
MXN 17.95336
MYR 4.066016
MZN 63.888227
NAD 16.536048
NGN 1423.820248
NIO 36.772024
NOK 10.06821
NPR 143.984008
NZD 1.739685
OMR 0.3845
PAB 0.999121
PEN 3.360286
PGK 4.263187
PHP 59.284018
PKR 279.684883
PLN 3.6108
PYG 6612.016935
QAR 3.642338
RON 4.363396
RSD 100.555959
RUB 78.859283
RWF 1456.289439
SAR 3.751302
SBD 8.130216
SCR 14.893161
SDG 601.498816
SEK 9.189455
SGD 1.28681
SHP 0.750259
SLE 24.125037
SLL 20969.503664
SOS 570.02887
SRD 38.191006
STD 20697.981008
STN 21.019939
SVC 8.742241
SYP 11059.574895
SZL 16.5314
THB 31.256039
TJS 9.301751
TMT 3.5
TND 2.92504
TOP 2.40776
TRY 43.142145
TTD 6.781886
TWD 31.657987
TZS 2499.635015
UAH 43.096398
UGX 3597.211796
UYU 38.89742
UZS 12098.282459
VES 324.98266
VND 26265
VUV 120.349903
WST 2.783982
XAF 562.780283
XAG 0.011863
XAU 0.000219
XCD 2.70255
XCG 1.800696
XDR 0.699909
XOF 562.76097
XPF 102.315087
YER 238.449624
ZAR 16.455305
ZMK 9001.239242
ZMW 19.358187
ZWL 321.999592
  • AEX

    -0.3000

    987.87

    -0.03%

  • BEL20

    -37.7300

    5202.66

    -0.72%

  • PX1

    -25.0900

    8336.98

    -0.3%

  • ISEQ

    -60.1700

    13020.41

    -0.46%

  • OSEBX

    3.5600

    1700.7

    +0.21%

  • PSI20

    -54.5300

    8466.22

    -0.64%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.8200

    3995.37

    -0.27%

  • N150

    5.8300

    3893.91

    +0.15%

En Guadeloupe, les cimetières privés et familiaux, une tradition sous contrainte
En Guadeloupe, les cimetières privés et familiaux, une tradition sous contrainte / Photo: © AFP

En Guadeloupe, les cimetières privés et familiaux, une tradition sous contrainte

Sur les reliefs verdoyants de Guadeloupe, les cimetières familiaux perpétuent une tradition séculaire. Mais ces lieux de mémoire, nés sur les anciennes habitations esclavagistes, sont aujourd’hui fragilisés par l'urbanisation et le durcissement des réglementations.

Taille du texte:

La pente est rude et escarpée pour grimper le morne (petite montagne) de la section Boisvin, dans la commune des Abymes. Mais à l'arrivée, un peu essoufflé, la vue est imprenable sur les vallons campagnards de la région des Grands Fonds.

"D'ici on peut voir plusieurs cimetières familiaux", explique Christelle Roussas, présidente de l'association Plato la Kaz, qui gère un cimetière privé comme il en existe des dizaines en Guadeloupe, héritage d'un passé où l'on enterrait les morts des habitations esclavagistes sur place.

"Un patrimoine", insiste Christelle Roussas, dont le cimetière est entouré d'un grillage et regroupe, à l'ombre de deux immenses arbres, une vingtaine de tombes. La majorité est faite de gros cailloux de calcaire, surmontées de croix de bois et de fleurs synthétiques.

"Pour monter les cercueils jusqu'ici, on doit avoir plusieurs porteurs qui se relaient", note la jeune femme. "Une fois, un service de pompes funèbres nous a mis à disposition un 4x4", sourit-elle.

Peu de tombes sont marquées et parfois, on ne sait plus trop qui y est enterré, notamment pour les plus anciennes. "Ma grand-mère, qui repose ici, a vécu jusqu'à 100 ans et avait la mémoire des occupants des tombes, qu'elle m'a transmise en partie", reprend Mme Roussas. Et de préciser: "Je n'ai jamais manqué une fête de la Toussaint".

Cette fête religieuse reste une tradition très suivie en Guadeloupe. Quelques jours avant le 1er novembre, les familles se regroupent dans les cimetières, armées de balais et de peinture pour rénover les tombes des ancêtres, souvent carrelées en noir et blanc.

Parfois, on fait aussi "djober" des jeunes gens, payés pour effectuer le travail d'entretien et de décoration. Et le soir de la Toussaint, des milliers de bougies rouges s'allument, dans tous les cimetières. On s'y retrouve, on y boit, on y mange. On peut aussi y taper un "coup de tambour".

"Chez nous, on termine vers deux ou trois heures du matin", rigole Alain Fleurival, également propriétaire d'un cimetière familial aux Abymes, qui en compte pas moins de trente-huit.

Le sien est pris en étau entre la route et un morne. Il compte 14 caveaux et presque autant de sépultures de pierre, très anciennes. Mais "cette année, une cousine est décédée et on nous a dit que ce n'était pas possible de l'inhumer ici", déplore le septuagénaire, qui a donc dû payer une concession au cimetière communal.

- Règlementation -

Cette restriction illustre un phénomène croissant: le durcissement des conditions d'inhumation dans les cimetières familiaux. Le sien avait pourtant subi la visite d'un hydrogéologue, condition obligatoire pour que les permis soient délivrés par la préfecture qui, depuis quelques années, ne transige plus.

"Ce qui pêche, souvent, c'est la distance des habitations", souligne Jimmy Jalton, à la tête d'une entreprise de pompes funèbres, qui précise recevoir "une trentaine de demandes d'inhumation par an, dont à peine 25% aboutissent".

Pour qu'une inhumation ait lieu, elle doit pouvoir se faire à 35 mètres des habitations. Sauf que des constructions sauvages ou des permis de construire ont inexorablement rapproché les maisons. A cela s'ajoute la situation fréquente de terrains en indivision, qui complique les démarches en cas de conflit familial.

"Aux Abymes, seuls six ou sept cimetières privés restent capables d'accueillir des inhumations", reprend Jimmy Jalton.

Un problème car la commune la plus peuplée de Guadeloupe héberge aussi le centre hospitalier de l'archipel.

"Nous sommes tenus d'inhumer toutes les personnes qui décèdent sur notre territoire", rappelle Garry Gladone, chef du service des cimetières à la mairie, pour lequel les sépultures familiales sont un "renfort" bienvenu.

Car, comme de nombreux cimetières communaux guadeloupéens, celui des Abymes est saturé. Au point que certaines dépouilles patientent parfois de longs mois à la morgue du CHU, incapables d'être accueillies, faute de place.

"On recommande aux familles d'anticiper la dernière demeure, de mettre leur cimetière aux normes, ou d'envisager d'autres lieux de repos", prévient Jimmy Jalton: "C'est la meilleure solution pour éviter de contrevenir aux dernières volontés des défunts".

F.Jackson--ThChM