AEX
3.2400
Quatre marins ont réchappé à une violente collision avec un banc de cachalots dans le Pacifique Sud après une longue bataille pour retarder le naufrage, ont-ils raconté jeudi à l'AFP.
Les membres d'équipage du Tai Tam, un voilier de 16 mètres (52 pieds), ont été secourus après leur mésaventure survenue le week-end dernier à 250 milles nautiques au nord de la minuscule île Norfolk.
"Il y a eu un gros bruit sourd, le bateau a été poussé sur le côté", a raconté l'Australienne Jemma Cooper, projetée loin de la barre par la puissance de l'impact.
Elle a vite compris ce qui s'était passé : "Nous avons regardé à bâbord, et il y en avait six à huit, un groupe de cachalots, et nous avons compris", a-t-elle raconté à l'AFP.
Son mari, Jeremy Cooper, dormait sous le pont lorsque l'impact l'a réveillé. Il "a vite compris que c'était très grave. Tout le système de direction était fracassé à tribord, et une grande quantité d'eau entrait dans le bateau", a-t-il décrit.
Une trentaine de minutes après la collision, samedi à 13 heures, heure de Nouvelle-Zélande (24h00 GMT vendredi), ils ont activé une balise de détresse et "lancé un mayday complet", a poursuivi un membre d'équipage néo-zélandais, Terry Hetherington, décrivant les heures suivantes passées à écoper l'eau.
La Royal New Zealand Air Force a envoyé un avion de patrouille P-8A Poseidon. Le Français Martin Jaffré, menuisier et membre de l'équipage, a indiqué que la collision avait laissé "trois ou quatre trous" qui ont en outre "fissuré la fibre de la coque" et le choc "a cassé toute la direction".
Les marins ont essayé de rester à bord le plus longtemps possible, s'efforçant d'empêcher le moteur de s'encrasser et écopant à la main. Tard dans la nuit, ils ont abandonné le bateau et ont gagné un radeau de survie, par mer calme et sous la pleine lune.
Aux premières heures dimanche matin, ils ont coupé l'amarre du yacht, craignant qu'il ne les entraîne vers le fond. Peu après, il a disparu sous les vagues. Un porte-conteneurs de 143 mètres (470 pieds), le MV Sofrana Surville, a secouru les marins à 6 heures du matin dimanche (17h00 GMT samedi), a indiqué l'armée néo-zélandaise — soit environ 18 heures après leur funeste rencontre avec le cachalot.
Cette croisière était "merveilleuse, merveilleuse, avec juste une fin terrible, terrible — mais heureusement, aucune perte humaine", a conclu Jeremy Cooper.
H.Au--ThChM