The China Mail - Bolivie : police et armée lèvent des barrages routiers après la proclamation de l'état d'exception

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Bolivie : police et armée lèvent des barrages routiers après la proclamation de l'état d'exception

Bolivie : police et armée lèvent des barrages routiers après la proclamation de l'état d'exception

La police et l'armée ont commencé samedi à lever les barrages routiers qui paralysent la Bolivie depuis plus de six semaines, après que le président Rodrigo Paz a décrété l'état d'exception pour tenter de mettre fin à la contestation réclamant sa démission.

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Cette mesure, d'une durée de 90 jours, autorise l'armée à appuyer la police et interdit les barrages routiers.

Elle intervient après la signature vendredi d'un accord avec la principale centrale syndicale du pays, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), qui a annoncé la levée des mesures de pression. D'autres organisations ont cependant annoncé le maintien du mouvement.

M. Paz a annoncé au petit matin avoir décrété la mesure "après avoir épuisé toutes les voies du dialogue, conclu des accords avec ceux dont les revendications étaient légitimes et identifié ceux qui utilisaient la violence pour tenter de déstabiliser la Bolivie".

Début mai, la COB avait entamé un mouvement de contestation pour protester contre l'absence de réponses gouvernementales à la crise économique que traverse le pays andin, la plus grave depuis 40 ans.

Les paysans et les ouvriers des usines et des mines ont notamment progressivement rejoint le mouvement, rejetant les propositions de réformes du président de centre droit, dont l'arrivée au pouvoir en novembre a mis fin à 20 ans de gouvernements socialistes.

Les barrages routiers à travers le pays ont entraîné des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant dans plusieurs grandes villes et notamment à La Paz, siège du gouvernement.

- "Trahison" -

Tous les secteurs mobilisés n'ont cependant pas adhéré à l'accord. Des groupes paysans, ainsi que les cultivateurs de coca du Chapare, fief de l'ancien président Evo Morales (2006-2019) dans le centre du pays, poursuivent leur mobilisation.

"Nous avons décidé de durcir les barrages routiers", a déclaré à la chaîne de télévision Unitel le dirigeant d'un des principaux syndicats paysans du pays, Antonio Mallku. "Les frères indigènes se sont sentis trahis" par Mario Argollo et la COB, a-t-il ajouté.

Bien que le nombre de barrages, qui avait dépassé la centaine au plus fort de la contestation, ait diminué, il en restait 36 samedi à la mi-journée, selon les autorités.

A El Alto, près de La Paz, un convoi de véhicules de la police, rejoint par des véhicules blindés de l'armée, procédait dans le calme au dégagement des routes, utilisant notamment des engins de chantier pour évacuer des monticules de terre et autres déchets éparpillés sur la chaussée.

Sur leur passage, certains habitants applaudissaient. Un homme a remis un sac de pain à un policier juché à l'arrière d'un pick-up.

- "Reprendre le contrôle" -

Le président Paz a indiqué avoir ordonné à la police et aux forces armées "de rétablir la libre circulation, reprendre le contrôle des routes et garantir la sécurité de la population". Il a averti que les personnes poursuivant les blocages ou recourant à la violence s'exposeraient à "toute la rigueur de la loi".

Le président bolivien a également justifié sa décision de décréter l'état d'exception en dénonçant une "tentative de coup d'Etat menée par le narcoterrorisme".

Le gouvernement accuse régulièrement Evo Morales, visé par un mandat d'arrêt dans une affaire présumée de traite de mineure - une accusation qu'il rejette - d'avoir encouragé la contestation. Le dirigeant indigène et ancien cultivateur de coca vit dans la clandestinité depuis deux ans.

Interrogé sur une éventuelle intervention des forces de l'ordre dans le Chapare, le ministre de l'Intérieur Marco Antonio Oviedo a déclaré que "s'il faut y entrer, nous y entrerons". "Avec Evo Morales, la loi. Avec le narcoterrorisme, la loi", a-t-il assuré.

C.Smith--ThChM