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L'Ukraine a indiqué dans la nuit que son application mobile d'alerte à la population avait été piratée, une annonce suivie par celle de la Russie rapportant lundi une attaque contre l'application du ministère des Situations d'urgence, peu après la fin d'une trêve localisée sur le front.
Le ministère russe des Situations d'urgence a rapporté que son application mobile servant à alerter la population lors d'attaques de drones ukrainiens et autres dangers avait été visée par une "cyberattaque massive".
Cette attaque a permis à ses auteurs de "diffuser de fausses informations auprès de la population", a écrit le ministère sur Telegram, ajoutant que des travaux étaient en cours pour "corriger la vulnérabilité de l'application mobile et rétablir son fonctionnement normal".
Quelques heures plus tôt, l'armée de l'Air ukrainienne avait indiqué que l'application officielle utilisée dans tout le pays pour être averti en temps réel de menace de frappes aériennes russes, par région, district ou localité, avait été piratée.
La Russie n'a pas indiqué dans l'immédiat qui était responsable de la cyberattaque contre son application, tandis que le Centre ukrainien pour les communications stratégiques (Spravdi) a attribué le piratage de la sienne à la Russie.
"Cela se voit à l'apparition de plusieurs alertes inhabituelles. De plus, un message en russe mentionne +Orechnik+", un missile russe, a indiqué le Spravdi dans une publication sur la plateforme X montrant une capture d'écran de messages sur l'application faisant notamment état d'une menace de radiations nucléaires et de menaces chimiques.
Ces cyberattaques surviennent alors qu'une trêve de six jours a expiré dimanche soir à Olechky. L'arrêt des combats a permis l'évacuation d'habitants de cette ville située sur la ligne de front dans la région de Kherson, aux accès minés, sous le feu croisé des drones russes et ukrainiens, et en proie depuis des mois à de graves pénuries.
- "Etre vigilant" -
Il s'agit du plus long cessez-le-feu depuis le début de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine déclenchée en février 2022. Ni Kiev ni Moscou n'ont fait état de violation de l'accord, à la différence d'autres cessez-le-feu partiels, notamment à l'occasion des Pâques orthodoxes.
Cette pause dans les combats, négociée par la Première dame des États-Unis, Melania Trump, est une "étape importante dans nos efforts humanitaires conjoints" avec la Russie, a déclaré le commissaire du Parlement ukrainien aux droits de l'homme, Dmytro Lubinets.
Des pourparlers sous médiation américaine entre la Russie et l'Ukraine doivent reprendre ce mois-ci, après avoir été de facto gelés depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes contre l'Iran fin février.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré dimanche que son pays cesserait de frapper les raffineries de pétrole russes, comme le demande son homologue américain, Donald Trump, si Washington fournissait à Kiev des missiles intercepteurs Patriot.
L'armée ukrainienne vise désormais quasiment chaque semaine des raffineries, oléoducs et dépôts pétroliers en Russie, pour priver Moscou des revenus tirés de la vente d'hydrocarbures, qui servent notamment à financer son effort de guerre.
Sur le terrain, le chef de l'administration militaire de la région de Kherson, Oleksandre Prokoudine, a exhorté les habitants de la région à "être particulièrement vigilants" et à "répondre immédiatement aux avertissements d'attaques russes" après l'expiration du cessez-le-feu.
Une heure avant la fin de la trêve, le ministère russe de la Défense a écrit, sur Telegram : "On ne ménage pas les munitions, ni l'ennemi. La nuit sera chaude, on est au travail".
La Russie comme l'Ukraine ont par ailleurs continué leurs frappes en dehors de la zone du cessez-le-feu.
Des frappes russes dimanche ont fait trois morts, dont une adolescente de 13 ans, dans les régions de Vinnytsia (centre) et Soumy (nord), selon les autorités ukrainiennes.
bur-bfi/roc
Y.Su--ThChM