The China Mail - D'écolières à femmes au foyer, le destin des Afghanes sous le régime taliban

USD -
AED 3.672503
AFN 63.000163
ALL 81.2693
AMD 368.114362
ANG 1.789819
AOA 918.000101
ARS 1385.017775
AUD 1.381339
AWG 1.8025
AZN 1.698647
BAM 1.666077
BBD 2.014457
BDT 122.941149
BGN 1.666819
BHD 0.377471
BIF 2977.296929
BMD 1
BND 1.273246
BOB 6.911416
BRL 4.894398
BSD 1.000217
BTN 95.599836
BWP 13.500701
BYN 2.796427
BYR 19600
BZD 2.01156
CAD 1.36976
CDF 2225.000249
CHF 0.780699
CLF 0.023209
CLP 913.460237
CNY 6.792102
CNH 6.790655
COP 3788.36
CRC 456.440902
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.93689
CZK 20.749095
DJF 178.103956
DKK 6.369245
DOP 59.027231
DZD 132.402033
EGP 52.9237
ERN 15
ETB 156.17715
EUR 0.852498
FJD 2.18635
FKP 0.732576
GBP 0.738395
GEL 2.669749
GGP 0.732576
GHS 11.291855
GIP 0.732576
GMD 73.499823
GNF 8776.211713
GTQ 7.631494
GYD 209.250717
HKD 7.828365
HNL 26.597149
HRK 6.420198
HTG 130.672573
HUF 304.825497
IDR 17486.1
ILS 2.906503
IMP 0.732576
INR 95.64365
IQD 1310.162706
IRR 1312000.000604
ISK 122.420187
JEP 0.732576
JMD 158.040677
JOD 0.709017
JPY 157.724992
KES 129.102457
KGS 87.449689
KHR 4012.437705
KMF 419.999888
KPW 900.018246
KRW 1491.060229
KWD 0.30817
KYD 0.833461
KZT 463.898117
LAK 21925.486738
LBP 89566.76932
LKR 323.055495
LRD 183.03638
LSL 16.532284
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.327815
MAD 9.128129
MDL 17.117957
MGA 4179.356229
MKD 52.522369
MMK 2098.953745
MNT 3580.85029
MOP 8.064861
MRU 39.897262
MUR 46.810348
MVR 15.398484
MWK 1734.441354
MXN 17.208099
MYR 3.925499
MZN 63.91035
NAD 16.532073
NGN 1370.097429
NIO 36.810495
NOK 9.181565
NPR 152.953704
NZD 1.68306
OMR 0.384494
PAB 1.000175
PEN 3.427819
PGK 4.355862
PHP 61.430996
PKR 278.627173
PLN 3.624798
PYG 6105.472094
QAR 3.645959
RON 4.4348
RSD 100.072026
RUB 73.82814
RWF 1462.859869
SAR 3.754672
SBD 8.029009
SCR 14.151683
SDG 600.497242
SEK 9.290104
SGD 1.27201
SHP 0.746601
SLE 24.62501
SLL 20969.511502
SOS 571.611117
SRD 37.254503
STD 20697.981008
STN 20.871402
SVC 8.751171
SYP 110.529423
SZL 16.526884
THB 32.328504
TJS 9.351751
TMT 3.5
TND 2.908879
TOP 2.40776
TRY 45.416497
TTD 6.787631
TWD 31.515497
TZS 2608.900639
UAH 43.959484
UGX 3759.408104
UYU 39.772219
UZS 12133.112416
VES 504.28356
VND 26348
VUV 118.32345
WST 2.709295
XAF 558.801055
XAG 0.01155
XAU 0.000212
XCD 2.70255
XCG 1.802539
XDR 0.694969
XOF 558.801055
XPF 101.593413
YER 238.649397
ZAR 16.47235
ZMK 9001.199405
ZMW 18.8284
ZWL 321.999592
  • AEX

    8.3000

    1007.73

    +0.83%

  • BEL20

    42.6600

    5512.15

    +0.78%

  • PX1

    23.1400

    8002.12

    +0.29%

  • ISEQ

    57.3900

    12534.04

    +0.46%

  • OSEBX

    8.9300

    1993.47

    +0.45%

  • PSI20

    44.3400

    9094.23

    +0.49%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    23.7800

    4123.54

    +0.58%

  • N150

    23.7900

    4198.1

    +0.57%

D'écolières à femmes au foyer, le destin des Afghanes sous le régime taliban
D'écolières à femmes au foyer, le destin des Afghanes sous le régime taliban / Photo: © AFP

D'écolières à femmes au foyer, le destin des Afghanes sous le régime taliban

A 13 ans, Zainab aurait dû acheter un nouvel uniforme pour la rentrée scolaire cet automne. Mais faute de voir les écoles pour filles rouvrir sous le régime taliban, la jeune Afghane a été contrainte de choisir une robe de mariée à la place.

Taille du texte:

Depuis que les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan en août 2021 et interdit les écoles secondaires (collège et lycée) aux adolescentes, nombre d'entre elles ont été forcées de se marier, souvent à des hommes beaucoup plus âgés choisis par leur père.

"J'ai beaucoup pleuré et je n'ai pas cessé de dire à mon père que les talibans allaient rouvrir les écoles pour filles", confie Zainab depuis la ville de Kandahar au sud de l'Afghanistan.

"Mais il m'a répondu que ça n'allait pas arriver et que ce serait mieux si je me mariais, plutôt que de rester sans rien faire à la maison".

Son mariage a été conclu quelques heures après l'arrivée du futur marié avec quelques moutons et chèvres, ainsi que quatre sacs de riz en guise de dot pour la famille de son épouse.

Comme le veut la tradition, Zainab a déménagé chez sa belle-famille où elle vit avec son époux de 17 ans son aîné. "Personne ne m'a demandé mon avis", explique-t-elle.

Avec le retour au pouvoir des talibans et leur interprétation ultra-rigoriste de l'islam, l'Afghanistan est devenu le seul pays au monde où l'école secondaire est interdite aux filles.

Dans une société profondément patriarcale et frappée par une crise économique, de nombreux parents ont accéléré les mariages des adolescentes, la plupart du temps confinées à la maison par les interdictions imposées par les talibans.

"Dans la maison de mes parents, j'avais l'habitude de me lever tard (...) Ici tout le monde me réprimande", explique Zainab à l'AFP. "Ils me disent: +On a tant dépensé pour toi et tu ne sais rien faire+".

Les parents ont de plus en plus le sentiment qu'il n'y a pas d'avenir pour les filles en Afghanistan, relève Mohammad Mashal, responsable d'une association d'enseignants d'Hérat.

"Il se disent que c'est mieux si leurs filles se marient et débutent une nouvelle vie".

En mars, les autorités ont annulé la réouverture des écoles pour filles affirmant que l'interdiction n'est que temporaire. Mais une litanie d'excuses ont été avancées pour justifier cette fermeture et pour de nombreuses adolescentes, il est déjà trop tard.

- "Maintenant je fais la vaisselle" -

"Je n'avais jamais imaginé que j'arrêterais l'école pour devenir mère au foyer à la place", explique Maryam dont le prénom, comme celui des autres témoignages, a été changé pour des questions de sécurité.

"Mes parents m'ont toujours encouragée, mais face à une telle situation, même ma mère n'a pas pu s'opposer à mon mariage", raconte Maryam.

La jeune fille, qui vient d'arrêter ses études à 16 ans, était scolarisée dans un village jusqu'à ce que ses parents décident de déménager il y a quelques années pour Charikar, la capitale de la province de Parvan, afin que leurs enfants puissent étudier à l'université.

"Au lieu d'étudier, maintenant je fais la vaisselle, la lessive et je passe la serpillère. C'est si dur", dit-elle en servant le petit déjeuner à son père Abdul Qadir, 45 ans.

"Je voulais qu'elles (Maryam et ses soeurs, ndlr) terminent leurs études universitaires parce que j'avais travaillé dur pour cela et déjà dépensé tant d'argent pour elles", explique le père. "Mais ma précédente expérience des talibans me dit qu'ils ne reviendront pas sur leur décision".

Ce fonctionnaire, dont le salaire a été presque divisé par deux sous le régime taliban, a dû vendre quelques biens pour nourrir sa famille, qui vit en location dans un appartement.

"En Afghanistan, les filles n'ont pas beaucoup d'opportunités et les propositions de mariage s'arrêtent après un certain âge", explique-t-il.

Les mariages précoces, particulièrement fréquents dans les zones rurales d'Afghanistan où les dots sont données aux familles des épouses, sont une source de revenus vitale.

Mais ils ne sont pas sans conséquence: ils font augmenter les taux de mortalité infantile et maternelle.

- Une fille est "une charge" -

Depuis le départ des forces étrangères du pays, les aides internationales dont dépend l'économie afghane ont été largement coupées, ce qui a engendré un chômage de masse et laissé la moitié des 38 millions d'habitants confrontés à la famine, selon les organisations humanitaires.

Par sacrifice, certaines jeunes femmes s'offrent en mariage, afin d'apporter à leur famille une rare source de revenus.

"(Mon père) ne m'a pas forcée, mais la situation était telle que j'ai accepté une proposition et me suis fiancée", raconte Sumayya, 15 ans, à Kaboul.

Sara, 20 ans, et Fatima, 19 ans, deux soeurs, étaient à quelques mois des examens d'entrée à l'université lorsque leur école a été fermée, les empêchant ainsi d'obtenir leur diplôme de fin d'études secondaires.

L'une comme l'autre expliquent qu'avec la mort de leur père du Covid-19, elles n'ont pas d'autre choix que de commencer à rechercher un mari.

"Ma conscience me dit qu'il vaut mieux se marier que d'être un fardeau pour ma famille", dit Fatima.

W.Cheng--ThChM