The China Mail - Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans

USD -
AED 3.672498
AFN 65.000488
ALL 79.32497
AMD 364.960097
ANG 1.789783
AOA 917.999792
ARS 1497.2397
AUD 1.40412
AWG 1.80125
AZN 1.690866
BAM 1.685279
BBD 2.014312
BDT 122.212456
BGN 1.696366
BHD 0.377005
BIF 2986
BMD 1
BND 1.276583
BOB 11.555778
BRL 5.178098
BSD 1.000134
BTN 95.716237
BWP 13.507738
BYN 3.041998
BYR 19600
BZD 2.011383
CAD 1.380935
CDF 2272.99999
CHF 0.797834
CLF 0.023418
CLP 921.659905
CNY 6.729749
CNH 6.72958
COP 3053.19
CRC 447.54835
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.874977
CZK 20.70285
DJF 177.719822
DKK 6.40322
DOP 58.949624
DZD 132.843962
EGP 50.651017
ERN 15
ETB 160.874996
EUR 0.85653
FJD 2.19835
FKP 0.738395
GBP 0.735275
GEL 2.597594
GGP 0.738395
GHS 11.105049
GIP 0.738395
GMD 73.52774
GNF 8774.999949
GTQ 7.631759
GYD 209.237901
HKD 7.840179
HNL 26.87979
HRK 6.450196
HTG 130.81205
HUF 311.996501
IDR 17815
ILS 2.97705
IMP 0.738395
INR 95.49625
IQD 1310.5
IRR 1374599.999918
ISK 121.796955
JEP 0.738395
JMD 158.032606
JOD 0.708992
JPY 158.343984
KES 129.440247
KGS 87.450182
KHR 4045.000113
KMF 421.999741
KPW 900.000294
KRW 1387.674991
KWD 0.308251
KYD 0.83342
KZT 461.963991
LAK 22526.000378
LBP 89550.000433
LKR 330.989556
LRD 181.150105
LSL 16.18967
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.350172
MAD 9.24725
MDL 17.247441
MGA 4300.000127
MKD 52.688596
MMK 2099.245957
MNT 3597.150887
MOP 8.077223
MRU 40.109942
MUR 46.979738
MVR 15.449802
MWK 1736.000031
MXN 16.953502
MYR 4.044902
MZN 63.895028
NAD 16.085792
NGN 1350.259776
NIO 36.669489
NOK 9.331765
NPR 153.14945
NZD 1.68476
OMR 0.384516
PAB 1.000134
PEN 3.364503
PGK 4.41625
PHP 61.7465
PKR 277.60292
PLN 3.699935
PYG 6016.268569
QAR 3.64402
RON 4.493598
RSD 100.474989
RUB 83.999974
RWF 1467
SAR 3.756199
SBD 8.032258
SCR 14.221191
SDG 601.476319
SEK 9.44274
SGD 1.271505
SHP 0.740866
SLE 24.591475
SLL 20969.499227
SOS 571.498187
SRD 37.741982
STD 20697.981008
STN 21.375
SVC 8.751136
SYP 13001.999906
SZL 16.096697
THB 32.869844
TJS 9.225924
TMT 3.5
TND 2.89725
TOP 2.40776
TRY 47.950397
TTD 6.783882
TWD 31.830387
TZS 2647.726015
UAH 44.716187
UGX 3730.144027
UYU 40.085479
UZS 11817.496955
VES 776.44435
VND 26180.5
VUV 118.215486
WST 2.715898
XAF 565.226795
XAG 0.01491
XAU 0.000221
XCD 2.70255
XCG 1.802445
XDR 0.707052
XOF 564.999819
XPF 103.501496
YER 237.074981
ZAR 16.09916
ZMK 9001.198067
ZMW 18.726547
ZWL 321.999592
  • AEX

    -4.8700

    1102.43

    -0.44%

  • BEL20

    -10.9400

    5747.89

    -0.19%

  • PX1

    -7.6600

    8501.91

    -0.09%

  • ISEQ

    -109.8700

    13976.27

    -0.78%

  • OSEBX

    -0.8300

    2080.67

    -0.04%

  • PSI20

    -66.0700

    9238.9

    -0.71%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    63.9400

    4835.92

    +1.34%

  • N150

    0.0000

    4299.81

    0%

Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans
Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans / Photo: © AFP/Archives

Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans

Des yeux bleus céruléens, la tempe tatouée d'un poignard, Mykola Lebedev a un regard d'enfant à la détermination d'adulte. À 18 ans, il va lancer sa première grenade.

Taille du texte:

L'Ukraine, qui lutte depuis 2022 contre l'invasion russe et manque d'effectifs, a abaissé l'an dernier l'âge de la mobilisation à 25 ans. Pressée par les Etats-Unis d'abaisser à nouveau cet âge, l'armée tente d'attirer depuis février les 18-24 ans avec un contrat assorti d'avantages financiers.

Comme Mykola, Kolya pour les intimes, qui montera bientôt à l'assaut des positions russes dans l'Est. Pour survivre, il s'entraîne avec son unité dans un lieu tenu secret.

Son instructeur esquisse un signe de croix. Kolya dégoupille, lance. L'explosion fait bondir la cave.

"Tes mains tremblent. Félicitations, tu as perdu ta virginité !", lance son supérieur. Kolya se relève péniblement toussant et crachant sur le sol jonché d'habits d'enfants.

Autour de lui, les ruines s'alignent sur les collines calcinées. Elles furent jadis un village, un temps occupé par Moscou, puis emporté par les obus.

Le 26 février 2022, deux jours après le début de l'invasion, le village voisin de Kolya, dans le sud de l'Ukraine, tombe aux mains des forces russes.

"Les corps déchiquetés, les destructions, c'était très dur". À 15 ans, sa décision de rejoindre l'armée était prise : "Je ne pouvais pas rester les bras croisés".

Sous la pression de ses parents, Kolya quitte cependant l'Ukraine juste avant sa majorité.

"Mal à l'aise" en Pologne, il revient, et en dépit des larmes de sa mère, signe son contrat en juillet dernier.

- Espoir de l'Ukraine -

Kolya et les autres jeunes volontaires sont "l'espoir de l'Ukraine", glisse un formateur de 25 ans, déjà vétéran. "Mais leur guerre sera plus dure que la nôtre".

La faute aux drones explosifs russes, qui, depuis quelques mois, infestent le front, devenu une zone létale d'une quinzaine de kilomètres.

Tapis dans une maison, Kolya et deux jeunes camarades s'entraînent à leur échapper. Engoncé dans son gilet pare-balle, il serre son arme contre lui, oppressé par les vrombissements stridents qui résonnent dans les couloirs.

Au front, les hurlements de drones qui traumatisent les soldats, sont utilisés pour épuiser l’ennemi.

Quand le silence se fait, le groupe se rue dehors pour s’abriter dans un bosquet. Mais en un sifflement, le drone s’écrase à leur pied. "Vous êtes morts", lâche l’instructeur.

"Pourquoi n'as-tu pas écouté le ciel ?" "On ne l’avait pas vu", répond Kolya en boitant. "Putain de drone. Je me suis méchamment cassé la gueule..."

Kolya dit faire confiance "à ses bonnes jambes" pour ne pas mourir. Et s'il les perd au front, "tu y attaches un bâton, et tu continues !"

La guerre lui a déjà pris un ami, a grièvement blessé un autre, et brûlé son oncle à plus de "90%".

Son père combat et son beau-père, l'un des seul survivants de son peloton décimé par un obus, a déserté pour veiller sur ses trois enfants.

Quand Kolya lui a annoncé sa conscription, "il m’a traité d’idiot", dit-il en riant.

- "Celui qui crève a perdu" -

Si le nombre des 18-24 ans déjà recrutés est "confidentiel" selon les autorités, accréditant l'idée d'un faible succès, les bénéfices sont connus.

En signant son contrat, Kolya touche une prime de 21.000 euros, un salaire mensuel pouvant aller jusqu’à 2.800 euros, des prêts immobiliers – avantages inexistants pour les appelés.

Au bout de douze mois, il pourra aussi quitter l’armée pour un an; les mobilisés, eux, n’ont aucun délai.

Une différence de traitement au sein de son unité à laquelle "tout le monde pense, mais dont personne ne parle".

Sous le patio du baraquement, contractants et mobilisés nettoient religieusement leurs kalachnikovs. Sentir son fusil en main, pour Kolya, c'est "maintenir un équilibre entre la vie et la mort".

Pour leur première mission, ils seront dans les tranchées, où ils attendront la relève pendant des mois.

"Mais pour parler de rotation, encore faudrait-il que des gens reviennent...", avait glissé un soldat à l'AFP.

Entre eux, ils ne discutent pas de ces choses-là, se comprennent "sans parler" - seulement quelques blagues: "Celui qui crève a perdu !"

Sa première mission, Kolya l'imagine ainsi: "le sang, les cris, les explosions". Mais il l'assure, il n'a pas peur. "La seule chose qui me manque, c'est la musique". Et sa copine, dernier lien avec la vie civile. Quand le dimanche, il peut utiliser son téléphone, ils s’appellent quelques heures. "Je t'aime, tu me manques. Classique...", résume-t-il.

Une bouffée de sa cigarette révèle les derniers rayons de soleil d'automne qui lui font plisser des yeux juvéniles. Dans un mois, il fera face aux troupes russes.

R.Yeung--ThChM