The China Mail - Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans

USD -
AED 3.672501
AFN 64.498808
ALL 81.039781
AMD 377.510312
ANG 1.79008
AOA 916.999994
ARS 1404.499139
AUD 1.404494
AWG 1.8
AZN 1.687314
BAM 1.642722
BBD 2.014547
BDT 122.351617
BGN 1.67937
BHD 0.377025
BIF 2955
BMD 1
BND 1.262741
BOB 6.911728
BRL 5.200898
BSD 1.000176
BTN 90.647035
BWP 13.104482
BYN 2.868926
BYR 19600
BZD 2.011608
CAD 1.35844
CDF 2225.000269
CHF 0.771425
CLF 0.021644
CLP 854.639905
CNY 6.91325
CNH 6.90663
COP 3671.28
CRC 494.712705
CUC 1
CUP 26.5
CVE 92.897402
CZK 20.43085
DJF 177.71998
DKK 6.2955
DOP 62.625003
DZD 129.582328
EGP 46.776799
ERN 15
ETB 155.050186
EUR 0.84264
FJD 2.18635
FKP 0.731875
GBP 0.73435
GEL 2.69028
GGP 0.731875
GHS 11.005005
GIP 0.731875
GMD 73.501046
GNF 8779.999882
GTQ 7.671019
GYD 209.257595
HKD 7.81621
HNL 26.505002
HRK 6.344696
HTG 131.086819
HUF 319.663499
IDR 16800.45
ILS 3.077095
IMP 0.731875
INR 90.73605
IQD 1310.5
IRR 42125.000158
ISK 122.359394
JEP 0.731875
JMD 156.494496
JOD 0.709003
JPY 153.421964
KES 128.999894
KGS 87.450398
KHR 4029.999687
KMF 414.999797
KPW 899.999067
KRW 1449.960032
KWD 0.30697
KYD 0.83354
KZT 493.505294
LAK 21445.000286
LBP 89733.661066
LKR 309.394121
LRD 186.550374
LSL 15.860192
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.288836
MAD 9.13875
MDL 16.898415
MGA 4430.000238
MKD 51.915295
MMK 2099.913606
MNT 3568.190929
MOP 8.053234
MRU 39.905058
MUR 45.679983
MVR 15.4599
MWK 1736.505582
MXN 17.206096
MYR 3.915502
MZN 63.8841
NAD 15.960196
NGN 1351.579862
NIO 36.714983
NOK 9.49152
NPR 145.034815
NZD 1.654135
OMR 0.384495
PAB 1.000181
PEN 3.354986
PGK 4.183501
PHP 58.284977
PKR 279.587483
PLN 3.552305
PYG 6605.156289
QAR 3.64125
RON 4.289598
RSD 98.889046
RUB 77.10069
RWF 1452.5
SAR 3.750395
SBD 8.048395
SCR 13.767722
SDG 601.502932
SEK 8.901904
SGD 1.262605
SHP 0.750259
SLE 24.249903
SLL 20969.499267
SOS 571.510487
SRD 37.77701
STD 20697.981008
STN 20.95
SVC 8.752
SYP 11059.574895
SZL 15.85973
THB 31.110186
TJS 9.391982
TMT 3.5
TND 2.83525
TOP 2.40776
TRY 43.637199
TTD 6.783192
TWD 31.350903
TZS 2590.154015
UAH 43.034895
UGX 3536.076803
UYU 38.350895
UZS 12300.000058
VES 388.253525
VND 26000
VUV 119.366255
WST 2.707053
XAF 550.953523
XAG 0.012153
XAU 0.000198
XCD 2.70255
XCG 1.802643
XDR 0.685659
XOF 549.506089
XPF 100.749968
YER 238.406014
ZAR 15.880545
ZMK 9001.202368
ZMW 19.029301
ZWL 321.999592
  • AEX

    4.8200

    1008.96

    +0.48%

  • BEL20

    12.2800

    5594.88

    +0.22%

  • PX1

    -14.9900

    8313.24

    -0.18%

  • ISEQ

    -136.0700

    13074.51

    -1.03%

  • OSEBX

    2.7400

    1828.17

    +0.15%

  • PSI20

    117.2900

    9070.52

    +1.31%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -59.9600

    4046.81

    -1.46%

  • N150

    -6.9200

    4065.4

    -0.17%

Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans
Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans / Photo: © AFP/Archives

Deux jours dans la vie de Kolya, recrue ukrainienne de 18 ans

Des yeux bleus céruléens, la tempe tatouée d'un poignard, Mykola Lebedev a un regard d'enfant à la détermination d'adulte. À 18 ans, il va lancer sa première grenade.

Taille du texte:

L'Ukraine, qui lutte depuis 2022 contre l'invasion russe et manque d'effectifs, a abaissé l'an dernier l'âge de la mobilisation à 25 ans. Pressée par les Etats-Unis d'abaisser à nouveau cet âge, l'armée tente d'attirer depuis février les 18-24 ans avec un contrat assorti d'avantages financiers.

Comme Mykola, Kolya pour les intimes, qui montera bientôt à l'assaut des positions russes dans l'Est. Pour survivre, il s'entraîne avec son unité dans un lieu tenu secret.

Son instructeur esquisse un signe de croix. Kolya dégoupille, lance. L'explosion fait bondir la cave.

"Tes mains tremblent. Félicitations, tu as perdu ta virginité !", lance son supérieur. Kolya se relève péniblement toussant et crachant sur le sol jonché d'habits d'enfants.

Autour de lui, les ruines s'alignent sur les collines calcinées. Elles furent jadis un village, un temps occupé par Moscou, puis emporté par les obus.

Le 26 février 2022, deux jours après le début de l'invasion, le village voisin de Kolya, dans le sud de l'Ukraine, tombe aux mains des forces russes.

"Les corps déchiquetés, les destructions, c'était très dur". À 15 ans, sa décision de rejoindre l'armée était prise : "Je ne pouvais pas rester les bras croisés".

Sous la pression de ses parents, Kolya quitte cependant l'Ukraine juste avant sa majorité.

"Mal à l'aise" en Pologne, il revient, et en dépit des larmes de sa mère, signe son contrat en juillet dernier.

- Espoir de l'Ukraine -

Kolya et les autres jeunes volontaires sont "l'espoir de l'Ukraine", glisse un formateur de 25 ans, déjà vétéran. "Mais leur guerre sera plus dure que la nôtre".

La faute aux drones explosifs russes, qui, depuis quelques mois, infestent le front, devenu une zone létale d'une quinzaine de kilomètres.

Tapis dans une maison, Kolya et deux jeunes camarades s'entraînent à leur échapper. Engoncé dans son gilet pare-balle, il serre son arme contre lui, oppressé par les vrombissements stridents qui résonnent dans les couloirs.

Au front, les hurlements de drones qui traumatisent les soldats, sont utilisés pour épuiser l’ennemi.

Quand le silence se fait, le groupe se rue dehors pour s’abriter dans un bosquet. Mais en un sifflement, le drone s’écrase à leur pied. "Vous êtes morts", lâche l’instructeur.

"Pourquoi n'as-tu pas écouté le ciel ?" "On ne l’avait pas vu", répond Kolya en boitant. "Putain de drone. Je me suis méchamment cassé la gueule..."

Kolya dit faire confiance "à ses bonnes jambes" pour ne pas mourir. Et s'il les perd au front, "tu y attaches un bâton, et tu continues !"

La guerre lui a déjà pris un ami, a grièvement blessé un autre, et brûlé son oncle à plus de "90%".

Son père combat et son beau-père, l'un des seul survivants de son peloton décimé par un obus, a déserté pour veiller sur ses trois enfants.

Quand Kolya lui a annoncé sa conscription, "il m’a traité d’idiot", dit-il en riant.

- "Celui qui crève a perdu" -

Si le nombre des 18-24 ans déjà recrutés est "confidentiel" selon les autorités, accréditant l'idée d'un faible succès, les bénéfices sont connus.

En signant son contrat, Kolya touche une prime de 21.000 euros, un salaire mensuel pouvant aller jusqu’à 2.800 euros, des prêts immobiliers – avantages inexistants pour les appelés.

Au bout de douze mois, il pourra aussi quitter l’armée pour un an; les mobilisés, eux, n’ont aucun délai.

Une différence de traitement au sein de son unité à laquelle "tout le monde pense, mais dont personne ne parle".

Sous le patio du baraquement, contractants et mobilisés nettoient religieusement leurs kalachnikovs. Sentir son fusil en main, pour Kolya, c'est "maintenir un équilibre entre la vie et la mort".

Pour leur première mission, ils seront dans les tranchées, où ils attendront la relève pendant des mois.

"Mais pour parler de rotation, encore faudrait-il que des gens reviennent...", avait glissé un soldat à l'AFP.

Entre eux, ils ne discutent pas de ces choses-là, se comprennent "sans parler" - seulement quelques blagues: "Celui qui crève a perdu !"

Sa première mission, Kolya l'imagine ainsi: "le sang, les cris, les explosions". Mais il l'assure, il n'a pas peur. "La seule chose qui me manque, c'est la musique". Et sa copine, dernier lien avec la vie civile. Quand le dimanche, il peut utiliser son téléphone, ils s’appellent quelques heures. "Je t'aime, tu me manques. Classique...", résume-t-il.

Une bouffée de sa cigarette révèle les derniers rayons de soleil d'automne qui lui font plisser des yeux juvéniles. Dans un mois, il fera face aux troupes russes.

R.Yeung--ThChM