The China Mail - Répression électorale: la Tanzanie "a perdu sa dignité", dénonce un archevêque

USD -
AED 3.672498
AFN 65.000488
ALL 79.32497
AMD 364.960097
ANG 1.789783
AOA 917.999792
ARS 1497.2397
AUD 1.40412
AWG 1.80125
AZN 1.690866
BAM 1.685279
BBD 2.014312
BDT 122.212456
BGN 1.696366
BHD 0.377005
BIF 2986
BMD 1
BND 1.276583
BOB 11.555778
BRL 5.178098
BSD 1.000134
BTN 95.716237
BWP 13.507738
BYN 3.041998
BYR 19600
BZD 2.011383
CAD 1.380935
CDF 2272.99999
CHF 0.797834
CLF 0.023418
CLP 921.659905
CNY 6.729749
CNH 6.72958
COP 3053.19
CRC 447.54835
CUC 1
CUP 26.5
CVE 94.874977
CZK 20.70285
DJF 177.719822
DKK 6.40322
DOP 58.949624
DZD 132.843962
EGP 50.651017
ERN 15
ETB 160.874996
EUR 0.85653
FJD 2.19835
FKP 0.738395
GBP 0.735275
GEL 2.597594
GGP 0.738395
GHS 11.105049
GIP 0.738395
GMD 73.52774
GNF 8774.999949
GTQ 7.631759
GYD 209.237901
HKD 7.840179
HNL 26.87979
HRK 6.450196
HTG 130.81205
HUF 311.996501
IDR 17815
ILS 2.97705
IMP 0.738395
INR 95.49625
IQD 1310.5
IRR 1374599.999918
ISK 121.796955
JEP 0.738395
JMD 158.032606
JOD 0.708992
JPY 158.343984
KES 129.440247
KGS 87.450182
KHR 4045.000113
KMF 421.999741
KPW 900.000294
KRW 1387.674991
KWD 0.308251
KYD 0.83342
KZT 461.963991
LAK 22526.000378
LBP 89550.000433
LKR 330.989556
LRD 181.150105
LSL 16.18967
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.350172
MAD 9.24725
MDL 17.247441
MGA 4300.000127
MKD 52.688596
MMK 2099.245957
MNT 3597.150887
MOP 8.077223
MRU 40.109942
MUR 46.979738
MVR 15.449802
MWK 1736.000031
MXN 16.953502
MYR 4.044902
MZN 63.895028
NAD 16.085792
NGN 1350.259776
NIO 36.669489
NOK 9.331765
NPR 153.14945
NZD 1.68476
OMR 0.384516
PAB 1.000134
PEN 3.364503
PGK 4.41625
PHP 61.7465
PKR 277.60292
PLN 3.699935
PYG 6016.268569
QAR 3.64402
RON 4.493598
RSD 100.474989
RUB 83.999974
RWF 1467
SAR 3.756199
SBD 8.032258
SCR 14.221191
SDG 601.476319
SEK 9.44274
SGD 1.271505
SHP 0.740866
SLE 24.591475
SLL 20969.499227
SOS 571.498187
SRD 37.741982
STD 20697.981008
STN 21.375
SVC 8.751136
SYP 13001.999906
SZL 16.096697
THB 32.869844
TJS 9.225924
TMT 3.5
TND 2.89725
TOP 2.40776
TRY 47.950397
TTD 6.783882
TWD 31.830387
TZS 2647.726015
UAH 44.716187
UGX 3730.144027
UYU 40.085479
UZS 11817.496955
VES 776.44435
VND 26180.5
VUV 118.215486
WST 2.715898
XAF 565.226795
XAG 0.01491
XAU 0.000221
XCD 2.70255
XCG 1.802445
XDR 0.707052
XOF 564.999819
XPF 103.501496
YER 237.074981
ZAR 16.09916
ZMK 9001.198067
ZMW 18.726547
ZWL 321.999592
  • AEX

    -4.8700

    1102.43

    -0.44%

  • BEL20

    -10.9400

    5747.89

    -0.19%

  • PX1

    -7.6600

    8501.91

    -0.09%

  • ISEQ

    -109.8700

    13976.27

    -0.78%

  • OSEBX

    -0.8300

    2080.67

    -0.04%

  • PSI20

    -66.0700

    9238.9

    -0.71%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    63.9400

    4835.92

    +1.34%

  • N150

    0.0000

    4299.81

    0%

Répression électorale: la Tanzanie "a perdu sa dignité", dénonce un archevêque
Répression électorale: la Tanzanie "a perdu sa dignité", dénonce un archevêque / Photo: © AFP

Répression électorale: la Tanzanie "a perdu sa dignité", dénonce un archevêque

La cathédrale Saint-Joseph de Dar es Salaam était comble lundi pour un office dédié aux morts des manifestations électorales réprimées dans le sang fin octobre. A l'autel, l’archevêque s'est montré sans équivoque à l'égard des autorités : la Tanzanie "a perdu sa dignité".

Taille du texte:

La pays d'Afrique de l'Est a sombré dans le chaos le 29 octobre, jour d'élections législatives et présidentielle frauduleuses, selon l'opposition et des observateurs étrangers. Pendant plusieurs jours, des manifestations anti-pouvoir se sont tenues dans de nombreuses villes du pays.

Le principal parti d'opposition, Chadema, a avancé le chiffre d'au moins 800 morts lors de la brutale répression des contestations. Des sources diplomatique et sécuritaire ont corroboré l'idée que des centaines, voire des milliers de personnes, ont été tuées en marge des élections.

Mais les autorités tanzaniennes refusent de communiquer tout bilan humain, se bornant à regretter des "vies perdues".

"Notre nation a été blessée et a perdu sa dignité à cause de ce qui s'est passé pendant la semaine des élections législatives et présidentielle, a dénoncé Jude Thaddaeus Ruwa'ichi, vêtu d'une robe mauve. Elle a non seulement perdu son honneur, mais aussi son peuple, des citoyens qui ont été tués illégalement."

"Certaines personnes ont été tuées alors qu'elles manifestaient, mais la peine encourue pour avoir protesté (ne devrait pas être) la mort par balle. D'autres ont été tuées chez elles, poursuivies et assassinées à l'intérieur même de leur domicile".

Des propos extrêmement forts, venant d'une autorité morale respectée, à l'encontre d'un pouvoir se distinguant par un tour de vis répressif "sans précédent" ces dernières décennies, selon des diplomates et défenseurs des droits humains interrogés par l'AFP.

Sur les réseaux sociaux, quelques voix courageuses, dont une célèbre militante tanzanienne vivant aux Etats-Unis, postent des photos et vidéos insoutenables, preuves des récentes tueries, que le pouvoir tente d'étouffer.

Les cadavres succèdent aux cadavres, les mares de sang aux images d'hommes en arme tirant sur des Tanzaniens désarmés.

Des contenus aux origines difficiles à tracer, dont le service de fact-checking de l'AFP a pu constater que certains n'avaient jamais été postés auparavant. Des éléments montrent toutefois qu'ils ont été pris en Tanzanie. La langue employée est aussi le swahili tanzanien.

- "Honte devant Dieu" -

"Il n'y a aucune justification ou pardon pour de tels actes. Ils sont une honte devant Dieu", tonne l'archevêque Ruwa'ichi, devant des centaines de fidèles silencieux, dont certains allument des bougies pour leurs défunts. Mais aucun n'accepte de parler à l'AFP, par peur de représailles des autorités.

Interrogée lundi par téléphone par l'AFP, une femme, dont le mari, un commerçant, a été abattu le 29 octobre, a raconté comment celui-ci, après être resté resté dans leur maison avec leurs enfants toute la journée, était parti chercher de quoi manger, elle-même étant hors de Dar es Salaam.

"Il a été touché au ventre. (...) Des voisins ont vu ce qui s'est passé, mais ils n'ont malheureusement rien pu faire", a-t-elle narré.

"Nous avons cherché son corps dans différents hôpitaux et morgues, mais en vain. On le laisse à Dieu", a poursuivi cette femme, alors que les autorités tanzaniennes sont accusées d'avoir fait disparaître de nombreux cadavres, parfois dans des fosses communes, pour dissimuler leurs forfaits.

Samedi, le vice-président Emmanuel Nchimbi a toutefois annoncé un plan de "réconciliation" pour que la Tanzanie demeure un pays "pacifique, uni et stable".

"Il y a du sang, beaucoup de sang qui est encore frais. Il doit être purifié en permettant aux familles d'enterrer et de pleurer leurs proches, lui a répondu dimanche Benson Bagonza, évèque de l'Eglise évangélique luthérienne de Tanzanie, sur Facebook. Sans cela, entrer dans des discussions de réconciliation revient à nous couvrir de sang."

Début novembre, le père Charles Kitima, secrétaire de la conférence de évêques catholiques à Dar es Salaam, avait dénoncé à l'AFP un "régime totalitaire".

Lui-même avait été agressé et gravement blessé en avril après s'être exprimé publiquement contre le pouvoir. La Tanzanie connaissait alors "vague de terreur" en amont du scrutin, ses voix critiques étant réduites au silence, selon Amnesty international.

Sans opposant d'envergure face à elle, la cheffe de l'Etat Samia Suluhu Hassan a officiellement remporté la présidentielle avec près de 98% des suffrages.

M.Zhou--ThChM