The China Mail - A Arques, la verrerie qui était "le poumon de la ville"

USD -
AED 3.672505
AFN 65.999524
ALL 80.129174
AMD 366.064761
ANG 1.789783
AOA 917.999667
ARS 1487.874987
AUD 1.407876
AWG 1.8025
AZN 1.699729
BAM 1.688575
BBD 2.01528
BDT 122.78604
BGN 1.696366
BHD 0.377422
BIF 2987.872534
BMD 1
BND 1.277421
BOB 11.622656
BRL 5.201703
BSD 1.000561
BTN 95.610135
BWP 13.472523
BYN 3.044058
BYR 19600
BZD 2.012431
CAD 1.38658
CDF 2274.999724
CHF 0.811755
CLF 0.023246
CLP 914.90984
CNY 6.74065
CNH 6.74581
COP 3134.83
CRC 449.521639
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.649929
CZK 20.89705
DJF 178.184487
DKK 6.45877
DOP 58.749749
DZD 132.997971
EGP 50.465095
ERN 15
ETB 161.895823
EUR 0.86397
FJD 2.206603
FKP 0.73738
GBP 0.739117
GEL 2.596877
GGP 0.73738
GHS 11.000405
GIP 0.73738
GMD 73.503744
GNF 8791.64526
GTQ 7.635558
GYD 209.356235
HKD 7.843465
HNL 26.825012
HRK 6.508599
HTG 130.953049
HUF 314.805986
IDR 17873.6
ILS 2.99065
IMP 0.73738
INR 95.658394
IQD 1309.5
IRR 1374550.000164
ISK 122.850464
JEP 0.73738
JMD 158.54006
JOD 0.708971
JPY 159.675503
KES 129.550255
KGS 87.449823
KHR 4043.604965
KMF 425.000227
KPW 900.000294
KRW 1412.34504
KWD 0.30877
KYD 0.833912
KZT 461.254883
LAK 22576.146789
LBP 89621.50027
LKR 332.062601
LRD 181.611775
LSL 16.177528
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.357319
MAD 9.294996
MDL 17.22871
MGA 4310.378324
MKD 53.1187
MMK 2099.801401
MNT 3596.870401
MOP 8.08599
MRU 40.121922
MUR 46.999732
MVR 15.450159
MWK 1735.99984
MXN 17.063994
MYR 4.058013
MZN 63.905005
NAD 16.175433
NGN 1351.229696
NIO 36.826767
NOK 9.429702
NPR 153.006597
NZD 1.701534
OMR 0.384497
PAB 1.000643
PEN 3.368112
PGK 4.42325
PHP 61.789855
PKR 277.744304
PLN 3.731604
PYG 6026.675875
QAR 3.657885
RON 4.529098
RSD 101.419037
RUB 84.902607
RWF 1468.660686
SAR 3.746587
SBD 8.032258
SCR 13.745675
SDG 601.5106
SEK 9.52981
SGD 1.277935
SHP 0.740866
SLE 24.574993
SLL 20969.499227
SOS 571.956516
SRD 37.784499
STD 20697.981008
STN 21.154519
SVC 8.756351
SYP 13001.999906
SZL 16.181188
THB 33.086502
TJS 9.231221
TMT 3.51
TND 2.916497
TOP 2.40776
TRY 47.920696
TTD 6.780773
TWD 31.9055
TZS 2649.997991
UAH 44.767838
UGX 3722.809547
UYU 40.094798
UZS 11865.057953
VES 771.57685
VND 26177
VUV 118.338592
WST 2.726312
XAF 566.393237
XAG 0.015384
XAU 0.000228
XCD 2.70255
XCG 1.803458
XDR 0.707052
XOF 566.285665
XPF 103.474999
YER 237.125021
ZAR 16.254295
ZMK 9001.191881
ZMW 18.850088
ZWL 321.999592
  • AEX

    -6.2400

    1108.46

    -0.56%

  • BEL20

    -20.1700

    5742.14

    -0.35%

  • PX1

    -39.4700

    8539.9

    -0.46%

  • ISEQ

    -61.3400

    14204.73

    -0.43%

  • OSEBX

    -7.7300

    2082.4

    -0.37%

  • PSI20

    79.2900

    9299.09

    +0.86%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    544.5900

    4736.98

    +12.99%

  • N150

    -18.2200

    4320.97

    -0.42%

A Arques, la verrerie qui était "le poumon de la ville"
A Arques, la verrerie qui était "le poumon de la ville" / Photo: © AFP/Archives

A Arques, la verrerie qui était "le poumon de la ville"

"C'était tout, Arc. La ville vivait avec la cristallerie", résume Frédéric Specque, salarié depuis 1989. Depuis deux siècles, la petite commune d'Arques (Pas-de-Calais), 10.000 habitants, a été façonnée par sa verrerie-cristallerie, qui occupe le coeur de la ville.

Taille du texte:

Grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, en difficulté chronique depuis deux décennies, Arc France a été placé en redressement judiciaire début janvier, ravivant la crainte de nouvelles suppressions d'emplois.

À quelques centaines de mètres des fours, l'ancien château de la famille Durand, qui a fait l'âge d'or d'Arc au XXe siècle, trône toujours. Timothée Durand, 49 ans, fils et petit-fils de dirigeants de l'entreprise, est sur les rangs pour la reprendre.

"Depuis 200 ans, la ville s'est construite autour de l'usine. Beaucoup de maisons ouvrières ont été bâties à proximité", raconte Tanguy Tartar, 53 ans, syndicaliste Unsa, entré chez Arc en 1994 après son père.

"Nos employeurs donnaient même une prime de rapprochement quand on voulait se rapprocher du site", se souvient-il.

Longtemps premier employeur privé du département, Arc ne compte plus que 3.500 salariés aujourd'hui, contre près de 12.000 au début des années 2000.

- "On signait pour la vie" -

"Postuler chez Arc, c'était une évidence pour ceux qui n'avaient pas fait de longues études. C'était la boîte qui embauchait, avec une vraie sécurité de l'emploi", se rappelle Frédéric Specque, délégué CGT.

"Tout le monde vivait avec la cristallerie. Il y avait des bus qui passaient dans tous les villages, à chaque prise de poste, matin, après-midi, nuit, pour récupérer les travailleurs", raconte l'ouvrier, qui dit n'avoir connu aucun mouvement social d'ampleur.

"Il y avait tous les métiers ici: cuisiniers pour le restaurant intégré, jardiniers, menuisiers, ingénieurs, ouvriers", poursuit-il.

"On vivait en autarcie", selon Régis Boulanger, aujourd'hui retraité après 43 ans à l'usine. Entré comme cariste, sorti responsable d'exploitation, il compare Arc à "la fonction publique: on signait pour la vie". "C'était le poumon de la ville".

Illustration d'un paternalisme industriel, le patron Jacques Durand avait même acheté un camping à Saint-Cécile", sur la côte, raconte Tanguy Tartar. "Pour les salariés, c'était quasiment gratuit. En contrepartie, quand l'usine avait besoin d'eux, ils étaient juste à côté".

Fondée en 1825, l'entreprise est devenue un empire industriel familial qui a conquis le monde, avant de connaître ses premières difficultés au début des années 2000. Implanté au bord d'un canal facilitant son approvisionnement en sable, le site d'Arques tourne 24 heures sur 24.

"C'est un pilier économique en termes d'emplois, d'attractivité et de rayonnement international" qui a permis "l'essor du territoire", souligne le maire socialiste de la commune, Benoît Roussel. "Chaque famille a au moins un membre qui a travaillé ou travaille encore chez Arc", ajoute-t-il.

- "Phare" -

L'entreprise a aussi façonné le paysage urbain. "À Arques, on compte 33 équipements sportifs, ce qui n'est pas anodin pour une commune de cette taille", observe le maire.

Didier Barras, mécanicien mouliste de 57 ans, entré chez Arc en 1989, se souvient d'"une ville dans la ville". "C'était une fourmilière. On se disait qu'on irait jusqu'à la retraite".

Aujourd'hui, "ce qu'on vit est une catastrophe économique", estime-t-il. "Le carnet de commandes s'est effrité. Le coût de l'énergie nous a fait très mal. Avec le pouvoir d'achat en berne, les gens achètent moins: la vaisselle n'est pas une priorité".

Derrière lui, il pointe l'ancienne usine 1, en friche depuis une quinzaine d'années, et les anciens bâtiments administratifs abandonnés. "C'est un désert", lâche-t-il.

"Si Arc disparaissait demain, je n'ose pas l'imaginer. Ce serait comme la fermeture des mines ou des aciéries: on deviendrait une zone sinistrée", redoute M. Specque.

Arc, dont dépend aussi plusieurs centaines d'emplois de sous-traitants, demeure l'un des principaux employeurs industriels de la région. Mais "l'agglomération dépend un peu moins d'Arc" qu'autrefois, estime Laurent Denis, président socialiste de la communauté d'agglomération du Pays de Saint-Omer (Capso).

Après les premières difficultés du groupe, les collectivités ont cherché à diversifier le bassin d'emploi, avec l'arrivée notamment de la brasserie Goudale ou d'Alphaglass (bouteilles en verre), explique M. Denis.

"L'entreprise tousse, mais elle tient", veut croire le maire d'Arques, qui a récemment tenu à faire rénover le rond-point Jacques Durand et sa sculpture en cristal. "C'est un phare".

H.Ng--ThChM