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Dans un discours très offensif devant l'ONU, le président iranien a promis mercredi à Donald Trump que son pays ne "baisserait pas la tête" face à l'agression lancée contre son pays, se disant victime du "terrorisme" américain.
Répondant au locataire de la Maison Blanche, qui la veille menaçait d'"annihiler" son pays, Massoud Pezeshkian a prévenu que "la résistance du peuple iranien ne fera que s'intensifier face aux sanctions, à la pression croissante et à l'intimidation grandissante".
"Nous n'avons jamais été un agresseur", "jamais démarré de guerre", a martelé le président, plus haut responsable de Téhéran à se rendre sur le sol américain depuis le début de la guerre, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines.
Il a aussi dit que l'Iran ne tolérerait pas que le détroit d'Ormuz soit utilisé pour une "agression" contre son pays.
"Ils nous ont fermé l'accès à nos propres eaux territoriales", a lancé le dirigeant au sujet des Etats-Unis, tout en usant de "missiles et technologies létales pour amener l'insécurité dans toutes les zones bordant cette voie maritime".
La réouverture du stratégique détroit d'Ormuz reste au coeur du conflit entre Téhéran et Washington.
Le trafic dans cette voie maritime, par laquelle transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est fortement perturbé par Téhéran depuis le début de la guerre.
Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens et accentuent la pression économique sur l'Iran pour asphyxier le pays financièrement.
Dans son discours à la tribune de l'ONU mardi, Donald Trump a dit avoir "une grande décision à prendre: un accord sera-t-il conclu avec l'Iran (...) ou est-ce que j'anéantis la République islamique (...)?".
- Dialogue malgré les attaques -
"J'espère qu'ils prendront les bonnes décisions avant qu'il ne soit trop tard", a-t-il plus tard ajouté, au cours d'une réunion avec des dirigeants de pays du Moyen-Orient.
Mais malgré son discours très offensif, le président américain a également annoncé la reprise du dialogue avec Téhéran.
Des échanges ont eu lieu entre responsables iraniens et américains via des médiateurs pendant une grande partie de la journée en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, a plus tard expliqué l'émissaire américain Steve Witkoff.
Les crispations sur les répercussions économiques mondiales de ce conflit sont montées d'un cran ces dernières semaines en raison du soutien de la République islamique aux Houthis en mer Rouge.
Ceux-ci ont consolidé leur contrôle de Bab el-Mandeb, un autre détroit crucial pour les flux énergétiques, faisant grimper davantage les prix du pétrole.
Outre la question iranienne, la journée de mercredi à l'ONU va être consacrée à l'Ukraine, avec un Conseil de sécurité dans la matinée en présence du président Volodymyr Zelensky.
Mardi, le dirigeant a fait savoir que Kiev et Washington souhaitaient que la guerre s'arrête "avant l'hiver". Pour l'heure, il s'est dit "prêt" à cesser les frappes sur les sites énergétiques russes à condition que Moscou fasse de même avec ses frappes massives en Ukraine.
Dans l'après-midi, les discussions seront aussi tournées vers l'IA, perçue comme une nouvelle menace pour la sécurité internationale.
Dans un contexte de multiplication des dérapages des modèles les plus avancés, qui s'écartent régulièrement des objectifs, les dirigeants des principales entreprises informeront les membres du Conseil de sécurité des risques.
De nombreux pays notamment la France, ses partenaires européens et le Canada réclament une régulation de l'IA.
Mais Washington et Pékin se sont refusés à encadrer ces risques et à peser sur le développement de l'IA, pour ne pas pénaliser leurs champions nationaux dans la course à cette technologie.
L.Kwan--ThChM