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L'indignation montait vendredi aux États-Unis et dans le monde, après la décision du ministre de la Défense, Pete Hegseth, de diffuser en direct la mise à mort par peloton d'exécution militaire du meurtrier de soldats américains.
Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé le 3 décembre sur la base de Fort Hood, au Texas (sud), où il avait tué 13 personnes, dont 12 militaires, et blessé plus de 30 personnes, le 5 novembre 2009.
La diffusion en direct de sa mise à mort constituerait une forme de "torture", a réagi vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.
"Comme le Haut-Commissaire l'a souligné en réaction aux exécutions publiques en Afghanistan et en Iran, les exécutions publiques constituent une forme de traitement ou de peine cruel, inhumain ou dégradant. La diffusion en direct d'une exécution équivaut à une exécution publique et violerait l'interdiction absolue de la torture", a estimé le Haut-Commissariat.
Des élus américains, démocrates comme républicains, ont également condamné ce projet, contraire selon eux aux valeurs des États-Unis.
"Nous sommes un pays démocratique et nous devrions prendre l'État de droit au sérieux plutôt que de tourner cela en spectacle", a écrit sur X Adam Smith, le principal élu démocrate à la commission des forces armées de la Chambre des représentants.
Nidal "Hasan doit subir la peine de mort", a affirmé le sénateur républicain Thom Tillis, jugeant néanmoins "plus qu'écoeurante" l'idée d'une mise à mort publique diffusée en direct. "Les exécutions publiques sont ce que font les dictatures oppressives comme l'Iran et l'Afghanistan. Cela ne devrait pas se passer en Amérique", a-t-il ajouté.
Le président de la Conférence des évêques catholiques américains, l'archevêque Paul Coakley, a condamné dans un communiqué cette "promotion barbare d'une culture de la mort".
- "Veiller à ce que ce soit public" -
Inspiré par l'organisation jihadiste Al-Qaïda, Nidal Hasan, psychiatre militaire et Américain musulman d'origine palestinienne, voulait par cet attentat empêcher les soldats de participer aux guerres qu'il jugeait "illégales" menées par les États-Unis en Afghanistan et en Irak.
Nidal Hasan "sera fusillé par des soldats, comme il se doit, et nous veillerons à ce que le public puisse y assister, à ce que ce soit public", a affirmé le ministre, Pete Hegseth. Il s'exprimait dans une interview filmée mercredi, accordée à un influenceur d'extrême droite, à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln, relayée jeudi sur les réseaux sociaux officiels du Pentagone.
Des "détails suivront", a-t-il ajouté, sans préciser quelle chaîne ou plateforme internet sera choisie pour cette diffusion totalement inédite et qui soulève nombre d'interrogations éthiques et juridiques.
Selon l'organisation de défense des droits humains Amnesty International, au moins 17 exécutions publiques ont eu lieu en 2025 dans le monde : 11 en Iran et six en Afghanistan.
Le président républicain Donald Trump, fervent partisan de la peine de mort, a validé lundi l'exécution de Nidal Hasan. Touché à la colonne vertébrale durant la fusillade, ce dernier est depuis handicapé et se déplace en fauteuil roulant.
Cette exécution sera la première effectuée par l'armée américaine depuis 1961, et la première par cette méthode depuis 1945.
Ces annonces interviennent alors que l'exécution ratée sans précédent la semaine dernière dans le Tennessee (sud) d'une femme qui a survécu à deux injections létales a relancé le débat sur l'application de la peine de mort aux États-Unis.
L'immense majorité des exécutions dans le pays relève des États, les exécutions fédérales étant rares et celles relevant de la justice militaire désormais exceptionnelles.
L'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC), qui fait autorité, a recensé 135 exécutions de soldats par l'armée américaine depuis 1916.
En 1961, le soldat John Bennett a été pendu pour viol et tentative de meurtre lors de son déploiement en Autriche en 1954.
Un autre soldat, Eddie Slovik, avait été fusillé pour désertion en 1945, la dernière mise à mort par peloton d'exécution militaire jusqu'à présent.
K.Lam--ThChM