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Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a ouvert vendredi une réunion des pays du G20 en présence de son homologue russe Sergueï Lavrov, au moment où l'impasse semble régner sur tous les fronts, de l'Iran à l'Ukraine, et que les prix du pétrole ne cessent de monter.
Cette réunion, qui se tient jusqu'à samedi à Atlanta, en Géorgie (sud), intervient à quelques jours des élections de mi-mandat aux États-Unis mardi prochain.
Elle doit déblayer le terrain en vue du sommet de mi-décembre que le président américain Donald Trump accueillera dans son golf près de Miami, en Floride.
Parlant d'un "moment décisif" pour le monde entier, M. Rubio a déclaré dans ses propos liminaires que "nous sommes confrontés à une série de crises économiques et géopolitiques interdépendantes, dont beaucoup constituent de graves menaces pour les fondements essentiels de l'ordre économique mondial".
Le G20 rassemble les grandes économies mondiales (États-Unis, Chine, Inde, Japon, France, Brésil), ainsi que la Russie, mais s'affiche divisé sur les grands enjeux sur fond de guerre en Ukraine et des craintes d'une crise énergétique.
- Pas de photo de famille -
Sur ce conflit en Europe, les discussions sont à l'arrêt depuis le début de l'année. Une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains pourrait se tenir en novembre aux Émirats arabes unis pour relancer les efforts de paix, mais Washington ne l'a pas encore confirmé.
A l'invitation des États-Unis, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est présent à Atlanta mais personne ne s'attend à des avancées.
Mais la réunion a commencé sur un impair: la traditionnelle photo de famille a été annulée, les Européens ne souhaitant pas s'afficher à ses côtés.
Le ministre est bien dans la salle de réunion qui se tient dans un grand hôtel de la ville.
Sa présence "ne normalise en rien ses actes ni ses positions", a indiqué avant la réunion une source diplomatique, ajoutant que "les Européens continueront à défendre fermement leur ligne sur l'Ukraine".
Le président américain a invité son homologue russe, Vladimir Poutine, au sommet du G20 en décembre aux États-Unis mais attend encore la confirmation de sa venue.
- Energie et encore énergie -
L'administration Trump, qui assure l'actuelle présidence du G20 avant de passer la main au Royaume-Uni, juge que cette instance a dévié de ses objectifs initiaux et s'est affairée à "réorienter" le G20, avançant que la sécurité mondiale et la prospérité économique "sont indissociables".
A Atlanta, "les discussions aborderont les défis liés à l'énergie et à la chaîne d'approvisionnement, ainsi qu'identifier des moyens de faire face collectivement à l'impact des tensions géopolitiques sur la sécurité économique", a expliqué un responsable du département d'État.
Il a souligné l'importance de l'accès à l'énergie — indispensable aux technologies émergentes telles que l'intelligence artificielle — et a mis en avant une "détermination commune à faire face aux crises urgentes et à maintenir ouvertes les voies maritimes essentielles au commerce, sans menaces ni péages".
Aucune "déclaration finale" négociée entre les pays n'est attendue, mais plutôt des "conclusions" de la présidence américaine.
La réunion intervient alors que les signaux d'une nouvelle escalade au Moyen-Orient s'accumulent.
Selon le Wall Street Journal, les États-Unis ont demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une campagne courte et intense après les élections américaines prévues le 3 novembre.
"On fera peut-être un autre petit Epic Fury", avait déclaré le président américain la semaine dernière, en référence au nom de l'offensive militaire des États-Unis en Iran qui avait débuté le 28 février.
La France, qui préside le G7 cette année, est représentée par son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, tandis que la Chine est présente au niveau du vice-ministre des Affaires étrangères Ma Zhaoxu.
Grande absente : l'Afrique du Sud, qui a été mise au pilori par Washington qui lui reproche une prétendue persécution des descendants des colons blancs européens, les Afrikaners.
En revanche, Washington a invité la Pologne, souhaitant que ce pays en devienne membre à part entière.
Les observateurs guetteront tout contact entre M. Rubio et son homologue brésilien Mauro Vieira, les États-Unis ayant accueilli sur leur territoire Flavio Bolsonaro, en fuite après avoir perdu l'élection présidentielle dimanche face au président Lula.
N.Lo--ThChM