The China Mail - Réflexions sur la guerre et la paix dans les ruines reconquises de l'Ukraine

USD -
AED 3.672498
AFN 64.498896
ALL 80.819685
AMD 361.12818
ANG 1.789785
AOA 917.000381
ARS 1526.750902
AUD 1.423315
AWG 1.80125
AZN 1.699594
BAM 1.741787
BBD 2.015015
BDT 123.745402
BGN 1.747831
BHD 0.377604
BIF 3000.997453
BMD 1
BND 1.278059
BOB 11.730759
BRL 5.028301
BSD 1.000472
BTN 94.559477
BWP 13.70595
BYN 2.971479
BYR 19600
BZD 2.012094
CAD 1.406545
CDF 2315.999851
CHF 0.825725
CLF 0.024811
CLP 976.49913
CNY 6.67805
CNH 6.675525
COP 3192.79
CRC 455.529135
CUC 1
CUP 24.010794
CVE 98.199695
CZK 21.63385
DJF 178.150632
DKK 6.66144
DOP 61.440772
DZD 134.662028
EGP 54.377015
ERN 15
ETB 163.87083
EUR 0.89118
FJD 2.253802
FKP 0.747587
GBP 0.747345
GEL 2.590236
GGP 0.747587
GHS 11.660299
GIP 0.747587
GMD 73.499938
GNF 8854.987666
GTQ 7.645587
GYD 209.311853
HKD 7.84711
HNL 26.857072
HRK 6.713802
HTG 131.084908
HUF 325.705016
IDR 18036.35
ILS 3.088399
IMP 0.747587
INR 94.41245
IQD 1516.6493
IRR 1832374.999948
ISK 121.249953
JEP 0.747587
JMD 158.780625
JOD 0.708993
JPY 158.136498
KES 129.840126
KGS 87.450123
KHR 4068.146802
KMF 439.499662
KPW 899.999961
KRW 1327.950601
KWD 0.31022
KYD 0.833753
KZT 446.890557
LAK 22518.390538
LBP 89591.044298
LKR 332.14739
LRD 170.580744
LSL 16.412051
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.419294
MAD 9.819615
MDL 17.998442
MGA 4521.489767
MKD 54.903951
MMK 2099.21541
MNT 3597.533576
MOP 8.085932
MRU 40.128421
MUR 47.289758
MVR 15.460082
MWK 1734.751129
MXN 18.66087
MYR 4.081197
MZN 63.906631
NAD 16.412051
NGN 1332.149805
NIO 36.816372
NOK 9.37735
NPR 151.295341
NZD 1.757855
OMR 0.384502
PAB 1.000481
PEN 3.438421
PGK 4.479652
PHP 63.480996
PKR 276.89823
PLN 3.88389
PYG 5756.677086
QAR 3.647261
RON 4.759496
RSD 104.65099
RUB 81.825408
RWF 1478.615162
SAR 3.748965
SBD 8.07458
SCR 13.83198
SDG 601.509134
SEK 9.90143
SGD 1.27805
SHP 0.7473
SLE 23.919955
SLL 20969.504398
SOS 571.749178
SRD 37.661506
STD 20697.981008
STN 21.819089
SVC 8.754392
SYP 13001.999685
SZL 16.418788
THB 33.614498
TJS 9.214157
TMT 3.51
TND 2.986543
TOP 2.40776
TRY 49.602797
TTD 6.792416
TWD 32.423502
TZS 2644.999727
UAH 45.047334
UGX 4207.076509
UYU 40.164934
UZS 11975.562621
VES 879.788903
VND 25856.5
VUV 119.136032
WST 2.774679
XAF 584.575977
XAG 0.017399
XAU 0.000242255985
XCD 2.702551
XCG 1.803058
XDR 0.707052
XOF 584.575977
XPF 106.20998
YER 236.103383
ZAR 16.397965
ZMK 9001.203567
ZMW 20.069287
ZWL 321.999592
SSP 5787.554334
MXV 2.106372
  • AEX

    3.2400

    1119.29

    +0.29%

  • BEL20

    9.1000

    5694.52

    +0.16%

  • PX1

    -0.8100

    8077.75

    -0.01%

  • ISEQ

    -37.6000

    14425.66

    -0.26%

  • OSEBX

    -4.6100

    2089.87

    -0.22%

  • PSI20

    7.7600

    9712.35

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.0700

    4481.36

    +0.27%

  • N150

    -2.5400

    4237.95

    -0.06%

Réflexions sur la guerre et la paix dans les ruines reconquises de l'Ukraine
Réflexions sur la guerre et la paix dans les ruines reconquises de l'Ukraine / Photo: © AFP

Réflexions sur la guerre et la paix dans les ruines reconquises de l'Ukraine

Assises sur un banc sous un ciel ensoleillé lors d'une accalmie dans les bombardements russes, deux Ukrainiennes rieuses discutent de ce que l'on ressent en temps de guerre.

Taille du texte:

Les ruines de leur village de Bilozirka s'étendent le long d'une route défoncée, au-delà de laquelle se trouvent des tranchées et les canons d'artillerie engagés dans la bataille pour la ville méridionale de Kherson.

Les forces russes tirent des salves depuis l'extrémité Sud de la route, où elles sont retranchées depuis leur retrait de ce village au cours du premier mois de guerre.

Les Ukrainiens ont tenté de les repousser davantage lors d'une contre-offensive plus récente dans l'espoir de se rapprocher de la Crimée, péninsule annexée par Moscou en 2014, au-delà de Kherson.

Sur le banc de Bilozirka, Angelika Boryssenko explique à son amie, plus âgée qu'elle, que n'importe qui peut s'habituer à n'importe quoi --même à une guerre à grande échelle comme celle qui se déroule actuellement sous leurs yeux.

Cette jeune femme de 20 ans, mère de deux enfants, a passé le mois de mars à ne pas se faire remarquer des soldats russes qui occupaient le village et avaient installé leur camp de base dans une école de l'autre côté de la route.

Elle a passé les mois suivants, marqués par les bombardements russes, à se cacher dans des caves ou à calculer le moment opportun pour sortir à la recherche d'eau et de nourriture.

"Au début, on ne pensait qu'au moment où ça allait enfin se terminer. Mais maintenant, cela semble normal. On s'y est habitué", raconte Angelika Boryssenko.

Natalia Popesko fronce les sourcils, laissant entendre que son amie n'a rien compris. "Personnellement, je me sens morte de l'intérieur", témoigne cette femme de 38 ans.

"Nous ne nous y sommes pas habitués. Nous avons simplement fini par accepter que c'est réel", dit-elle.

- Espoir et désespoir -

Les contre-attaques des forces ukrainiennes dans le Nord-Est et leurs poussées en profondeur dans le Sud ont laissé des territoires qu'aucun des deux camps ne contrôle totalement.

Bilozirka est l'une de ces "zones grises" privées de tout.

Certains habitants endurcis sont revenus et les troupes ukrainiennes se sentent suffisamment en sécurité pour se servir du village comme base arrière. Mais il n'y a ni services de l'Etat ni moyens d'assistance pour les quelques centaines d'habitants restants.

L'école où les Russes avaient leur quartier général n'est plus qu'une structure dévastée après avoir subi un assaut ukrainien.

Cet état entre guerre et paix fait qu'Anastassia Kouplevska oscille entre espoir et désespoir.

"S'il n'y a pas de bombardements, on se réveille et on a soudain envie de faire quelque chose", explique cette mère célibataire de 40 ans. "Mais s'ils commencent à tirer, on se sent immédiatement de nouveau impuissant".

Et les jours où elle a le moral, il y a peu de choses qu'elle peut faire.

Les seuls emplois du village consistent à vendre des produits de base livrés depuis la ville voisine de Mykolaïv. Comme elle, la plupart des habitants travaillaient avant la guerre dans une usine de jus de fruits, plus loin.

- Volonté de se battre -

Les ponts ont été détruits pendant les combats et les routes secondaires sont toujours lourdement bombardées. "Je ne sais même pas si elle est encore debout", dit Mme Kouplevska à propos de son usine.

Elle s'agace aussi des offres d'aide des différents programmes humanitaires, qu'elle dit malavisées.

"Ils nous ont inondés de nourriture, mais on ne peut pas construire une maison avec de la nourriture", explique-t-elle.

La contre-offensive ukrainienne dans la région a poussé Moscou à cibler les infrastructures en eau et électricité, provoquant des pannes massives à l'approche de l'hiver.

Le Kremlin semble parier sur le fait que les difficultés briseront la volonté des Ukrainiens de se battre.

Mais les mois de souffrance ont eu l'effet exactement inverse sur les deux femmes qui devisent sur un banc de Bilozirka.

"Beaucoup d'entre nous avaient de la famille en Russie. Nous leur parlions. Nous les considérions comme des personnes normales", raconte Natalia Popesko. "Nous les considérons désormais comme des animaux".

Ce avec quoi Angelika Boryssenko a eu le plus de mal, c'est l'idée même qu'il y ait une guerre.

"On la voit, on la ressent et on comprend que c'est vrai, mais on n'arrive pas à saisir que c'est réel", dit-elle. "On le comprend mais on ne peut pas y croire".

K.Leung--ThChM