AEX
-6.9400
Une foule importante est attendue lors de la marche des fiertés samedi à Budapest, qui fêtera cette année la liberté retrouvée de se rassembler ainsi que le départ du pouvoir de Viktor Orban qui a multiplié les politiques anti-LGBT+.
L'an dernier, alors qu'elle avait été interdite, plus de 200.000 personnes avaient pris part à la marche en signe de défi, soit bien plus que lors des précédentes éditions où quelque 35.000 participants avaient défilé.
La chaleur écrasante attendue ce week-end devrait cependant peser sur la participation. La température devrait approcher les 40°C à Budapest, où le niveau d'alerte canicule maximal sera en vigueur.
Tout en maintenant la marche, qui doit partir à 15H00 (13H00 GMT) de l'emblématique Opéra de la capitale, les organisateurs ont conseillé aux personnes fragiles de ne pas venir.
Vendredi, ils ont appelé "tout le monde à agir de manière responsable et à veiller à sa propre sécurité et à celle des autres".
- "Signal important" -
La victoire électorale en avril du conservateur pro-UE Peter Magyar, qui a mis fin à 16 ans de gouvernement Orban, a suscité un immense soulagement au sein de la communauté LGBT+ du pays.
Toutefois, il n'a encore pris aucune mesure concrète pour rétablir les droits qui ont été progressivement rognés au nom de la "protection de l'enfance" par le gouvernement Orban.
"La Pride de cette année enverra un signal important au nouveau gouvernement : ces questions restent d'actualité, et nous subissons toujours l'exclusion dans de nombreux domaines", a déclaré à l'AFP l'activiste trans Pippin Nadori, du groupe Prizma Transgender Community.
Pippin Nadori milite pour que soit abolie en priorité l'interdiction imposée en 2020 de modifier le genre sur les documents officiels.
"Cela complique la vie des gens à tous les niveaux si le nom figurant sur leur carte d'identité ne correspond pas à l'identité qu'ils vivent", souligne cette personne étudiante de 22 ans.
Pendant sa campagne électorale, Peter Magyar a évité d'aborder la question des droits LGBT+. Mais depuis son élection, il affirme que son gouvernement ne dictera pas la manière dont les Hongrois doivent vivre.
"Nous avons clairement indiqué que, selon nous, chacun est libre d'aimer qui il veut et de vivre avec qui il veut, tant qu'il ne viole pas la loi", a-t-il déclaré plus tôt ce mois-ci, interrogé sur les droits au mariage et à l'adoption pour les couples de même sexe.
"S'il y a une demande pour que nous abordions ces questions socialement et politiquement sensibles, nous sommes ouverts à en discuter", a-t-il ajouté.
- Appel à passer à l'acte -
Si la police a indiqué à l'AFP n'avoir "aucun motif" d'interdire la Pride, et que le parquet a abandonné les poursuites pénales visant les organisateurs des défilés de l'an dernier, les dispositions discriminatoires restent en vigueur.
Fin avril, la Cour de justice de l'Union européenne a estimé que la législation anti-LGBT+ adoptée en 2021, contrevenait aux règles du bloc.
La semaine dernière, plusieurs organisations de défense des droits ont publié une déclaration commune, appelant Peter Magyar à passer à l'acte et à abroger toutes les lois adoptées contre la communauté LGBT+.
Citant un récent sondage de l'institut Median montrant que 68% des Hongrois sont favorables à la fois au mariage et à l'adoption pour les couples de même sexe, Amnesty International Hongrie a exhorté le gouvernement à instaurer l'égalité des droits pour les couples de même sexe.
Pour la première fois de son histoire, le grand espace de concerts en plein air de la capitale, le Budapest Park, qui accueille la soirée officielle de clôture de la Pride depuis 2018, a hissé le drapeau arc-en-ciel.
Mais parallèlement, des drapeaux installés sur un pont du centre-ville ont été retirés et semblent avoir été volontairement vandalisés, selon la ville qui a promis d'en remettre en place de nouveaux.
R.Yeung--ThChM