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La conservatrice Keiko Fujimori, proclamée gagnante de la présidentielle au Pérou, s'est engagée à rétablir "l'ordre et l'espoir", une élection qui marque une nouvelle victoire pour la droite en Amérique latine.
"Les portes du dialogue resteront toujours ouvertes à Roberto Sánchez, ainsi qu'à tous les autres dirigeants politiques des différents groupes parlementaires représentés au Congrès et aux responsables politiques qui ont également pris part à cette élection", a déclaré Mme Fujimori à la presse, après la proclamation lundi des résultats, après plus de trois semaines de suspense.
"Nous nous rapprochons de plus en plus du moment où nous pourrons nous engager sur la voie de l'ordre et de l'espoir pour tous les Péruviens", a-t-elle également déclaré sur X.
Cette élection est censée ramener la stabilité politique dans le pays andin, où huit présidents se sont succédés depuis 2016, sur fond de crises institutionnelles à répétition. Elle s'est conclue cependant sur un écart de seulement 50.000 voix entre Mme Fujimori et son rival de gauche.
- "Bonnes propositions" -
Il s'agit de l'un scrutins les plus serrés de l'histoire récente en Amérique latine. Dix-huit millions de Péruviens étaient appelés aux urnes lors de ce vote obligatoire.
La victoire de Keiko Fujimori marque le retour du fujimorisme au pouvoir, plus de deux décennies après la fin de règne de son père Alberto Fujimori (1990-2000), qui a gouverné le pays d'une main de fer avant de tomber en disgrâce, condamné pour corruption et crimes contre l'humanité.
"Elle va bien gouverner parce qu'elle a de bonnes propositions et qu'elle a la volonté de faire quelque chose pour le Pérou", a estimé à l'AFP Jenny Martínez, commerçante de 40 ans dans un quartier populaire au nord de Lima.
Mme Fujimori a promis de "sévir" contre les extorsions et les assassinats commandités, alors que l'insécurité constitue l'autre grande préoccupation des électeurs : près de 70% des Péruviens espèrent que la lutte contre la criminalité sera la priorité du futur président, selon un récent sondage.
Le pays a "un besoin urgent" de "résultats à très court terme", concède à l'AFP Ricardo Valdés, directeur de l'Observatoire du crime et de la violence. Mais "cela va s'avérer très complexe car ces mesures nécessitent du temps".
- Irrégularités -
Roberto Sanchez, 57 ans, héritier politique de l'ex-chef de l'Etat Pedro Castillo, a laissé entendre qu'il ne reconnaîtrait pas le résultat et réclame l'annulation des votes des Péruviens à l'étranger, dénonçant des irrégularités.
Il a pris la tête samedi, pour le second week-end consécutif, d'une marche de centaines de sympathisants à Lima dénonçant "une grave atteinte au processus électoral".
"Nous allons saisir des instances internationales pour que la volonté du peuple soit reconnue", a-t-il lancé à la foule depuis un balcon avant le début de la mobilisation.
L'élection de Mme Fujimori fait basculer un nouveau pays dans le camp conservateur en Amérique latine, où la majorité des palais présidentiels sont désormais occupés par une nouvelle génération de dirigeants de droite, aux discours musclés ou atypiques.
"Je félicite la présidente élue du Pérou, Keiko Fujimori, pour la confiance que le peuple péruvien lui a accordée dans les urnes et pour cette nouvelle étape qui s'ouvre pour ce pays frère !", a déclaré sur X le président de centre-droit bolivien, Rodrigo Paz.
La passation de pouvoir avec le président par intérim, José Maria Balcazar, est prévue le 28 juillet pour un mandat de cinq ans.
D.Pan--ThChM