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Les Brésiliens se rendent aux urnes dimanche pour le second tour de la présidentielle qui doit départager le conservateur Flavio Bolsonaro et le président sortant de gauche Lula, qui a dénoncé des obstacles au vote dans plusieurs villes.
Luiz Inacio Lula da Silva, qui fêtera ses 81 ans la semaine prochaine, mène sa dernière bataille.
Avec 45 % des voix contre 47 % pour son rival, il avait été devancé au premier tour par le fils aîné de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d'Etat.
Les Brésiliens doivent décider si le pays restera l'un des derniers bastions de gauche en Amérique latine ou rejoindra la vague de droite dans la région, encouragée par Donald Trump.
Interrogé dimanche au sujet du scrutin au Brésil, le président américain s'est contenté de dire: "On observe".
- "Chose abominable" -
Quelque 160 millions d'électeurs sont appelés aux urnes. Les bureaux doivent fermer à 20H00 GMT et les résultats sont attendus peu après.
Dans l'après-midi, Lula a affirmé que des électeurs étaient "empêchés de voter" du fait que des bus ont été retirés de la circulation dans plusieurs villes. Il a cité notamment Sao Paulo, capitale économique dirigée par la droite, et des métropoles du Nord-Est, son fief historique.
Dénonçant "une chose abominable", il a annoncé que son équipe avait saisi la justice pour retarder la fermeture des bureaux dans les villes concernées.
Ses électeurs espèrent un retournement après la gifle du premier tour.
Dans l'entre-deux-tours, il a pu compter sur une mobilisation massive du camp progressiste dans les rues et sur les réseaux sociaux.
Le président sortant, qui brigue un quatrième mandat non consécutif, s'est posé en défenseur de la démocratie et en rempart contre les États-Unis et leurs pressions commerciales et diplomatiques.
Les électeurs doivent "choisir un pays où le drapeau est respecté", a-t-il dit d'une voix fatiguée après avoir voté, accusant son rival de vouloir "gouverner avec le drapeau américain".
- "L'heure du véritable changement" -
Flavio Bolsonaro, 45 ans, dont le père est un allié de Donald Trump, veut un rapprochement avec les Etats-Unis. Il promet aussi de durcir la lutte contre la criminalité et de tailler dans les dépenses publiques.
"Nous sommes au fond du trou, la situation est mauvaise, le peuple n'a presque plus de quoi manger, acheter de la viande n'est même plus imaginable", a déploré Tereza Cristina Ramos, retraitée de 68 ans.
Flavio Bolsonaro s'est présenté comme "plus modéré" que son père, tout en revendiquant son héritage. Il a annoncé que, s'il est élu, son premier geste sera de le libérer.
L'ancien chef de l'Etat purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée en 2022.
Sous sa présidence, la destruction de la forêt amazonienne s'était accélérée. Sous Lula en revanche, le déboisement dans la plus grande forêt tropicale du monde a atteint son niveau le plus bas en quatre décennies.
Durant le troisième mandat du président sortant, le chômage a connu une baisse historique et l'inflation a été relativement maîtrisée. Mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et sont exaspérés par la violence.
Quel que soit le vainqueur, les prochaines années ne devraient pas être synonymes d'apaisement.
"Si la gauche gagne, elle devra affronter quatre années avec un Congrès hostile et des menaces de destitution", prédit l'analyste Thomas Traumann après le raz-de-marée conservateur aux législatives.
"Si l'extrême droite gagne, ce sera un gouvernement de représailles, dirigé contre la Cour suprême", qui avait condamné Jair Bolsonaro, estime-t-il.
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U.Feng--ThChM